mercredi 29 octobre 2014

Botticelli, Dante ou la Table Ronde?

Coucou! Eh bien oui, ça y est, me revoilà!
J'ai enfin, grâce à l'ami Thibaut, retrouvé mon autonomie électronique, avec tout ce qui va bien et grand soulagement...
Pour ceux que ça intéresse, je ferai une grosse parenthèse en fin d'article pour vous donner le fin mot de cette sombre histoire de panne d’ordinateur. Et vous mettre en garde! Car vous ne devinerez jamais ce qui s'est réellement passé...


Mais revenons au sujet du jour...
Vous souvenez-vous de mon projet de perspective pour l'hiver? Je résume: une allée sinueuse, ouvrant derrière deux touffes de Miscanthus, et ourlée de persistants (des Pinus 'Bambino', Alice Verkade et consorts, des, ifs fastigiés, des bruyères, etc...) qui ressortent dans la neige et égayent, depuis ma fenêtre, les tristes jours d'hiver...
Aux deux-tiers de l'allée, j'avais installé, en plein centre, un superbe Chamaecyparis verticillé, qui formait un joli parasol persistant, et qu'il fallait juste contourner pour aller jusqu'au portail...Ça faisait comme des gratouillis, une caresse, de le frôler en passant la tondeuse.... Je l'aimais beaucoup.
Oui mais voilà.
Inexplicablement, après trois ans de bons et loyaux services visuels, au printemps dernier, il s'est mis à dépérir. Inexorablement, branche après branche, jusqu'au désastre final.
J'ai eu un un gros chagrin.
Il m'a fallu, la mort dans l'âme, profiter du passage des gros engins (venus créer l'allée du portail, là, à gauche), pour l'extraire de sa gangue d'argile, et lui donner une sépulture décente à la déchetterie du coin.
Et là, gros dilemme. Par quoi le remplacer?
Aucune cause apparente à cette mort subite. Pas de champignons visibles, mais sait-on jamais? Impossible d'y remettre un chamaecyparis, donc. Alors, quoi????
J'ai eu beau feuilleter les catalogues et scruter les sites de conifères et autres "persistanteries", pas d'inspiration, la zeph. La panne sèche.
Jusqu'à la foire aux plantes de Châtillon sur Chalaronne.
Sitôt arrivés, deux de mes gentils acolytes se ruèrent sur un marchand de ferrailleries de jardin qu'ils connaissaient, bien décidés à se procurer une deuxième arche pliante pour leur jardin de montagne.
Et là, je me retrouve plantée devant un genre de tulipe-girouette (mais qui n'indique pas la direction du vent), tournoyant  gracieusement (et silencieusement) dans le "zéphir" de cette douce après-midi d'automne. Eurêka!!! Le voilà, mon "remplaçant" pour la perspective hivernale!
Après tout...c'est persistant, non?
Pas de branches dures ni d'angles pointus pour vous arracher le bras au passage, non plus.
Ça ne craint point le calcaire...
Ça ne se taille pas...
Ça supporte très bien les champignons...
Et ça ne réclame ni compost ni arrosage...
Tout bénef! ;o))
Je ne suis pas très portée sur les ornements de jardin, en général, mais un par ci-par là, pourquoi pas?
Quand je pense qu'il y en a un qui voulait à tout prix m'installer une éolienne dans le jardin! Eh bien c'est fait!
(faudrait la "brancher", tiens, je n'y avais pas pensé!  ;o))..)
Voilà...y a rien à ajouter!
Quoique...
Petite girouette.... ;o))
Et finalement, le résultat me plait beaucoup. Voir tournoyer ma tulipe à travers les deux touffes de miscanthus, c'est bien agréable, et ça animera les jours d'hiver. Le vent, ce n'est pas ce qui manque, ici...
Si je vous en parle, c'est que j'ai des doutes sur la suite des opérations.
Car il faut que je lui garnisse le pied, vous comprenez, pour pouvoir la contourner avec la brouette ou la tondeuse..
Et j'en rêve la nuit, de ma tulipe tournoyante!

- Certaines nuits, c'est une gracieuse bande de nymphes éthérées, drapées dans leurs tuniques blanches et couronnées de myrte, qui forment une ronde autour de la tulipe dans la brume du petit matin.
L'une tournoie dans un sens, les demoiselles dans l'autre...
A leur pied, j'en suis sûre, c'est une auréole de douces bruyères roses que j'aperçois, au centre de laquelle la tulipe émerge comme un druide levant au ciel ses mains jointes en prière...vous voyez le tableau? Des bruyères à feuillage doré, peut-être même...
Appelons ça la "version Botticelli'

- D'autres fois, dans mon rêve, il fait nuit noire.
La tulipe s'embrase au centre d'une gerbe de flammèches rougeoyantes, et c'est tout un sabbat qui s'organise dans mon jardin, avec la tulipe au centre des ébats...Oh, ce sont de gentilles sorcières, rien que de la magie blanche, rassurez-vous!
Elles aussi forment la ronde, juchées sur leurs balais, tournoyant sur elles-mêmes... à vous en donner le tournis: la tulipe qui tourne dans un sens, la ronde des sorcières dans l'autre, et chacune tournoyant à son tour comme une girouette...ça m'a réveillée, j'avais la tête qui me tournait comme si j'avais valsé pendant 2 heures!!! Juré!!!!
Et cette fois, les flammèches d'où la tulipe semblait prête à s'envoler, c'étaient des graminées, j'en suis sûre. Des Imperata cylindrica 'Red Baron', même, peut-être bien....
Appelons ça la "version dantesque".

- Et enfin, il y a une troisième version....la "version Table Ronde".
Tous mes amis jardiniers sont là, ceux qui viennent régulièrement ici schlouker, désherber, échanger plantes et bonnes idées, mais aussi déguster force succulents déjeuners et autres libations amicalo-jardinières (grâce aux talents de fin cuisinier du Tchip, surtout!).
Ils sont installés en cercle, assis en tailleur, bras écartés, mains levées vers le ciel et doigts joints dans la position du bouddha, autour de la tulipe ondoyante. Ils chantent quelque incantation magique, les yeux mi-clos (genre "Om Zephy Padmi Om", voyez? ;o))...).
Devant chacun d'entre eux, une coupe débordante de fruits et de fleurs (comestibles, sûrement), et un golebet de cristal où luit un liquide  ambré. De la divine ambroisie peut-être?  ...
Je crois qu'ils sont en pleine concentration, un peu comme les spirites qui font tourner les tables ou parler les esprits. L'union de toutes ces belles pensées jardinières fera-t-elle surgir, comme par magie, "the" plante idéale dont rêvent tous les jardiniers?....ou une rose bleue? ;o))
Et là, dans ce rêve-là, je vois un tapis de geranium macrorrhyzum, autour de ma tulipe. Je "vois", ou plutôt je "sens" le parfum doux-amer de leur feuillage. Pourquoi des Geranium macrorrhyzum? Aucune idée...sans doute que leur odeur va bien avec ce cercle des poet-poet apparus, ou simplement qu'ils sont fidèles et pas compliqués, comme mes preux chevaliers et mes gentes dames jardinier(e)s...

Alors voilà. j'ai grand besoin de vos avisés conseils....Quelle "ambiance" préfèreriez-vous?
Bruyères/Botticelli? Imperata Red Baron/Dante? Ou Geranium macrorrhyzum/Table Ronde?
Vous me direz, j'ai jusqu'au printemps pour me décider! Mais j'aimerais bien arrêter de passer mes nuits à tournicoter en rond, moi! En plus, mes enfants m'ont fait faire un stage de poterie le week-end dernier, on a passé deux jours... à "tourner", et à "tournasser"! Juré! Comment voulez-vous que je ne tourne pas bourrique, avec tout ça? ;o))

Un  jour, je finirai Zephiche Tourneuse, ma parole!!! ;o))


Post Scriptum : la panne d'ordi pendant 2 mois, suite et fin! 
Pour ce scénario catastrophe, il aura fallu  une fenêtre, le double-rideau qui va avec, un ordi placé juste derrière ledit rideau, et 2 matous...+1.
Les 2 matous sont à moi (ou plutôt, je suis leur esclave attitrée...), mais le chat surnuméraire est un squatt.
Un gros matou du quartier, apparemment  bien nourri pourtant, à larges taches beige-grisâtre et blanc. Il rôde dans le secteur depuis quelques mois, et pille sans vergogne le garde-manger toujours bien garni de mes bestioles.
On leur a pourtant dûment "ablationné" les bijoux de famille, à mes deux matous! On aurait pu croire qu'ils toléreraient la concurrence! Que nenni!
Leur devise doit être "Pas touche à mes croquettes", à ces deux gourmands bien dodus!
La fenêtre (et son rideau de compagnie), c'est la mega-chatière de la maison. Garnie de croisillons juste assez espacés pour laisser passer un matou (en rentrant un peu le bedon, parfois).
J'ai bien l'impression que le squatt n'a pas tardé à piger le truc, et a même poussé le vice jusqu'à rentrer se servir  carrément dans la maison certains jours, pendant que je ahanais sur ma brouette.
D'où de bruyantes manifestations d'indignation féline..et de grosses bagarres nimbées d'envols de touffes de poils sur la pelouse!
Vous vous doutez de la parade mise en place par les "légitimes" propriétaires des croquettes... sus à l'intrus, et marquage de territoire à donf sur les passages stratégiques!!!!
Oh, j'avais déjà remarqué, et pesté tout mon saoul, en voyant s'étaler sur le rideau une large tache jaunasse et malodorante... et même essuyé une ou deux coulures des plus mal-seyantes sur le boitier de l'ordi!
Mais bon, la colère passée, le rideau nettoyé (et retroussé en hauteur pour éviter les récidives) et le boitier essuyé, je n'y avais pas plus prêté attention. J'aurais dû!!!
Arrive le jour fatal: la panne inexpliquée de l'ordi.
J'ai bien sûr immédiatement accusé la machine électronique de s'être mise en grève.... normal.
D'où le remplacement du boitier d'alimentation... pour commencer.
Toujours pas de signe de vie .
Employons les grand moyens..c'est sûrement la carte-mère, alors! Changeons la carte-mère...
Bernique! Rien n'y fit!
Faute d'autre suspect, ne restait plus que le boitier.... Et c'est là que Thibaut (mon irremplaçable docteur-ès-ordis) a vu l'arbre en boule!!!
De subtiles coulures à travers les orifices de ventilation... eh oui! Le marquage de territoire avait abouti à ronger les connecteurs du boitier! CQFD!
Donc, qu'on se le dise: les ordis n'apprécient pas du tout de servir de borne-limite de propriété, ou de vespasienne occasionnelle! ;o)))
Voyons le bon côté des choses: mon ordi s'est fait faire un super-lifting, il est quasiment tout neuf.... ;o). Et il a déménagé d'un bon mètre.
Z'ont beau avoir le jet puissant, mes matous, j'espère qu'un mètre, ça suffira, tout de même! ;o))

vendredi 4 juillet 2014

Après la "nappe", les "cuillers"..... (Echinacea)

D'habitude, c'est plutôt au printemps qu'on passe en revue les nappes et les couverts de ses placards! ;o)
Mais avec cette météo bizarre, rien n'est comme d'habitude cette année!
Alors après la "nappe" (Napaea dioica) de la semaine dernière, aujourd'hui c'est de cuillers que l'on va causer!
Je les aime bien, les Echinacea, pas vous? Une fois installées, elles fleurissent sans discontinuer tout l'été avec une bonne volonté digne d'éloges.
Je dois en avoir essayé une bonne douzaine, jusqu'ici, avec des fortunes diverses ...
Autant vous dire que parmi les nouveautés qui ont fleuri ces dernières années, il y a eu beaucoup de déceptions:
Couleurs d'étiquettes trompeuses,  variantes de la plante de base sans grand intérêt, et surtout, manque de vigueur pour beaucoup d'entre elles, aux coloris pourtant intéressants au départ.
Je veux parler de la belle 'Sunrise' au jaune si doux, par exemple, qui après avoir paru prometteuse, vivote dans un coin du jardin depuis 2 ans.
Il faut dire qu'elle était bien jeunette, quand le terrible hiver 2011-2012 l'a frappée en plein cœur...
Et je ne parle même pas des espèces de trucs lourdingues et zarbis à gros pompon central (que je n'aime pas!), ou du fameux 'Double Decker' à éclipses (jamais vu un seul 2ème étage sur la mienne, durant sa courte vie...)
Mais depuis 2 ans, quelques nouvelles venues semblent sortir du lot!
La très jolie 'Virgin', par exemple. Elle a bien résisté, elle!  Assez basse, aux corolles blanc cassé semi-doubles et aux pétales bifides, aussi jolie en boutons qu'en fleurs, elle a pris une belle ampleur, au point que j'ai pu en faire un ou deux "schlouks", et même en installer un morceau dans une nouvelle plate-bande ce printemps...
M'a l'air de vouloir faire partie des valeurs sûres, cette jeune fille!
'Vintage Wine' aussi, d'ailleurs, point trop haute non plus, est bien partie pour faire partie des heureuses élues...
Son coloris fuchsia très vif, plus franc et plus lumineux que celui des echinacea classiques de base comme 'Magnus', éclaire tout l'été à lui seul un coin pourtant à mi-ombre, où elle prend le relais d'un petit hydrangea (Yae no Amacha).
Mais j'ai dit que j'allais vous parler cuillers! J'y viens, j'y viens!
Déjà, 'Sunrise' avait souvent le pétale quelque peu tubulaire, parfois...j'aimais bien! Mais ce n'était guère régulier...
Aussi il y a deux ans, j'ai craqué pour une belle échinacée rose clair, dont chaque pétale s'étire en un long tube, avant de se terminer par une sorte de "cuiller" qui vous tire la langue...ou plutôt, une bonne vingtaine de langues! ;o))
'Quills and Thrills', c'est son nom.
Dans la langue de Shakespeare, ça veut dire quelque chose comme " Hampes (d'une plume d'oie) et Frissons".. ou "Hampes et Frisottis", si vous préférez! ;o)
Je trouve que ça lui donne un air très gai, ces petites trompettes, d'autant que la corolle reste bien horizontale, et ne pendouille pas comme chez certaines de ses cousines.
Elle est assez haute (70 ou 80 cm), mais se tient bien droite, et ne semble pas trop sensible au vent. Pourtant, là où elle est, elle est pile sur son trajet préféré. Et ce n'est pas ce qui a manqué, le vent, cette année...
Après quelques fleurs un peu irrégulières l'an dernier, elle a cette année pris un embonpoint de bon aloi, avec une dizaine de tiges bien fermes, et des "cuillers" bien rangées autour de leur présentoir de corail bronze!
C'est donc sa deuxième année au jardin. Un peu "short" pour être sûre que ça va durer, je vous l'accorde.
Si vous la cultivez depuis plus longtemps que moi, je serais bien contente de savoir comment elle se comporte ailleurs...
Encouragée donc par ce joli résultat, je tente cette année... les cuillers blanches! Eh..faut ce qu'il faut, pour assortir avec ma napp..aea! ;o)
Elle s'appelle 'White Spider'. Je ne sais pas si ça fait référence à mes ennemies intimes de plafond, ou à certaines hémérocalles tarabiscotées....(j'ai du mérite quand même! Avec des références pareilles, ça aurait dû me faire fuir à toutes jambes: ;o))...)
Première année: déjà 4 tiges..pas mal! Mêmes cuillers et même hampes que pour sa cousine, mais avec des pétales plus grêles, et pas encore bien réguliers.
Mais ça, je m'y attendais: la première année, c'est toujours le cas (cuillers un peu symboliques ou inexistantes).
Je la trouve un peu moins "sexy" que sa cousine, tout de même... Je préfère les cuillers à café aux cuillers à moka, dont le manche trop fin se laisse tomber dans la tasse avec délectation dès que vous avez le doigt tourné...;o))
Mais j'aime bien sa cuiller à pointes, par contre! Une cuiller à escargots, peut-être? Ca peut servir...;o)) Qu'en pensez-vous?
Faudra qu'on en reparle, de toutes façons, dans 5 ou 6 ans...c'est bien connu: faut tourner 7 fois sa cuiller dans son jardin avant de causer.....;o))

mercredi 25 juin 2014

Faire connaissance avec une girafe verte, ça vous dit? (Napaea dioica)

Jolie surprise depuis quelques jours! 
Une tête inconnue a surgi, là-bas, tout au fond de la "longue-bande" (qui est plate aussi, d'ailleurs...)
Je l'avais oubliée, celle-la! Râââ...comment c'est, son petit nom, déjà?
Il a fallu que je consulte mes archives pour le retrouver! Mais oui, c'est bien elle!
Plantée il y a 2 ans, elle n'avait fait qu'une rosette de feuilles basales, l'an dernier.
Oui, mais quelles feuilles!
Des Jumbos en herbe, si j'ose dire.
Celles du bas sont plus larges que ma main, et si j'en crois les infos glanées sur le net, elle pourrait même faire mieux que ça!
Enfoncée, la satanique Grande Berce! Et les Gunères n'ont quà bien se tenir!
Et jolies, avec ça, palmées à ravir, alternées tout le long de la tige en un séduisant decrescendo.
Je pense que c'est pour paraître encore plus grande, quand on la regarde d'en bas!
Un trompe-l’œil pour fourmis, en quelque sorte.
Histoire de décourager les éventuels alpinistes du microcosmos.
Et côté hauteur, c'est pareil!
L'unique tige apparue cette année culmine à un bon mètre 50, bien droite, solide au poste!
En conditions idéales, elle pourrait encore jouer les girafes près d'un mètre plus haut!
Impossible, là où elle est, de lui tirer le portrait en entier!
La petite tête de fleurettes blanches qui la coiffe parait presque dérisoire.
Mais elle a un grand mérite pour les jardiniers fourbus au dos endolori: elle sent très bon, là, tout en haut, juste à hauteur de nez!
Ahhh certes, ma sculpturale américaine n'est pas accessible à tout le monde..hé hé....
Fouailleurs de sable en tous genre, midi-terranéennes à l'accent chantant, esclaves dévouées de Sa Majesté l'Arrosoir, abonnés perpétuels à Tuteur-Magazine, passez votre chemin!
Dame Berthille, détourne les yeux, je te prie...
Gente Sylvaine, ne va pas plus loin! ;o)
Sauf pour le plaisir de la découvrir, bien sûr!
Si j'arrive à la satisfaire, elle devrait également s'étoffer largement...peut-être est-elle un peu trop au soleil, il faudra que je la surveille cet été.
J'ai vu des photos se superbes touffes comportant 15 à 20 tiges..hmmm...
On peut toujours rêver, non?
Il y en a qui ont des juments vertes. Moi, j'ai une girafe verte à tête blanche! Pas mal non plus! ;o))
Alors, qui est-elle, ma belle girafe???? ;o))





mercredi 18 juin 2014

Une blanche naïade aux yeux bleus (Anemone rivularis)

Oh elle n'a rien d'une rareté, ma beauté du jour... sûrement, même, vous la connaissez depuis longtemps, vous!
Mais moi...je me suis contentée d'en rêver pendant longtemps.
Une belle et gracieuse anémone tout blanche, toute pure, mais avec les plus beaux "yeux" bleus que l'on puisse rêver.
Entre le bleu outremer et le bleu marine, même, les étamines.
Et sa pelisse outremer, au revers des pétales....hmmm....
Et qui fleurit pile-poil au milieu entre les printanières ( les nemorosa et autres pulsatilles de printemps), et l'anémone du japon (la belle Honorine Jobert de fin de saison).
Trois fois j'avais essayé de l'apprivoiser...
Trois fois elle s'était refusée, morte de langueur peu après son arrivée au jardin. Et sans jamais m'avoir offert ne serait-ce qu'une fleur pour m'encourager et me consoler.
Et pourtant, qu'avec amour je l'avais installée! Rien à faire, apparemment...
Mais au printemps de l'an dernier, comme je faisais mon petit tour sur le stand du jardin d'Adoué tout en papotant avec la Dame du lieu, me voilà nez à nez avec une débauche de godets (scandaleusement) opulents de la belle et inconstante nymphe aux yeux bleus.
C'était trop cruel... Je poussai l'énorme et théâtral soupir de l'amour impossible,  tout en confessant mon chagrin et mes échecs répétés...
Je m'attendais à quelques petits mots compréhensifs, à un réconfort du style "Ah... tu sais, en terre calcaire, c'est un peu normal..."
Euh... pas vraiment! ;o))
Dame Monique Chevry éclata quasiment de rire devant ma déconfiture!
"Quoi? Anemone rivularis? Mais c'est une super-costaude, pourtant! Elle fait des touffes énormes, chez moi! Hyper-facile!!! "
Un petit œil torve, un rien vexé mais plein d'espoir, s'ouvrit puis émergea au milieu de mes larmes de crocodile.... Ah bon?
Si c'est Monique qui le dit, ça vaut la peine d'écouter, Zeph.
Et d'enfoncer le clou: "Surtout chez toi! Elle n'aime pas le sec, mais en terrain argileux et humide, elle devrait s'y plaire!"
Là, bien ouvert, l'oeil. Les esgourdes aussi. Ah.
Ben qu'est-ce que j'ai fait de mal, alors, lors de mes premiers essais? Pas d'explication sur le coup.
Mais cette petite lueur d'espoir que la Dame avait fait naître refusait de s'éteindre, malgré le petit oiseau sceptique sur mon épaule, qui ricanait en sourdine à mon oreille. Tais-toi, sale bête!
"Bon, OK, je te crois! Je vais refaire un essai avec les tiennes. Mais tu m'en mets 3 godets, comme ça j'aurai peut-être une chance d'en conserver une"...
Sitôt achetés, sitôt plantés. Dans un joli petit massif tout neuf, à mi-ombre, sous l'ombre douce mais protectrice du grand Lonicera maackii, qui étend son large parasol sur tout un petit monde de fougères, de fuchsia et autres amateurs de sous-bois.
Cette première année, j'ai eu des feuilles. Mais alors, des Feuilles avec un grand F. Plein. Et Larges. Et Denses. Un régal de Touffe. Enfin...3 régals de Touffes. De la Santé, de l'Opulence sur tiges! C'est tout. Mais c'était déjà beaucoup! Et vu la taille des touffes en question, j'ai même eu peur qu'elles ...s' "é"-touffent l'une l'autre, mes grassouillettes!!!!
Du coup, à l’automne, deux d'entre elles ont déménagé dans des jardins amis. En plus, ça me fait mon assurance à moi, des fois que...
Un an passa. Et ce printemps, malgré l'hiver doux, j'ai tremblé...guetté... Allait-elle revenir? Faut dire que ce n'est pas une lève-tôt, ma belle naïade! Elle prend tout son temps pour préparer son beau maquillage bleu!
Mais enfin... début Avril, je l'ai vue émerger, toute guillerette! Et plus opulente que l'année précédente! Oufffffff!!!!
Et depuis quelques semaines,La Récompense!!!! Et pas chiche, avec ça! Juste une tige, pourtant! (l'est encore jeunette). Mais sur ladite tige, une explosion de fines baguettes poilues étalées en parasol, portant chacune une jolie petite merveille (3cm) de naïade aux  yeux bleus!
Je fonds, moi.... pas vous? ;o)
Monique avait bien raison! (comme d'hab) : dans 2 ou 3 ans, je l'aurai enfin, la belle touffe de 75 cm en tous sens dont je rêvais, là, juste à côté du banc-pour-la-sieste!
Il parait qu'elle s'offre ensuite, comme ses cousines, de jolis petits toupets duveteux qui durent jusqu'à l'automne, avant de s'endormir pour l'hiver. (je parle de l'Anémoné, hé, pas de Monique!!! ;o))...)
Et que si elle se plait, elle peut même se ressemer. Tant mieux! J'ai envie de la faire découvrir à plein de copines, maintenant qu'elle s'est apprivoisée!
Bon. OK. On ne s'emballe pas quand même, la Zeph. Les copines à terrain sec, on oublie, déjà. C'est qu'elle a le gosier en pente, la belle nymphe. Normal, pour une "rivularis". Les rives, c'est rarement sec!
Quoique... un petit bord de bassin, ça peut aussi le faire, même en terrain poreux!...ou sous le robinet préféré du jardin, peut-être? Vous savez? Le robinet farceur, celui qui vous hoquette toujours 1/2 l d'eau supplémentaire sur les pieds, juste après qu'on ait retiré l'arrosoir.... ;o))
Quant à mes échecs antérieurs répétés, j'ai bien une petite idée ou deux.... soit c'est moi qui suis vraiment une planteuse du dimanche (ça, c'est toujours possible, mais trois fois, tout de même! ô_ô ), soit c'est encore un coup de godet. M'étonnerait pas.
Un godet bien tourbeux planté dans mon argile, ça donne rarement de bons résultats chez les soiffardes: quand les temps se font durs, l'argile a comme une fâcheuse tendance à garder toute la flotte pour elle toute seule, cette "égouaste", pendant que le pauv'petit cube de tourbe tire la langue et reste sec comme une trique.
J'aurais dû les mettre en pépinière (toujours surveillée et arrosée) pendant un an, en les ayant rempotées dans un mélange argile/compost/terreau histoire qu'elles s'acclimatent un chouia avant d'affronter mon béton.
Avec la bonne terre de Lorraine de Monique, par contre, y a pas photo. C'est du sérieux. Ca réussit à tous les coups chez moi.
Et puis, là, dans un massif tout neuf et aéré à grand renfort de bêchage ahanant et de compost, la belle avait bien plus de chances de s'installer les doigts de pied en éventail. Alors que dans une plate-bande existante, le trou de plantation n'est jamais assez grand, quelques efforts que je fasse (y a jamais la place de faire Beyrouth tranquille, entre les autres plantounes!!!)
Voilà, pour ceux qui auraient aussi connu le désespoir-des-rives, comme moi, vous pouvez reprendre espoir! Qu'on se le dise!!!! Parce qu'elle le vaut bien....

samedi 24 mai 2014

J'ai dû sauver un bourdon, un jour...mais quand????? (Ophrys apia)

Il faut que je vous montre "ça".
"Ça", c'est mon grand petit-bonheur-du-jour.
A marquer d'une pierre blanche, le jour ..ou non, tiens, deux ou trois pierres, ce sera plus juste! ;o))
Pourtant, figurez-vous que je n'étais pas de très bonne humeur, justement.
Agacée par un ami qui avait insisté assez lourdement, depuis quelques semaines, pour venir ce matin dans mon jardin avec quelques (5 ou 6) zestrangers. Déjà, ça ne me disait trop rien. Mon jardin n'a rien d'un "qui-se-visite"! Je lui avais donc conseillé d'aller plutôt en voir un "vrai", ce n'est pas ce qui manque dans la région...
Mais il me rappelle hier soir, pour remettre son histoire de visite sur le tapis... De guerre lasse, je finis par dire un "oui" du bout des lèvres: il y avait longtemps qu'il n'était pas venu, et je me réjouissais quand même de le retrouver au jardin. Et puis là, de toutes façons, la veille pour le lendemain, il n'était pas question de se mettre la rate au court-bouillon pour tout rendre "nickel" au jardin... et puis je ne voulais pas le froisser par mes refus continuels. C'est un Grand Monsieur, cet ami-là.
Il devait me rappeler ce matin pour me dire à quelle heure ils arriveraient.
Du coup, ce matin, ça n'a pas raté: me voilà réveillée à 4h à peine passées...et pas pu m'en empêcher: ménage dedans, ménage dehors, vite, vite...tenue réglementaire de jardin (sans taches de terre ni traces d"aérations" dues aux piquanteries végétales), coiffée, astiquée... Fin prête à 9h. Pu qu'à attendre.
Tous ceux qui font visiter leur jardin, j'imagine, ont ce genre de "symptômes de pré-accouchement" irrépressibles avant la visite... Non? ;o))
Sauf que...à 10h 1/4, "on" me téléphone pour me dire que finalement, z'ont pris un long petit déjeuner, qu'il est trop tard, et qu'ils préfèrent rentrer directement au bercail, les "zestrangers".
C'était bien la peine de m'appeler la veille au soir!
J'ai bien peur que ce ne soient les prochains zestrangers qui en fassent les frais. La prochaine fois, ce sera "non", purement et simplement.
Bref, changement de tenue agacé, retour au vieux leggings et au T-shirt bien froissé et aéré, et me voilà partie au jardin me défouler sur quelques mauvaises herbes. Histoire de profiter de la terre bien ameublie par les giboulées-de-mai de ces derniers jours.
Je rentre avec conviction en plein dans un massif contenant de grands rosiers bien piquants, justement.
Et vas-y que je te bine, et vas-y que je te tire sur toutes les petites racines qui me tombent sous la binette...
En voilà déjà un plein seau. Ah...ça va déjà mieux, je retrouve mon sourire devant le travail accompli.
Il est temps de le vider, le seau. Je lève le nez....et j'ouvre le bec et les quinquets de stupeur!
Qu'est-ce que c'est que "ça"!!!!!
Une superbe tige de 50 bons centimètres de haut, et, accrochés dessus comme de doux hameçons roses, les plus beaux faux-bourdons végétaux que j'aie jamais vus!!!!
Cachés derrière une touffe de hauts Veronicastrum... je ne les aurais jamais vus si je n'étais pas aller désherber justement dans ce coin là!!!!
Et si j'avais désherbé plus tôt, il y a de bonnes chances pour que je les aie pris pour des indésirables, et arrachés sans vergogne! Avouez que c'eut été un crime!!!!!!
Bien sûr, j'ai lâché le seau, et tant pis pour les merdouilles-sur-tige, j'ai couru chercher ma mitraillette!
Bon. Le résultat n'est pas extra, je devais trembler un peu, d'émerveillement, sans doute! Et puis, il y a bien peu de lumière, derrière les Veronicastrum et les rosiers! Et pas question de le cueillir pour le mettre à la lumière!
Seulement, maintenant, j'ai besoin de vous!
Car si j'ai compris assez vite que ce devait être un Orchis, je ne trouve pas d'équivalent sur les sites que j'ai consultés!
J'ai bien trouvé un Orchis Bécasse, qui ressemble un peu, mais il n'a pas le même petit col Claudine gansé d'or que mon petit trésor...
orchis bécasse
Pourtant, un Orchis "Bécasse", ça m'irait bien, tiens...après m'être laissée embarquer dans ce projet de visite quasi-à-l'insu-de-mon-plein-gré... ;o)))
Alors, je compte sur vous!
Qui est-ce???
Comment a-t-il atterri là???
Mystère, je n'ai jamais planté la moindre orchidée ici, et je n'ai même rien planté dans ce coin-là depuis fort longtemps!!! Résurgence due à un hiver doux et un printemps bien arrosé???
Arrivé dans du compost ou du fumier décomposé??? C'est la seule explication que je voie....
Qu'ai-je fait pour mériter pareille récompense??? J'ai dû faire un truc bien, sauver un bourdon un jour, sûrement..mais j'avoue que je n'en ai gardé aucun souvenir! ;o))s
Mais je suis ravie, ravie... d'ailleurs, je vous laisse, je retourne le contempler encore une fois...j'ai peur qu'il disparaisse!!!!
Et j'espère que quand je reviendrai, vous m'aurez trouvé son petit nom! Merci d'avance à chacun d'entre vous! ;o)

lundi 19 mai 2014

la Promenade du Ronchon


Ce matin, comme d'hab, me voilà sortie faire mon petit tour de jardin, mitraillette en main, pour profiter de cette superbe matinée ensoleillée et fraîche, comme je les aime....
Je n'avais pas fait 2 pas que j'ai senti, sur mon épaule, se percher un drôle de petit oiseau. Tout petit, mais avec des pattes bien crochues... ah il était bien installé, le bougre.
Bon, je me dis qu'il finira bien par se lasser... je continue donc mon petit bonhomme de chemin.
Premier clic de mitraillette...le massif de la terrasse est tout fleuri!
Mais voilà-t-y pas que tout d'un coup, j'entends une petite voix sarcastique, dans mon oreille, qui sussurre...
"Ahhh...pas mal si on aime le genre Tour de Pise...Euh...c'est fait exprès?"
Vexée, je ferme quand même mon petit clapet. Bon, d'accord, le vent d'enfer qui a soufflé plusieurs jours cette semaine a quelque peu altéré la notion de verticale...mais ils sont bien fleuris, mes iris et mes ancolies, non? Pfff...
Je continue vers l'étang...
Hier, j'avais redressé, mais un peu tard, le pot d'iris 'Gerald Darby' que ce même vent avait  fait chavirer, couché, quasi noyé.
Ouf, il a l'air de s'en être sorti!
Il a certes perdu la belle couleur violette de ses tiges, qui faisait mon admiration il y a quelques semaines, mais il va bientôt fleurir pour la première fois. Je guette, je guette!
Seulement... ça ne rate pas, bien sûr...! La petite voix se remet à glousser à mon oreille:
"Ohhh, la danse nuptiale des grèbes huppées!!! Quatre d'un coup, et bien alignées! Mazette! Les vraies, à côté, c'est du pipi de chat... Trop forte!"
Tais-toi, sale bête !!!!
Ah c'est malin!  Tabou, ici, le P... de C....!
Tu vas leur donner des idées, à mes matous! Et franchement, ils n'ont pas besoin qu'on les encourage!
Et puis, ça donne un genre, après tout, ce côté lysimaque clethroides aquatique!
Vous avez vu? Décidée, la zeph, à voir le bon côté des choses. Non mais...
Un peu plus loin,  le physocarpus pourpre (Summer Wine) est tout en fleurs.
Clicl!
Là, je me croyais tranquille! Raté!
"Ah tiens, je croyais que c'était le 14 Juillet, le feu d'artifice! C'est quoi, ces houppettes façon girafe, là, à droite?"
Grrr...c'est vrai, le Cotinus Grace, derrière,  mérite mal son nom. Je n'arrive pas à lui donner une forme bien dense..il me fait des grandes cannes, et des toupets de feuilles au bout.
Et si je me les aime, moi, les feux d'artifice, après tout?
D'un clic vengeur, je mitraille la belle Marie Pavie, qui étale ses jupes blanches avec une douceur angélique juste derrière le Miscanthus...
"C'est pas bien de laisser les Camassia fanés..., reprend la petite voix. C'est censé être décoratif, les Camassia fanés?"
Je commence à perdre mon sang froid, moi, avec c'te bestiole!
C'est vrai que je n'ai pas eu le temps de faire le ménage, ces jours-ci! Pas moyen de mitrailler en paix, c'est un monde, ça!
Et la petite voix reprend..
"Et ça ne te gène pas, de montrer des bordures aussi cafouilleuses?" 
J'en ai failli la ranger, ma mitraillette, histoire d'attendre que le zoziau aille voir ailleurs si j'y suis.
Je retourne à la maison, de toutes façons c'est l'heure d'aller au marché.
Mais en passant, je ne résiste pas au plaisir de mitrailler mon beau Mme Ernest Calvat, qui croule sous les fleurs et embaume tout autour de l'entrée...
Et paf! C'est reparti...
"Qui c'est qui va se prendre une belle tendinite quand il faudra couper toutes les fleurs fanées dans quelques semaines, hmmm?"
In-sup-por-ta-ble!!!!
Vous en avez un aussi, vous, de zoziau-ronchon qui se perche sur votre épaule dès que vous mitraillez votre jardin?
Dites-moi que je ne suis pas la seule, au moins!
A moins que vous n'ayez trouvé un moyen de le faire taire, cet oiseau de malheur!
Y a-t-il un secret? Une graine de silence à lui faire avaler tous les matins, peut-être?
Me reste plus qu'à aller me cloîtrer dans ma cabane, pour avoir la paix.
"OUI, je sais, il y a un tas de paille devant! Mais c'est le coin préféré de ma minette pour faire sa sieste, qu'est-ce que je peux y faire, moi! "
J'attends la répartie...Mais là...silence! Miracle!
Ah on me la copiera, la fameuse petite phrase!
Celle à laquelle je n'avais pas prêté attention le jour où j'ai acheté mon premier appareil photo : 
"Attention, le petit oiseau va sortir!!!!"  ;o)))




Post-scriptum du lendemain:  Ça y est!  Les "grèbes huppées" à cou noir ont commencé à fleurir!!!!!