mercredi 29 octobre 2014

Botticelli, Dante ou la Table Ronde?

Coucou! Eh bien oui, ça y est, me revoilà!
J'ai enfin, grâce à l'ami Thibaut, retrouvé mon autonomie électronique, avec tout ce qui va bien et grand soulagement...
Pour ceux que ça intéresse, je ferai une grosse parenthèse en fin d'article pour vous donner le fin mot de cette sombre histoire de panne d’ordinateur. Et vous mettre en garde! Car vous ne devinerez jamais ce qui s'est réellement passé...


Mais revenons au sujet du jour...
Vous souvenez-vous de mon projet de perspective pour l'hiver? Je résume: une allée sinueuse, ouvrant derrière deux touffes de Miscanthus, et ourlée de persistants (des Pinus 'Bambino', Alice Verkade et consorts, des, ifs fastigiés, des bruyères, etc...) qui ressortent dans la neige et égayent, depuis ma fenêtre, les tristes jours d'hiver...
Aux deux-tiers de l'allée, j'avais installé, en plein centre, un superbe Chamaecyparis verticillé, qui formait un joli parasol persistant, et qu'il fallait juste contourner pour aller jusqu'au portail...Ça faisait comme des gratouillis, une caresse, de le frôler en passant la tondeuse.... Je l'aimais beaucoup.
Oui mais voilà.
Inexplicablement, après trois ans de bons et loyaux services visuels, au printemps dernier, il s'est mis à dépérir. Inexorablement, branche après branche, jusqu'au désastre final.
J'ai eu un un gros chagrin.
Il m'a fallu, la mort dans l'âme, profiter du passage des gros engins (venus créer l'allée du portail, là, à gauche), pour l'extraire de sa gangue d'argile, et lui donner une sépulture décente à la déchetterie du coin.
Et là, gros dilemme. Par quoi le remplacer?
Aucune cause apparente à cette mort subite. Pas de champignons visibles, mais sait-on jamais? Impossible d'y remettre un chamaecyparis, donc. Alors, quoi????
J'ai eu beau feuilleter les catalogues et scruter les sites de conifères et autres "persistanteries", pas d'inspiration, la zeph. La panne sèche.
Jusqu'à la foire aux plantes de Châtillon sur Chalaronne.
Sitôt arrivés, deux de mes gentils acolytes se ruèrent sur un marchand de ferrailleries de jardin qu'ils connaissaient, bien décidés à se procurer une deuxième arche pliante pour leur jardin de montagne.
Et là, je me retrouve plantée devant un genre de tulipe-girouette (mais qui n'indique pas la direction du vent), tournoyant  gracieusement (et silencieusement) dans le "zéphir" de cette douce après-midi d'automne. Eurêka!!! Le voilà, mon "remplaçant" pour la perspective hivernale!
Après tout...c'est persistant, non?
Pas de branches dures ni d'angles pointus pour vous arracher le bras au passage, non plus.
Ça ne craint point le calcaire...
Ça ne se taille pas...
Ça supporte très bien les champignons...
Et ça ne réclame ni compost ni arrosage...
Tout bénef! ;o))
Je ne suis pas très portée sur les ornements de jardin, en général, mais un par ci-par là, pourquoi pas?
Quand je pense qu'il y en a un qui voulait à tout prix m'installer une éolienne dans le jardin! Eh bien c'est fait!
(faudrait la "brancher", tiens, je n'y avais pas pensé!  ;o))..)
Voilà...y a rien à ajouter!
Quoique...
Petite girouette.... ;o))
Et finalement, le résultat me plait beaucoup. Voir tournoyer ma tulipe à travers les deux touffes de miscanthus, c'est bien agréable, et ça animera les jours d'hiver. Le vent, ce n'est pas ce qui manque, ici...
Si je vous en parle, c'est que j'ai des doutes sur la suite des opérations.
Car il faut que je lui garnisse le pied, vous comprenez, pour pouvoir la contourner avec la brouette ou la tondeuse..
Et j'en rêve la nuit, de ma tulipe tournoyante!

- Certaines nuits, c'est une gracieuse bande de nymphes éthérées, drapées dans leurs tuniques blanches et couronnées de myrte, qui forment une ronde autour de la tulipe dans la brume du petit matin.
L'une tournoie dans un sens, les demoiselles dans l'autre...
A leur pied, j'en suis sûre, c'est une auréole de douces bruyères roses que j'aperçois, au centre de laquelle la tulipe émerge comme un druide levant au ciel ses mains jointes en prière...vous voyez le tableau? Des bruyères à feuillage doré, peut-être même...
Appelons ça la "version Botticelli'

- D'autres fois, dans mon rêve, il fait nuit noire.
La tulipe s'embrase au centre d'une gerbe de flammèches rougeoyantes, et c'est tout un sabbat qui s'organise dans mon jardin, avec la tulipe au centre des ébats...Oh, ce sont de gentilles sorcières, rien que de la magie blanche, rassurez-vous!
Elles aussi forment la ronde, juchées sur leurs balais, tournoyant sur elles-mêmes... à vous en donner le tournis: la tulipe qui tourne dans un sens, la ronde des sorcières dans l'autre, et chacune tournoyant à son tour comme une girouette...ça m'a réveillée, j'avais la tête qui me tournait comme si j'avais valsé pendant 2 heures!!! Juré!!!!
Et cette fois, les flammèches d'où la tulipe semblait prête à s'envoler, c'étaient des graminées, j'en suis sûre. Des Imperata cylindrica 'Red Baron', même, peut-être bien....
Appelons ça la "version dantesque".

- Et enfin, il y a une troisième version....la "version Table Ronde".
Tous mes amis jardiniers sont là, ceux qui viennent régulièrement ici schlouker, désherber, échanger plantes et bonnes idées, mais aussi déguster force succulents déjeuners et autres libations amicalo-jardinières (grâce aux talents de fin cuisinier du Tchip, surtout!).
Ils sont installés en cercle, assis en tailleur, bras écartés, mains levées vers le ciel et doigts joints dans la position du bouddha, autour de la tulipe ondoyante. Ils chantent quelque incantation magique, les yeux mi-clos (genre "Om Zephy Padmi Om", voyez? ;o))...).
Devant chacun d'entre eux, une coupe débordante de fruits et de fleurs (comestibles, sûrement), et un golebet de cristal où luit un liquide  ambré. De la divine ambroisie peut-être?  ...
Je crois qu'ils sont en pleine concentration, un peu comme les spirites qui font tourner les tables ou parler les esprits. L'union de toutes ces belles pensées jardinières fera-t-elle surgir, comme par magie, "the" plante idéale dont rêvent tous les jardiniers?....ou une rose bleue? ;o))
Et là, dans ce rêve-là, je vois un tapis de geranium macrorrhyzum, autour de ma tulipe. Je "vois", ou plutôt je "sens" le parfum doux-amer de leur feuillage. Pourquoi des Geranium macrorrhyzum? Aucune idée...sans doute que leur odeur va bien avec ce cercle des poet-poet apparus, ou simplement qu'ils sont fidèles et pas compliqués, comme mes preux chevaliers et mes gentes dames jardinier(e)s...

Alors voilà. j'ai grand besoin de vos avisés conseils....Quelle "ambiance" préfèreriez-vous?
Bruyères/Botticelli? Imperata Red Baron/Dante? Ou Geranium macrorrhyzum/Table Ronde?
Vous me direz, j'ai jusqu'au printemps pour me décider! Mais j'aimerais bien arrêter de passer mes nuits à tournicoter en rond, moi! En plus, mes enfants m'ont fait faire un stage de poterie le week-end dernier, on a passé deux jours... à "tourner", et à "tournasser"! Juré! Comment voulez-vous que je ne tourne pas bourrique, avec tout ça? ;o))

Un  jour, je finirai Zephiche Tourneuse, ma parole!!! ;o))


Post Scriptum : la panne d'ordi pendant 2 mois, suite et fin! 
Pour ce scénario catastrophe, il aura fallu  une fenêtre, le double-rideau qui va avec, un ordi placé juste derrière ledit rideau, et 2 matous...+1.
Les 2 matous sont à moi (ou plutôt, je suis leur esclave attitrée...), mais le chat surnuméraire est un squatt.
Un gros matou du quartier, apparemment  bien nourri pourtant, à larges taches beige-grisâtre et blanc. Il rôde dans le secteur depuis quelques mois, et pille sans vergogne le garde-manger toujours bien garni de mes bestioles.
On leur a pourtant dûment "ablationné" les bijoux de famille, à mes deux matous! On aurait pu croire qu'ils toléreraient la concurrence! Que nenni!
Leur devise doit être "Pas touche à mes croquettes", à ces deux gourmands bien dodus!
La fenêtre (et son rideau de compagnie), c'est la mega-chatière de la maison. Garnie de croisillons juste assez espacés pour laisser passer un matou (en rentrant un peu le bedon, parfois).
J'ai bien l'impression que le squatt n'a pas tardé à piger le truc, et a même poussé le vice jusqu'à rentrer se servir  carrément dans la maison certains jours, pendant que je ahanais sur ma brouette.
D'où de bruyantes manifestations d'indignation féline..et de grosses bagarres nimbées d'envols de touffes de poils sur la pelouse!
Vous vous doutez de la parade mise en place par les "légitimes" propriétaires des croquettes... sus à l'intrus, et marquage de territoire à donf sur les passages stratégiques!!!!
Oh, j'avais déjà remarqué, et pesté tout mon saoul, en voyant s'étaler sur le rideau une large tache jaunasse et malodorante... et même essuyé une ou deux coulures des plus mal-seyantes sur le boitier de l'ordi!
Mais bon, la colère passée, le rideau nettoyé (et retroussé en hauteur pour éviter les récidives) et le boitier essuyé, je n'y avais pas plus prêté attention. J'aurais dû!!!
Arrive le jour fatal: la panne inexpliquée de l'ordi.
J'ai bien sûr immédiatement accusé la machine électronique de s'être mise en grève.... normal.
D'où le remplacement du boitier d'alimentation... pour commencer.
Toujours pas de signe de vie .
Employons les grand moyens..c'est sûrement la carte-mère, alors! Changeons la carte-mère...
Bernique! Rien n'y fit!
Faute d'autre suspect, ne restait plus que le boitier.... Et c'est là que Thibaut (mon irremplaçable docteur-ès-ordis) a vu l'arbre en boule!!!
De subtiles coulures à travers les orifices de ventilation... eh oui! Le marquage de territoire avait abouti à ronger les connecteurs du boitier! CQFD!
Donc, qu'on se le dise: les ordis n'apprécient pas du tout de servir de borne-limite de propriété, ou de vespasienne occasionnelle! ;o)))
Voyons le bon côté des choses: mon ordi s'est fait faire un super-lifting, il est quasiment tout neuf.... ;o). Et il a déménagé d'un bon mètre.
Z'ont beau avoir le jet puissant, mes matous, j'espère qu'un mètre, ça suffira, tout de même! ;o))