vendredi 28 octobre 2016


Ahh la p'tite Marie ! (Rosa Marie Pavie)
 marie pavie 26 09 11
Je vais vous raconter céans la belle histoire de la P'tite Marie....à ma manière, bien sûr!  Mais il parait que vous les aimez bien, mes petites histoires de roses...;o)
marie pavie 01 11 07 02Donc, il était une fois...  Nous sommes au 19ème siècle, à Lyon, capitale des roses.... C'est là que naît, par un beau matin de mai (le moi des roses, évidemment!), dans une bonne famille bourgeoise de soyeux (ce sont les négociants en soieries lyonnaises, comme vous le savez sûrement), un tout petit bout de fille, tout menu, avec ce teint si pâle, à peine ombré de rose qui seyait tant aux demoiselles de ce temps-là...et aux nymphes bien sûr (surtout les z'émues!).
La famille Pavie (c'est son nom), serait bien, dit-on, d'origine italienne, mais c'est si lointain que les bourgeois lyonnais ne lui en tiennent pas rigueur, pour une fois.
Un bébé, surtout d'apparence fragile comme ça, ça se baptise, et sans attendre, dans ce temps-là! Des fois que!
Mais pour faire un baptème, vous en conviendrez, en plus du bébé et du curé, il faut au moins deux choses: un parrain, et une marraine!
Pour la marraine, c'est vite vu, la bonne amie et voisine de sa chère Maman fera parfaitement l'affaire. Une pieuse bigote de bonne souche. Bon, certes, elle a certes fait un mariage nettement en dessous de sa condition, en épousant un jardinier. La pauvre. Mais un jardinier de luxe, quand même. Un créateur de roses, rien de moins, Monsieur Allégatière. Membre de la Société Lyonnaise des Roses. Ah, et des oeillets aussi, mais passons. Rosiériste, ça fait moins grincer des dents que "Dianthiste", tout de même! ;o))
marie pavie 09 05 11Pour le parrain, là, c'est une autre histoire. Il faut un membre de la famille, pour prendre soin d'elle au cas où, avec ces rumeurs de guerre qui persistent en ces années 1860...
Alors c'est décidé: le parrain, ce sera le tonton Théo! En plus, il s'appelle Théodore-Marie, le tonton! Oui oui, ça tombe bien, on va baptiser le bébé Marie, en plus ça le mettra sous la protection de la Bonne Mère locale. Et le Tonton, il ne pourra pas refuser!
L'ennui, c'est que le Tonton Théo, il a la bougeotte. Un Tonton, pas flingueur, mais bourlingueur. Il habite Angers, théoriquement, mais il n'y est jamais! Toujours par monts et par vaux, le Tonton Théo arpente les Indes, les orientales comme les occidentales, l'Egypte, les îles.... Et quand il est chez lui, Tonton Théo écrit. Tonton Théo professe un peu partout. Un vrai courant d'air.
Il parait qu'il s'assagit un peu, toutefois, maintenant qu'il a passé la cinquantaine...c'est ce que dit sa femme, en tous cas, cette bonne Cornélie.
marie pavie 05 06 10Revenons à la petite Marie, dûment baptisée cette fois. Et elle grandit, la petiote! Enfin...pas trop, à peine ce qu'il faut!.
Pour ses 17 ans, elle reste menue, mais elle se transforme peu à peu en une adorable jeune fille au teint blanc, à peine ourlé de rose pâle. Elle a de magnifiques yeux verts, qu'elle met parfois en valeur dans une somptueuse robe de soie vert pâle, tout droit sortie des ateliers de son papa...
Son parrain lui a ramené des indes de suaves parfums dont elle ondoie ses cheveux d'or.
Elle a l'air si petite, si fragile, et pourtant, c'est une intrépide! Elle s'étourdit de plaisirs, elle ne sait qu'inventer pour profiter de la vie à pleines dents!
A chaque bal où elle parait, tournoyant dans ses robes de mousseline blanche, elle fait tourner les têtes et les coeurs. Chacun s'empresse autour d'elle, et les gazettes la surnomment déjà: la Petite Princesse des Neiges... mais Papa Pavie veille au grain! Au grain de folie, bien sûr.
Un violoneux de bazar, complètement entiché d'elle, lui écrivit même une chansonnette qui fit le tour de la ville, et même de Paris!
"Toi, ma p'tite Marie, toi, ma p'tite Marie,
Mon p'tit grain de fantaisie...
Toi qui bouleverses, toi qui renverses
Tous les coeurs, Marie Pavie!"
marie pavie 20 05 11Et c'est là que le destin tragique va hélas s'en mêler...
Par un triste soir de juin 1881, au sortir du bal, un carosse fou, emmené à un train d'enfer par deux chevaux noirs comme l'ébène, faucha en pleine jeunesse la belle au teint de lait...
Une abeille, dit-on, en piquant l'un des chevaux (dans un endroit que la décence m'empêche de nommer), serait à l'origine du drame.
On coucha la belle dans sa belle robe de soie verte, dans un cercueil de bois de rose, pour que chacun puisse venir admirer, une dernière fois, sa jeunesse et sa beauté.
Elle avait l'air de dormir....quelqu'un murmura même: un quart d'heure avant sa mort, elle était encore en vie!
Parents, parrain et marraine, éplorés, sombrèrent dans un chagrin que rien ne semblait pouvoir éteindre...
Pour essayer de noyer sa peine dans la musique, le Tonton Théo s'accoquina avec un certain Leo. Leo Delibes. Le Theo du Leo lui ayant raconté la triste histoire de la belle Marie, et aussi celle des "Babouches du Maharadjah", ramenée des indes, le Leo du Théo en fit même un opéra: "Lakme".
marie pavie 14 05 11"Lak- me, pleaaase Lak-meee! Je suis fouuuuuu de vou-ou-ous!!!! "
( Euh, peut-être que je confonds, mais vous voyez le genre.  Bon, je sens que je vais me faire sonner les clochettes, là... ;o))...)
On aurait pu croire que tant de gloire suffirait à immortaliser le souvenir de la belle Marie. Et pourtant, ce n'est pas grâce au célèbre Tonton Théo que nous la connaissons encore, non. C'est le modeste mari de la marraine (vous me suivez?), le rosiériste-dianthiste, qui la fera connaître au monde entier...
Quelques années après la mort tragique de la belle enfant, M. Allégatière, pour alléger quelque peu le chagrin de sa femme et de ses amis, leur offrit un magnifique rosier blanc, au coeur à peine ombré de rose par temps frais, et au doux parfum de jeune fille en fleur. Comme la belle, il fleurit à s'en étourdir tout l'été, comme s'il devait avoir éternellement 17 ans, lui aussi...Ses petits pétales de soie un peu chiffonnés virevoltent au vent, pour mieux cacher son jeune coeur encore intact.


Il planta le rosier sur la tombe de la jeune fille, et l'appela 'Marie Pavie'...
Et si l'on en croit la rose, c'est vrai qu'elle devait être bien belle, la p'tite Marie qui n'eut pas le temps de connaître l'Amour...


marie pavie 22 05 08 02










dimanche 28 août 2016

Tout vient à point...(Veratrum nigrum)

Eh oui, tout vient à point... à qui sait attendre!
Ça vaut d'abord pour les articles de blog . Pardon pour ce long silence, mais j'ai été Mamie à plein temps pendant 5 semaines. Puis, de tristesse sans  doute, dans ma maison désertée par mes chers petits lutins, j'ai cassé ma margoulette, une fois de plus. Ah...ch'uis douée! Et la patte allongée, ce n'est pratique ni pour mitrailler les fleurs, ni pour écrire, croyez-moi!

Savoir attendre, ça vaut aussi pour nos chères plantounes! Je ne vous apprends rien. Et avec "celle-là", attendre, je n'ai fait que ça.
Alors...l'avez-vous reconnue, cette belle chandelle de cire sombre?
Dix ans que j'attends qu'elle s'allume! Chameau, va!
Bon, d'accord, les 4 premières années, c'est de ma faute: je l'avais gardée en pot.
Un pot assez profond, certes, mais un pot tout de même. Mauvaise idée! Qu'on se le dise, elle déteste ça!
La demoiselle a de grands pieds. De très grands pieds même! Qu'elle a surtout fort longs, dans le sens de la hauteur.
Alors forcément, elle boude sans vergogne si on ne lui laisse pas mettre ses giga-doigts-de-pieds en éventail. Dans de la bonne terre bien riche, et de préférence bien fraîche.
Quoique. Une fois installée, parait-il, elle est sobre...comme un chameau, et se contente des pieds des arbres, même en cas de sécheresse estivale.
Mais pas au printemps, attention! Au printemps.. j'ose à peine le dire, mais... elle boit..
Alors vous pensez, cette année, elle a pu boire tout son saoul, l'ivrogne! Bar à volonté, l'aubaine!!!!
Le temps de déployer(en prenant tout son temps) de superbes feuilles en plissé soleil, d'un beau vert brillant, engainées les unes dans les autres, et joliment arrangées en étoile.
Enfin... Sauf si les "ventre-à-terre" s'en mêlent!
J'ai lu quelque part qu'elle n'aurait ni ennemis ni maladies. Euh... faut l'dire vite! Plusieurs années de suite, quand elle était en pot, je n'ai retrouvé que dentelles et trognons. Depuis qu'elle a enfin emménagé dans un joli massif à son goût et à mi-ombre, quasiment limace-proof, effectivement, je n'ai plus vu de trous-trous de mauvais goût.
A propos de mauvais goût, attention, quand même: la belle est vénéneuse, en plus. Des pieds à la tête, parait-il. Autant vous dire que je n'ai pas vérifié! Mais vu sa taille adulte (un bon mètre cinquante), quel jardinier digne de ce nom aurait l'idée saugrenue de la mettre en bordure, je vous le demande?
Bref, pendant  encore 5 ans, des feuilles, des feuilles et encore des feuilles. Jolies certes, mais le spectacle était un peu court, tout de même.
Il parait d'ailleurs que vu sa propension à l'adolescence tardive, les pépiniéristes ne la mettent en vente qu'au bout de 3 ans de culture... d'où sa relative rareté sur le marché!
Et puis, tout d'un coup, vers le début juin, elle s'est mise à lancer vers le haut un petit plumeau de fines feuilles qui m'ont tiré l’œil... tiens, tiens, on dirait qu'il se passe quelque chose...
(Notons au passage une brève attaque de pucerons noirs, que la belle a traités avec le plus souverain mépris. Et son petit goût de cigüe a eu vite fait de faire disparaître les intrus! Ça leur apprendra la curiosité et la gourmandise, à ces sales bêtes! Ce sont des qualités pour les jardiniers, mais de gros défauts pour les mange-fleurs... faites passer le mot! ;o)))
Petit à petit, le plumeau a grandi (enfin..le manche du plumeau!). Puis, un peu comme on libère les baleines d'un parasol pour l'ouvrir, sont apparues des petites ramifications latérales, un peu timides, mais prometteuses!
Et c'est après le 14 Juillet que les fleurettes ont commencé à s'ouvrir vraiment.
Et ça valait la peine d'attendre! Une couleur d'hémérocalle lie de vin foncée... ou de lys martagon, tiens. Sauf que les martagon, j'ai essayé...rien à faire, dans mon argile humide!
Une couleur pas si courante au jardin donc, surtout perchée à 1,50 m!!!
Pas spectaculaire vue de loin, certes.
Comme toutes les fleurs sombres. Mais d'une certaine élégance, je dirais.
A vous mettre de la verticalité classieuse là où ça en manque parfois cruellement. Façon Veronicastrum, mais avec une couleur nettement plus franche.
Pour le moment, avec deux chandelles seulement, c'est un peu maigre, je vous l'accorde.
Mais au milieu des grosses boules de l'Hydrangea Bella Anna et des soucoupes de l'Echinacea White Spider,  j'imagine bien un beau bouquet bien fourni de verâtres... dans "quelques" années? ;o)
Quelle idée aussi de l'affubler d'un nom pareil!
Vérâtre. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça évoque immédiatement "marâtre", donc Cendrillon ou la méchante reine de Blanche-Neige. Pas vraiment sympa. Et "noir", en plus! Alors que la grande Gentiane, sa cousine, rien qu'à en parler, on a comme un petit goût d'apéro bien frais sur le bout de la langue. Ce n'est pas juste, avouez-le!
Le spectacle a duré au moins 4 semaines.
Depuis quelques jours, plus de pétales.
Mais finalement, j'ai bien fait de vous faire attendre, puisque je peux, de ce fait, vous montrer la suite!
De grosses graines bien vertes, en grappes lourdes, et malgré un petit côté "tour de Pise" (recherche de lumière?), les tiges ne flanchent pas, même sous le vent qui s'acharne parfois sur mon pauvre toit de colline.
Le feuillage, par contre, peut être sujet à de légers coups de soleil.
Dommage. Mais pas très visible, au ras du sol.
Bon. Je vous ai tout raconté, tout montré. Il faut dire qu'on n'en parle pas très souvent, de cette géante aux yeux noirs!
Certains d'entre vous l'ont-ils déjà apprivoisée?
Maintenant qu'elle a fini sa crise d'adolescence tardive, puis-je espérer qu'elle va s'étoffer dans les années à venir? Ou restera-telle ainsi, avec ses deux chandelles solitaires? Eut-il fallu en planter plusieurs pieds pour obtenir le bouquet dont je rêve? Car cela fait plusieurs années que le nombre de bouquet de feuilles (à défaut de fleurs) est resté bloqué à deux...
Eh... toutes les plantes ne se démultiplient pas. C'est parfois une bonne chose, certes (sinon, bonjour l'envahissement), mais dans ce cas précis, un peu plus d'opulence ne nuirait pas à l'ensemble!
Alors, que vous en semble, de ce bellâtre de Vérâtre? Le préférez-vous dans son bel habit vert de printemps, ou quand il brandit avec panache ses (fières) chandelles Renaissance? ;o)



jeudi 9 juin 2016

Les bons chausseurs "tendance" pour rosiers

Il faut bien le reconnaître: les rosiers ont de vilains pieds, pas toujours faciles à dissimuler.
Les boutiques spécialisées classiques (marques Nepeta, talons hauts mais vite avachis, et Geranium, bleus, rouges, voire roses et même blancs, élégants mais bateaux ) finissent par lasser, au bout d'un moment, je trouve.
Il est temps de réfléchir à diversifier leur placard à chaussures.
Voici quelques exemples moins courants, que j'ai dénichés pour vous en solde ou sur Internet!
Je me suis cantonnée aux souliers bas, même si j'adore (ou plutôt "adorais") les talons-aiguille! Je trouve que les souliers trop hauts ne vont pas si bien que ça aux rosiers: affublés de grosses bottes fourrées trop larges, ils forment une masse indistincte pas toujours très raffinée à mes yeux. Un petit soulier délicat, par contre, ça c'est la classe. ;o)

- le blanc, indémodable.
Une petite spirée naine de bonne tenue: Spiraea decumbens ssp. decumbens.

Rustique en diable, pas plus de 30 cm de haut, et fleurit (un bon mois) en même temps que les rosiers justement.
Le reste du temps? Un joli feuillage rond, vert clair, façon ancolie.
Ne laisse quasiment pas passer les mauvaises herbes (sauf les genres saute-ruisseau: boutons d'or et potentille rampante, hélas).
Drageonne un peu, s'étale, je dirais plutôt. Très raisonnablement.
Juste ce qu'il faut pour offrir des schlouks aux copines, facile à limiter si besoin (je n'ai pas eu à le faire en 9 ans), ne nécessite jamais d'intervention drastique.
C'est quand même mieux de lui couper ses fleurs fanées après floraison, un rien tristounes je l'admets. Un bon coup de taille-haie suffit, d'ailleurs, pas besoin de faire dans la dentelle malgré son petit nom (Spirée "White Lace" ou Dentelle Blanche) selon les anglophones).
Par contre, attention! Exigez bien la sous-marque "decumbens ssp. decumbens"! Elle a les talons moins hauts, donc plus confortables La marque de base, "decumbens" tout court, peut monter à 80cm je crois!

- du jaune, pour changer? Hypericum olympicum var. citrinum
Eh oui, pas de Géranium ni de Nepeta jaune (sauf govaniana, une chochotte de première qui refuse de s'acclimater chez moi).

Alors de petits souliers jaune citron bien frais, ça vous dit? Très tendance!
Excellent associé à un rosier à la belle robe pourpre, par exemple.
Un petit coussin hémisphérique de 20 cm de haut, couvert de fleurs en ce moment, et qui refleurit quelque peu l'été si on lui fait une bonne coupe après la floraison principale
Là encore, pas besoin de faire dans le chichiteux, à ratiboiser un peu comme les Iberis, redonner une forme c'est tout!
S'étale aussi, mais sous forme de coussin très régulier.
Au bout de 8 ans, la touffe d'origine fait 40 cm de diamètre ici.
Mais quelle floraison, en Juin! On ne voit plus le feuillage (bleu-vert façon glacier)!
Même les bestioles ont du mal à se frayer un chemin au milieu de cette forêt d'étamines géantes!
Ah, si. Comme tous les cuirs fins, il n'aime pas trop qu'on le fasse marcher dans l'eau trop longtemps!
A mettre plutôt au sec, voyez!

- du rose pâle, ou de la légèreté en boule : Gypsophila repens 'Rosa Schönheit'
Encore un soulier pour terrain plutôt sec: le gypsophile rampant.


Celui-là n'a rien de la chochoterie de son grand frère, le fameux 'Bristol Fairy' qui s'abouse comme une grande folle au moindre vent.
Lui forme un  dôme qui culmine à 40 cm en étirant gracieusement ses doigts de pied en éventail (environ 60 cm de diamètre l'été), et fleurit de mai à septembre, voire plus.
Ici je l'ai associé à une lavande, oui, mais avec des talons d'une hauteur assortie: Lavendula 'Folgate'
On connait la lavande naine foncée 'Munstead', presque violette. Mais on connait moins bien la douce 'Folgate' ("Embrassons-nous, Folgate!", comme dirait Labiche... ;o))...).
Une autre lavande "vraie" donc, très parfumée, en joli coussin qui culmine à 40 cm de haut, chez moi, en fleurs. Plutôt 15 à 20 cm une fois tondue. Le mélange des deux est ravissant, avec ces petits épis mauves qui pointent à travers la douceur sucrée du gypsophile.
Eh, on superpose bien les chaussettes, pourquoi pas les chaussures? ;o))

- un ravissant petit soulier  bleu-violet bien foncé: Salvia nemorosa 'Marcus'
Pour rosiers jaunes ou pastels, et même pour les pourpres ou les orangés si vous aimez les contrastes à la Helen Dillon.


C'est la plus petite pointure chez les nemorosa. Je les aime aussi beaucoup en "grandes pompes", d'ailleurs! Surtout la blanche 'Schneehuegel' (qui fleurit sans discontinuer et sans intervention jusqu'aux gelées, ici. Mais 60cm de hauteur, effet "bottines fourrées" garanti...).

Aussi pour les petons délicats, les 30 cm de haut de 'Marcus' font juste la bonne pointure. Il faut en prévoir pour deux ou trois pieds, d'ailleurs, car elle n'est pas plus large que haute.
Mais quelle belle couleur!
Mieux vaut la ratiboiser après la 1ère floraison, si vous voulez qu'elle refleurisse, par contre.
La mienne va déménager, car je trouve qu'elle sera bien plus belle au pied du merveilleusement parfumé 'Jude l'Obscur' qu'au pied de 'Gruss an Aachen', trop pâlot pour elle.
Au fait... vous avez déjà fait des boutures de Salvia nemorosa?
Pourriez-vous me dire quand et comment? Il faut dire que je commence à sentir ma crise de "bouturite" annuelle qui me démange. Un 9 Juin! Ca promet pour Juillet-Août! ;o))

Voilà! J'en ai encore d'autres, des jolies chaussures à rosiers, mais il faut bien que j'en garde quelques unes dans mon placard à malice, pour d'autres articles! ;o)
Et surtout, je compte sur vous pour me donner d'autres idées!
Ballerines, tongues (ou plutôt "gougounes" comme on dit au Québec! ;o))...) trotteurs, mocassins, comme vous voudrez! ;o)
Tenez: je viens de m'acheter un ravissant petit polyantha nommé 'Rosiériste Pajotin Chédanne' :(http://www.roses-anciennes-eve.com/epages/rosesanciennes.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/RAAE/Products/1197&ViewAction=ViewProductDetailImage&bla=2),
Lie de vin avec de petites mèches blanches. Histoire de réveiller une plate-bande encore trop pastel (une manie!). Pas très haut (60 à 80 cm m'a t-on dit). Il lui faut donc de tout petits chaussons!!!!
Et je suis si peu habitée aux couleurs fortes! Comment le chausser autrement qu'avec un Geranium vivace rose clair et rase-moquette, à votre avis???
Soyez compatissants, venez à ma rescousse!!! ;o)

lundi 6 juin 2016

Les boules décoratives pour jardin, vous aimez? (Allium cyrilli)

Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas vous "planter" sous le nez ces grands piquets de ferraille surmontés de boules de verre irisées de toutes les couleurs, qui font (ou faisaient en tous cas) fureur dans certains jardins de Flandres ou d'Allemagne.
Allium 'Mount Everest'
Euh... pas trop ma "Tasse Tee" ni ma "Bierglas" ces boules là! ;o)
Mais bon... ça ressemble un petit peu, quand même!
Origines du Sud-Ouest obligent, j'ai un faible pour l'ail... et les aulx!
Mais pas forcément les grosses boules.
Il y a quelques années, j'ai eu l'idée saugrenue, par exemple, d'implanter quelques bulbes d'un très gros ail blanc bien boulifère, appelé 'Mount Everest', dans un massif du jardin.
Ah, ils sont spectaculaires, certes! On les voit de loin!
Allium nigrum
Sauf que....à chaque fois que je les regarde, de loin justement, j'ai immanquablement l'impression d'avoir laissé monter à graines quelques monstrueux pissenlits géants, et j'ai le sécateur qui me démange! ;o))
Les grosses boules, décidément... non.
Mais...les cornets de glace, par contre... Oui, je sais, avec ce déluge qui nous tombe sur la tête depuis quelques semaines, les cornets de glace, ce n'est pas vraiment d'actualité. Mais vous avez de l'imagination, je le sais. Alors imaginez un mois de Juin "normal" , vous voulez bien? (en supposant que ça existe encore...)
Les "cornets de glace", disé-je. Des demi-boules surmontant un "cornet" de tiges disposées en éventail conique. Ça par contre, j'aime bien.
J'avais d'ailleurs été séduite par la version blanche, bien connue, alias Allium nigrum le mal nommé. J'en ai même mis à plusieurs endroits du jardin. D'ailleurs, pour ceux que cela intéresse, je signale qu'il est parfaitement à l'aise à mi-ombre, voire à l'ombre lumineuse, celui-là. Ca peut servir... ;o)
L'automne dernier, au cours de l'une de ces fêtes des plantes tentatrices en diable, je tombe donc en arrêt, langue pendante, devant l'image de ce que je pris alors pour un Allium nigrum... rose!
Même effet de "cornet de glace", mais d'un rose pâle ir-ré-sis-ti-ble pour une pastellomane dans mon genre.
Justement, mon petit Planteur de Brigaudière préféré me regardait faire avec son petit sourire en coin malicieux.
L'étiquette disait "Allium cyrilli".
Méfiance, méfiance...D'abord, certains aulx peuvent se révéler de vrais plaies (genre Allium sphaerocephalon, qui envahit certains coins du jardin depuis des années).
Et puis, sur l'étiquette, pas d'indication de hauteur de tige ni de diamètre du cornet de glace en question.
Renseignements pris auprès du malicieux pépiniériste déjà nommé, j'appris que cet ail-là se comportait effectivement comme un Allium nigrum rose.
Pas envahissant pour 2 sous, lent à multiplier, même. Hauteur "dans les 50-60 cm", diamètre 6 ou 7 cm.
Rustique? Oh oui! On le trouve de la Turquie à L'Italie, et même jusque dans le Vaucluse, chez nous!  Intéressant, non?
Sauf que. Cette année, bien sûr, entre  l'arrosage hyper-intensif de Dame Nature et le fait qu'ils ont été engraissés comme des oies avant d'être mis en vente, ils s'échelonnent entre le 80 et un bon 95 (et je ne parle pas de sous-vêtements, j'espère que c'est bien clair pour tout le monde! ;o))..), en fait de hauteur. Sera-ce le cas les années suivantes? A voir...
Mais quand même.... je les adore! J'aime bien cet échelonnement de hauteurs, même. Ça leur confère une certaine élégance, en plus de donner cet effet de verticalité que j'aime bien dans mes massifs tout en rondeurs, souvent.
Ne vous fiez pas à leur pâleur sur les photos prises d'un peu loin: ça manque de soleil par ici aussi, et les photos sont plus pâles que la réalité. Ils sont bien roses, mes cornets de glace, juré!
Même que, si d'aventure j'en retrouvais quelques-uns à l'automne, je crois bien que je m'en remettrais bien une petite dose... ou deux!
Avec une Mme Isaac Pereire ou un beau Charles de Mills, par exemple, tiens, ça pourrait le faire! Non?
J'ai peut-être des goûts douteux, mais les roses à l'ail, moi, ça me plait beaucoup... ;o)

mercredi 18 mai 2016

Fausse modeste ou vrai coucou? (Lamium orvala)

Ah ça, pour de la courbette, ça c'est de la courbette! ;o))
Tout y est!
Tunique de soie traînant par terre...
Longues manches couvrant des mains prêtes à se joindre...
Genou légèrement fléchi pour mettre en valeur la taille fine...
Et ce coquin de petit chapeau cloche humblement rabattu sur les yeux....
Avez-vous déjà vu plus humble révérence de courtisane à la cour de l'Empereur de Chine?
Mais... croyez moi, il ne faut pas s'y fier!
Oh, je sais pourquoi tu t'es lancée dans les salamalecs, pestouille!
Tu sais que ton avenir à ma cour (ou plutôt, dans mon jardin) est incertain!
Je t'avais pourtant adoptée avec enthousiasme, dans ta jeunesse. Pire, j'avais aussi adopté ta sœur jumelle, à la tunique blanche.
Mais tu m'as déçue. Oh, certes, jusqu'en Juin, tu fais la belle, tu te tiens droite, tu te montres sous ton meilleur jour. Je sais.
Le coup de la tunique de soie et des courbettes, ça dure...quoi... quinze jours? Bel effort! Vraiment!
Mais à partir de Juillet, quel relâchement!
D'abord tu perds tes beaux atours de courtisane, puis tu t"abouses" lamentablement, que dis-je, tu te vautres par terre sans élégance aucune.
Pfff. Ah, ils ont bonne mine, mes massifs, avec ces tiges ramollo, et ces feuilles désséchées du plus mauvais effet autour de tes gambettes. Un bien triste spectacle.
Je n'ai même jamais pris la peine de te tirer le portrait quand tu es dans cet état, ce serait franchement gâcher les pixels!
Courtisane, toi? Pfff... je te soupçonne fort d'être une coucou-rtisanne, plutôt!
Un genre de coucou végétal!
Tu t'es introduite dans le jardin au printemps, en loucedé, mine de rien, jolie vivace au milieu d'autres jolies vivaces, comme un oeuf posé parmi d'autres oeufs dans un nid.
Mais une fois dans la place, tu prends tes aises, tu lèves enfin le voile et révèles ta vraie nature de coucou, prenant la place d'une autre pour mieux te laisser aller à ta nature profonde: la paresse.
A quoi bon se tenir droite en plein été, c'est ça?
Ca tient trop chaud, une tunique de soie, peut-être?
Alors la Miss fait du strip-tease.... Sauf qu'elle n'est vraiment pas douée, la Miss, pour le striptease! Beuark!
Et il ne reste qu'à te supporter tout le reste de l'année dans tes haillons de souillon mal fagottée.
Mais pas la peine d'essayer de te cacher derrière le tronc du Malus coccinella. Je t'ai dans le collimateur!
Tu ne croyais quand même pas que ça allait durer, cette vie de château "à pas cher"!
D'ailleurs,  en soulevant ton soit-disant minois humblement baissé, je crois que je t'ai prise en flagrant délit de sournoiserie, montrant ta nature maléfique sous le chapeau faussement baissé.
Regardez, mes amis... vous avez vu, sous le chapeau, ce cou démesuré, ces yeux chafouins et ce sourire carnassier? On dirait une mante religieuse! Ça en dit long sur le personnage, je trouve!
Alors, à votre avis... dois-je sévir? Lui offrir un billet aller simple pour le tas de compost? Ça me démange depuis longtemps.  Seule la flemme m'a jusqu'ici retenue: vaut-elle vraiment la peine qu'on se fatigue à la sortir de là?  Qu'en pensez-vous?

dimanche 8 mai 2016

La nostalgie d'un Cafre: mémoire d'un déraciné (Schyzostylis coccinea rosea)

Pauvre petite fleur immigrée....
Pourtant, elle avait l'air de s'être bien intégrée, fleurissant d'abondance en octobre, lorsque les jours raccourcissaient, que la lumière se faisait plus douce mais plus rare, apportant à elle seule un peu de gaîté aux massifs déclinants...
Je la croyais heureuse!
Jusqu'ici, je ne l'avais jamais entendue se plaindre, d'ailleurs.. même en tendant bien l'oreille!
Mais là, j'en ai le cœur serré pour elle.
Je l'entends presque gémir...

"Est-ce que ce monde est sérieux?....
Afrique du Sud, je me souviens... "

Se rappelle-t-elle vraiment, parfois?
Qu'il y a longtemps, si longtemps, elle vivait bien loin d'ici, et que c'est bien en mai, et non en octobre, qu'elle était prête à éclore ses jolis pétales tout de rose vêtus...
Mais elle est si loin, son Afrique du Sud natale.
Comment a-t-elle fait pour garder ce souvenir bien enfoui?
Dans ses racines, peut-être?
Dans ses gènes?
Spectacle insolite, en tous cas, en ce joli mois de mai de l'hémisphère Nord!
D'autant qu'elle a choisi de surgir en plein milieu d'une touffe d'Iberis sempervirens bien blanche.
On n'y voit qu'elle.
Mais oui, vous l'avez reconnue: c'est bien Schyzostylis coccinea rosea, le "Lys des Cafres" rose.
Les Cafres, ce sont des noirs d'Afrique du Sud.
Et dire qu'au départ, c'est un terme méprisant, signifiant les "infidèles", en gros. Infidèle, elle? Pourtant voyez comme elle montre avec fierté ses origines australes!

A moins que ce ne soit le décalage horaire.
Six mois de "décalage horaire"?
Quand on voit ce que six heures me font, à moi, au retour du Canada, on comprend que ce soit dur à résorber! ;o)
Je me demande parfois... Toutes ces jolies plantes d'un autre ailleurs, que nous regardons et soignons avec tant d'amour... nous oublions vite que nous les avons sauvagement transplantées de l'autre bout du monde.
Certaines, bien sûr, les aventurières, se sont empressées de coloniser ce nouveau territoire,  mais c'est une minorité guerrière.
Les autres, les douces, les fragiles, ne sont-elles pas pas tristes, au fond de leurs racines, en pensant à leur pays natal et à leurs voisines de là-bas, qu'elles ne reverront jamais?...


Tiens, pour ne pas se mettre le moral dans les chaussettes après cette évocation horticolo-philosophique de cuisine....puisque vous êtes là... et que vous avez semblé vous amuser avec le petit quiz d'Avril...
Un mini-quiz  en fin d'article, ça vous dit? Toujours en blanc.... Mais que des froufrous, cette fois!

Froufrou de mai  n°1
Froufrou de mai n°2








A vous de jouer!