mercredi 25 juin 2014

Faire connaissance avec une girafe verte, ça vous dit? (Napaea dioica)

Jolie surprise depuis quelques jours! 
Une tête inconnue a surgi, là-bas, tout au fond de la "longue-bande" (qui est plate aussi, d'ailleurs...)
Je l'avais oubliée, celle-la! Râââ...comment c'est, son petit nom, déjà?
Il a fallu que je consulte mes archives pour le retrouver! Mais oui, c'est bien elle!
Plantée il y a 2 ans, elle n'avait fait qu'une rosette de feuilles basales, l'an dernier.
Oui, mais quelles feuilles!
Des Jumbos en herbe, si j'ose dire.
Celles du bas sont plus larges que ma main, et si j'en crois les infos glanées sur le net, elle pourrait même faire mieux que ça!
Enfoncée, la satanique Grande Berce! Et les Gunères n'ont quà bien se tenir!
Et jolies, avec ça, palmées à ravir, alternées tout le long de la tige en un séduisant decrescendo.
Je pense que c'est pour paraître encore plus grande, quand on la regarde d'en bas!
Un trompe-l’œil pour fourmis, en quelque sorte.
Histoire de décourager les éventuels alpinistes du microcosmos.
Et côté hauteur, c'est pareil!
L'unique tige apparue cette année culmine à un bon mètre 50, bien droite, solide au poste!
En conditions idéales, elle pourrait encore jouer les girafes près d'un mètre plus haut!
Impossible, là où elle est, de lui tirer le portrait en entier!
La petite tête de fleurettes blanches qui la coiffe parait presque dérisoire.
Mais elle a un grand mérite pour les jardiniers fourbus au dos endolori: elle sent très bon, là, tout en haut, juste à hauteur de nez!
Ahhh certes, ma sculpturale américaine n'est pas accessible à tout le monde..hé hé....
Fouailleurs de sable en tous genre, midi-terranéennes à l'accent chantant, esclaves dévouées de Sa Majesté l'Arrosoir, abonnés perpétuels à Tuteur-Magazine, passez votre chemin!
Dame Berthille, détourne les yeux, je te prie...
Gente Sylvaine, ne va pas plus loin! ;o)
Sauf pour le plaisir de la découvrir, bien sûr!
Si j'arrive à la satisfaire, elle devrait également s'étoffer largement...peut-être est-elle un peu trop au soleil, il faudra que je la surveille cet été.
J'ai vu des photos se superbes touffes comportant 15 à 20 tiges..hmmm...
On peut toujours rêver, non?
Il y en a qui ont des juments vertes. Moi, j'ai une girafe verte à tête blanche! Pas mal non plus! ;o))
Alors, qui est-elle, ma belle girafe???? ;o))





mercredi 18 juin 2014

Une blanche naïade aux yeux bleus (Anemone rivularis)

Oh elle n'a rien d'une rareté, ma beauté du jour... sûrement, même, vous la connaissez depuis longtemps, vous!
Mais moi...je me suis contentée d'en rêver pendant longtemps.
Une belle et gracieuse anémone tout blanche, toute pure, mais avec les plus beaux "yeux" bleus que l'on puisse rêver.
Entre le bleu outremer et le bleu marine, même, les étamines.
Et sa pelisse outremer, au revers des pétales....hmmm....
Et qui fleurit pile-poil au milieu entre les printanières ( les nemorosa et autres pulsatilles de printemps), et l'anémone du japon (la belle Honorine Jobert de fin de saison).
Trois fois j'avais essayé de l'apprivoiser...
Trois fois elle s'était refusée, morte de langueur peu après son arrivée au jardin. Et sans jamais m'avoir offert ne serait-ce qu'une fleur pour m'encourager et me consoler.
Et pourtant, qu'avec amour je l'avais installée! Rien à faire, apparemment...
Mais au printemps de l'an dernier, comme je faisais mon petit tour sur le stand du jardin d'Adoué tout en papotant avec la Dame du lieu, me voilà nez à nez avec une débauche de godets (scandaleusement) opulents de la belle et inconstante nymphe aux yeux bleus.
C'était trop cruel... Je poussai l'énorme et théâtral soupir de l'amour impossible,  tout en confessant mon chagrin et mes échecs répétés...
Je m'attendais à quelques petits mots compréhensifs, à un réconfort du style "Ah... tu sais, en terre calcaire, c'est un peu normal..."
Euh... pas vraiment! ;o))
Dame Monique Chevry éclata quasiment de rire devant ma déconfiture!
"Quoi? Anemone rivularis? Mais c'est une super-costaude, pourtant! Elle fait des touffes énormes, chez moi! Hyper-facile!!! "
Un petit œil torve, un rien vexé mais plein d'espoir, s'ouvrit puis émergea au milieu de mes larmes de crocodile.... Ah bon?
Si c'est Monique qui le dit, ça vaut la peine d'écouter, Zeph.
Et d'enfoncer le clou: "Surtout chez toi! Elle n'aime pas le sec, mais en terrain argileux et humide, elle devrait s'y plaire!"
Là, bien ouvert, l'oeil. Les esgourdes aussi. Ah.
Ben qu'est-ce que j'ai fait de mal, alors, lors de mes premiers essais? Pas d'explication sur le coup.
Mais cette petite lueur d'espoir que la Dame avait fait naître refusait de s'éteindre, malgré le petit oiseau sceptique sur mon épaule, qui ricanait en sourdine à mon oreille. Tais-toi, sale bête!
"Bon, OK, je te crois! Je vais refaire un essai avec les tiennes. Mais tu m'en mets 3 godets, comme ça j'aurai peut-être une chance d'en conserver une"...
Sitôt achetés, sitôt plantés. Dans un joli petit massif tout neuf, à mi-ombre, sous l'ombre douce mais protectrice du grand Lonicera maackii, qui étend son large parasol sur tout un petit monde de fougères, de fuchsia et autres amateurs de sous-bois.
Cette première année, j'ai eu des feuilles. Mais alors, des Feuilles avec un grand F. Plein. Et Larges. Et Denses. Un régal de Touffe. Enfin...3 régals de Touffes. De la Santé, de l'Opulence sur tiges! C'est tout. Mais c'était déjà beaucoup! Et vu la taille des touffes en question, j'ai même eu peur qu'elles ...s' "é"-touffent l'une l'autre, mes grassouillettes!!!!
Du coup, à l’automne, deux d'entre elles ont déménagé dans des jardins amis. En plus, ça me fait mon assurance à moi, des fois que...
Un an passa. Et ce printemps, malgré l'hiver doux, j'ai tremblé...guetté... Allait-elle revenir? Faut dire que ce n'est pas une lève-tôt, ma belle naïade! Elle prend tout son temps pour préparer son beau maquillage bleu!
Mais enfin... début Avril, je l'ai vue émerger, toute guillerette! Et plus opulente que l'année précédente! Oufffffff!!!!
Et depuis quelques semaines,La Récompense!!!! Et pas chiche, avec ça! Juste une tige, pourtant! (l'est encore jeunette). Mais sur ladite tige, une explosion de fines baguettes poilues étalées en parasol, portant chacune une jolie petite merveille (3cm) de naïade aux  yeux bleus!
Je fonds, moi.... pas vous? ;o)
Monique avait bien raison! (comme d'hab) : dans 2 ou 3 ans, je l'aurai enfin, la belle touffe de 75 cm en tous sens dont je rêvais, là, juste à côté du banc-pour-la-sieste!
Il parait qu'elle s'offre ensuite, comme ses cousines, de jolis petits toupets duveteux qui durent jusqu'à l'automne, avant de s'endormir pour l'hiver. (je parle de l'Anémoné, hé, pas de Monique!!! ;o))...)
Et que si elle se plait, elle peut même se ressemer. Tant mieux! J'ai envie de la faire découvrir à plein de copines, maintenant qu'elle s'est apprivoisée!
Bon. OK. On ne s'emballe pas quand même, la Zeph. Les copines à terrain sec, on oublie, déjà. C'est qu'elle a le gosier en pente, la belle nymphe. Normal, pour une "rivularis". Les rives, c'est rarement sec!
Quoique... un petit bord de bassin, ça peut aussi le faire, même en terrain poreux!...ou sous le robinet préféré du jardin, peut-être? Vous savez? Le robinet farceur, celui qui vous hoquette toujours 1/2 l d'eau supplémentaire sur les pieds, juste après qu'on ait retiré l'arrosoir.... ;o))
Quant à mes échecs antérieurs répétés, j'ai bien une petite idée ou deux.... soit c'est moi qui suis vraiment une planteuse du dimanche (ça, c'est toujours possible, mais trois fois, tout de même! ô_ô ), soit c'est encore un coup de godet. M'étonnerait pas.
Un godet bien tourbeux planté dans mon argile, ça donne rarement de bons résultats chez les soiffardes: quand les temps se font durs, l'argile a comme une fâcheuse tendance à garder toute la flotte pour elle toute seule, cette "égouaste", pendant que le pauv'petit cube de tourbe tire la langue et reste sec comme une trique.
J'aurais dû les mettre en pépinière (toujours surveillée et arrosée) pendant un an, en les ayant rempotées dans un mélange argile/compost/terreau histoire qu'elles s'acclimatent un chouia avant d'affronter mon béton.
Avec la bonne terre de Lorraine de Monique, par contre, y a pas photo. C'est du sérieux. Ca réussit à tous les coups chez moi.
Et puis, là, dans un massif tout neuf et aéré à grand renfort de bêchage ahanant et de compost, la belle avait bien plus de chances de s'installer les doigts de pied en éventail. Alors que dans une plate-bande existante, le trou de plantation n'est jamais assez grand, quelques efforts que je fasse (y a jamais la place de faire Beyrouth tranquille, entre les autres plantounes!!!)
Voilà, pour ceux qui auraient aussi connu le désespoir-des-rives, comme moi, vous pouvez reprendre espoir! Qu'on se le dise!!!! Parce qu'elle le vaut bien....