vendredi 29 janvier 2016

Quelques soeurs Tit'Goutte...de neige (Galanthus)

Galanthus nivalis 'Viridapice'  var. scharlockii                                                  Galanthus plicatus 'Augustus'                                                     Galanthus 'Robin Hood'
Je vous les avais déjà présentées, les fameuses sœurs Tit'Goutte.
Je ne sais même plus combien il y en a...5, 7, voire plus selon l'imagination fertile des amateurs de plaisanteries calembourdesques!
Mais là, cette fois, il y en a deux qui sont apparues dans mon jardin, comme ça, à l'improviste!
Deux soeurs galanthes, d'ailleurs: la jeune Corinne et ma petite préférée...Germaine!
Car les Galanthus (fleurs de lait) sont bien de la famille Tit'Goutte, vous en conviendrez, puisque les anglais les appellent "snowdrops" (Gouttes de Neige)!
Galanthus 'Ann Thompson' en 2013

J'ai été plus habituée à la visite régulière de Justine, jusqu'à présent (Justine Tit'Goutte). Une vraie radine. Plusieurs de mes acquisitions de ces dernières années étaient visiblement de ses amies!
Comme cette année, d'ailleurs: le beau Diggory, dont je vous ai parlé récemment, par exemple... et quelques autres!
Sans parler des visites peu appréciées d'une autre sœur, l'affreux jojo de la famille: Emma.
N'est-ce pas 'Trumps' et 'Godfrey Owen'.... Emma Tit'Goutte, alors? Hmmm?
Où est-ce qu'elle Est-ma Tit'Goutte? ;o))

La première des deux sœurs dont je voulais vous parler aujourd'hui, s'est d'abord fait passer pour Anne, ou pour Justine, pendant 2 ans.
Anne Tit' Goutte et puis s'en va. Et encore. Anne Tit'Goutte bien classique, d'ailleurs, sans rien de particulier, à presque la confondre avec un nivalis égaré, à part ses lunettes de cobra vertes sur le nez.
Galanthus 'Ann Thompson' en 2016
D'ailleurs, je m'attendais au pire, avec un nom pareil: elle s'appelle officiellement 'Mrs Thompson'. Avouez qu'on pouvait craindre qu'elle ne s'appelle Emma!(celle qui fait son cinéma: des feuilles, rien que des feuilles).
Mais non, c'était Anne. Ou Justine.
Mais cette année, miracle!!! Trois corolles d'un coup! Dont deux qui montrent enfin la vraie nature de la fameuse Mrs Thompson.
Galanthus 'Ann Thompson' en 2016
Car elle est réputée particulièrement fantaisiste, cette chère Mrs Thompson! Il lui arrive d'avoir quelques pétales supplémentaires, jusqu'à 6 en tout, voire de faire deux fleurs sur le même bulbe...  une originale, en somme!
Eh bien cette année, ça y est, elle commence à me faire des fantaisies!
C'est Corinne Tit'Goutte, je vous dis!
Enfin... Corin Tit'Pétale, plutôt! Deux de ses 3 fleurs ont essayé de s'en rajouter un, de pétale! Pas complètement réussi, ce petit quatrième, d'ailleurs, car il est plus court que les 3 autres. Mais ...c'est un bon début!
Galanthus melvillei début janvier 2016
J'ai déjà hâte de voir ce qu'elle me concoctera l'an prochain! ;o)

Et la deuxième, là, est totalement inattendue! Serait-ce dû à cet hiver bizarre qui n'en est pas vraiment  un???
A priori, les Galanthus melvillei, depuis plusieurs années, se comportent sagement au jardin. Ils sont précoces, c'est d'ailleurs pour ça que je les ai invités. Souvent en fleurs en Janvier, et les fleurs durent longtemps: tout en fleurissant, ils continuent à grandir, en tige et en fleurs, jusqu'à atteindre un bon 12 cm de hauteur de tige, et un bon cm et demi de hauteur de fleur. Mais c'est tout!
Sauf que.
Galanthus melvillei le 26 janvier 2016
Cette année, ils ont commencé à fleurir en décembre/début janvier. Bon, OK. Mais ils n'étaient pas les seuls.
Seulement 3 fleurs cette année, mais je leur pardonne, car je les ai dédoublés l'an dernier pour en installer quelques-uns à d'autres endroits du jardin et faire plaisir à des amis.
Jusque là, rien que de très normal, me direz-vous. Sauf que, disais-je...
Il y a 10 jours, j'ai vu apparaître, dans le même sillage que deux des trois fleurs...une tige supplémentaire! Toute fine, mais qui a commencé elle aussi à monter, puis fait sa petite clochette comme une grande, mais en format réduit!
Germaine Tit'Goutte? ;o))
Drôle de spectacle: trois grosses fleurs bien hautes et bien dodues, et à l'étage en dessous, deux petits fleurs maigrichonnes et basses sur pattes!
Galanthus melvillei le 26 janvier 2016
Et depuis, je les surveille de près: les nouvelles arrivantes vont-elles se hausser du col et s'arrondir jusqu'à rattraper leurs ainées, ou resteront-elles de petites choses mi-naines, juste un écho, comme l'ombre portée de leurs grandes sœurs, sous le soleil? Suspense...

Ah, et puis aussi. Au nombre des nouvelles arrivantes parmi les Soeurs Galanthes, il y a une nouvelle famille: les Gross'Goutte.
Attention, ne pas confondre les Gross'Goutte avec les Gruss'Gott, ces autrichiennes à qui il faut dire bonjour à chaque fois qu'on les croise! ;o))
Galanthus elwesii 'Roger's Rough'
Pour l'instant, je n'ai encore vu venir qu'Anne, dans la famille Gross'Goutte. Très répandu, comme prénom, décidément, dans ces familles là. Sont pas bretonnes, pourtant! ;o)
Mais elle se pose un peu là! Regardez-moi ça! J'ai posé à côté d'elle un godet de nivalis, pourtant déjà haut sur pattes (je n'ai pas pu les enterrer aussi profond que je l'aurais voulu, le godet étant ce qu'il était...).
Eh bien, la Gross'Goutte arrive à la même hauteur que sa cousine, godet compris!
Quant à la taille des fleurs, ce n'est pas un effet d'optique! Dans la famille Gross'Goutte, on a aussi la Gross'Tête! Deux fois plus grande que celle de sa cousine!
Elle..enfin, lui, plutôt...(car c'est un mâle, si j'en crois son nom...et sa grosse "moustache"!) fait partie de la tribu des Galanthus elwesii. Anne, après tout, était autrefois un prénom masculin!
Son vrai petit nom, c'est Galanthus elwesii 'Roger's Rough'.
Mais...avez-vous remarqué?
Même s'il a la plus petite tête, c'est quand même le nivalis qui a la plus grosse.... capuche! (ont dit: le spathe). Comme quoi, chez les Gouttes comme chez les humains, faut pas toujours se fier aux apparences pour ce qui est de la taille des différentes, hum, pièces d'anatomie! ;o))
Galanthus nivalis                                             Galanthus elwesii 'Roger's Rough'

samedi 23 janvier 2016

Un iris pharaonique (Iris x robusta 'Gerald Darby')

J'imagine votre déception en découvrant la première photo.
"Pharaonique, ça? Bof! On dirait un quelconque sibirica..."
Pas très impressionnant, vu comme ça, je vous l'accorde!
D'avance, je vous demande indulgence plénière: j'ai peu de photos de ce pharaon-là, puisqu'il a fleuri dans mon jardin pour la première fois l'an dernier.  Et elles ne lui rendent pas totalement justice ...
Normal. Des photos de pharaons bien vivants, ça ne court pas les rues, reconnaissez-le!
Appelons-le, pour le moment, disons...Khépaka-Rê, pharaon peu connu de la 258ème dynastie, quelque part entre Toutankharton et Psoriasis III (il me semble ;o))...)
Il aime avoir les pieds dans l'eau, ou au moins au frais. Chez moi, il ne vit pas sur le Nil, mais Karêment dans l'étang. Dans l'eau, oui, oui!
L'eau-aux-iris, vous vous en doutiez! ;o))
Ne zappez pas le reste de ce petit billet hiéroglyphique pour autant! Il lui arrive de s'installer sur la terre ferme, j'en ai la preuve!
En fait, comme nombre de pharaons (il y en eut des grecs, des nubiens, des romains...), il n'est pas vraiment égyptien: c'est un Pied Noir américain!
D'après ce que j'ai lu, un croisement entre Iris versicolor et Iris virginiana, deux espèces américaines donc.
D'ailleurs il s'appelle Iris x robusta 'Gerald Darby', ce qui est nettement moins glamour que  Khépaka-Rê, franchement! ;o))
Vu ses origines, le froid ne lui fait pas peur, puisqu'il peut même être cultivé en zone 4! (en France, on ne descend pas en dessous de la zone 6). Rustique de chez Rustique.
Ami(e)s pyrénnéen(ne)s, alpin(e)s, lorrain(e)s, alsacien(ne)s  ou auvergnat(e)s, ce pharaon-là est pour vous!
Et si sa tête ne vous revient pas vraiment, ce n'est pas grave, car ce qui est le plus beau chez lui, ce sont ses gambettes!
 Quand il retire ses chaussettes, au printemps, il a vraiment les pieds "noirs". Ou plutôt, violet foncé très très sombre. C'est magnifique. Je n'ai pas pris de photos à ce moment là, et c'est bien dommage. Je tâcherai de réparer cette lacune ce printemps.
Les feuilles vont verdir par le haut, au fil des semaines, mais la base des feuilles garde toujours cette nuance de pourpre qui le rend si unique.
Plus le temps reste frais, plus la couleur violette est prononcée et durable, parait-il.
Puis en mai, ce sont les tiges florales qui émergent, elles aussi du plus beau des violets foncés!
Elles montent au moins à 80 cm, se ramifient de façon très élégante, avec souplesse je dirais...
Il fleurit Thôt, normal. Vers la mi-mai, dans la plupart des jardins. Mais je vous l'ai dit, il résiste parfaitement au froid!
J'en ai vu une touffe superbe, en pleine terre, couverte de fleurs, à 1100m d'altitude dans le Haut-Forez, début Juillet.
Dans une terre acide et bien fraîche qui faisait merveilleusement ressortir ses violets et ses bleus.
D'ailleurs, si vous avez des doutes, regardez plutôt cet article-là, bien plus sérieux que mes élucubrations  pharaoniques!
http://hayefield.com/2011/01/19/one-plant-three-seasons-iris-gerald-darby/
Seulement voilà.
L'année dernière, début mai, on s'est pris ici un coup de vent d'une rare violence, et mon pauvre pharaon a vacillé sur ses beaux pieds noirs, pour se retrouver couché dans l'eau, le malheureux.
Et il m'a fallu quelques jours pour penser à le redresser!
Trop tard... pressé de fleurir, il avait déjà amorcé un virage à 90°, pour garder la tête haute qui sied à son rang, j'imagine.
Et une fois les pieds redressés, contrarié de se retrouver à nouveau la tête à l'horizontale, rebelotte! Nouveau virage à 90°. C'est qu'il est têtu, le Khepakha-Rê!
Pas vraiment carré, plutôt bien arrondi, le virage, d'ailleurs.
Et voilà le résultat! Un petit côté "cou d'oie" ou "grèbe huppée en pleine parade nuptiale", du plus bel effet!
Et quand il a fleuri, c'était magique.
Dansant.
Rythmique.
Vous comprenez maintenant, le côté pharaonique de la chose?
Je me suis crue dans Asterix et Cléopâtre, hypnotisée comme César par une troupe de danseuses égyptiennes parfaitement synchronisées!
Au début de ce mois, en faisant un grand ménage dans les plantes aquatiques, j'en ai prélevé un petit bout, pour l'installer en pleine terre, dans une plate bande à mi-ombre (là où, parait-il, il fleurit le plus longtemps!), fraîche et bien ameublie.
J'espère qu'il s'y plaira, mon pharaon!
Reste à lui trouver des compagnes. Il parait que c'est le "chartreuse" qui le met le mieux en valeur... si vous avez des idées, je suis preneuse! ;o)
Sauf que. Même avec du vent, là, ça m'étonnerait qu'il se mette à danser, avec les sandales de glaise bien lourdes et solidement ancrées que je lui ai enfilées!
 Quant à la touffe de l'étang, du coup, je me demande....
Et si je la couchais, cette fois volontairement, début mai?...
La mettre à nu...bis?
Je veux dire: j'aimerais bien revoir mes jolies danseuses bleues, maintenant que je les ai vues!
Est-ce bien raisonnable, Zeph?.... Amon-avis, pas vraiment!

dimanche 10 janvier 2016

Aimez-vous les poires bien blanches? (Galanthus Diggory)

Ahhh une bonne poire bien blanche et bien mûre en plein cœur de l'hiver, quel régal, n'est-ce pas?
Quel rapport avec un percce-neige? Sa forme, bien sûr!
Dire qu'il y en a qui pensent encore que tous les perce-neige se  ressemblent! Pfff....
Celui-là est reconnaissable au premier coup d’œil, avec sa jupe bouffante en coton cloqué!
C'est sa toute première fleur "en vrai" dans mon jardin. Depuis le temps que je lorgnais dessus!
Il a été ma petite folie, mon petit cadeau d'étrennes de l'an dernier. Car oui, hélas, il est encore cher, ce petit nouveau! Mais je ne regrette pas un seul penny de mon achat!
Bon, ce n'est quand même pas l'une de ces nouveautés qui coûtent plusieurs centaines de livres sterling (oh oui! 500 ou 600 livres pour UN seul bulbe, ça ne les arrête pas, les galanthophiles d'outre-manche! Il n'y a pas que les romains, qui sont fous, n'est-ce pas Astérix? ;o)...)
Et depuis que je l'ai amoureusement planté en mars dernier, à mi-ombre, dans un endroit que je pourrai voir depuis ma fenêtre, je me le guette... je me le surveille...
A la mi-décembre, une fine pointe verte a enfin émergé de la terre et de sa couverture de broyat.
Depuis, je vais presque chaque jour voir s'il a grandi un peu!
Le 23 décembre, il a commencé à montrer un peu de sa jupe pointant vers le ciel. Tout le contraire de ces coquettes d'antan qui soulevaient délicatement le bout de leur robe, en bas, elles,  pour montrer, les coquines, un petit bout de cheville qui faisait se pâmer les messieurs...
Le 28, je n'y tenais déjà plus! Il avait fait faire la pirouette à sa  clochette, qui pendait désormais au bout d'une fine canne à pêche...mais le suspense restait entier! Jusque là, il ressemblait toujours à un perce-neige tout à fait classique!
Etait-ce bien un "vrai"? N'allais-je pas être déçue?
Eh bien non! En fait, il ménage ses effets..plus il vieillit, plus les pétales externes s'écartent et révèlent la très large tache verte qui recouvre presque entièrement les pétales internes...

Et mieux on voit l'effet "cloqué" de sa robe immaculée.
Il a vraiment une forme très harmonieuse; je trouve!
C'est un cultivar (ou peut-être un hybride...) d'une espèce que je ne connaissais pas jusqu'ici, Galanthus plicatus, le perce-neige de Crimée, originaire des bords de la mer noire et de la Turquie.
On l'appelle "plicatus" à cause de ses larges feuilles, légèrement plissées, et parcourues de bandes de différentes nuances de vert qui les strient sur toutes la longueur.
En fait, comme M. Jourdain et sa prose, je le connaissais sans le savoir, puisqu'il est l'un des parents de nombreux beaux hybrides (comme 'Sam Arnott'). C'est l'un des perce-neige qui ont les fleurs les plus grandes.
Il s'appelle 'Diggory', d'après le prénom du fils cadet de la dame qui l'a découvert, dans son jardin du Norfolk, en 1993.
Comme tous les plicatus, il préfère une exposition très lumineuse, mais qui ne devienne pas très sèche en été. L'ombre d'un arbuste caduc au feuillage léger lui va donc très bien! Chez moi, il est sous la protection d'un Neillia affinis en forme de parasol, qui étend ses fines branches à 50cm au dessus.
J'espère que cela lui conviendra!
On le dit lent à se créer une famille... (ce qui justifie probablement son prix encore élevé) mais il a déjà un beau bébé qui pousse ses petites feuilles à 1,5 cm de papa! J'en suis toute contente!!!!
Ces deux derniers jours, avec la pluie qui lui gâte un peu le teint, il a moins fière allure que sous le soleil de début janvier. Et il en pleure... Mais je lui pardonne bien volontiers: je préfère qu'il se consacre à élever son rejeton! ;o)
N'est il pas adorable, et tout à fait différent des perce-neige de nos bois? Je vous en montre un, juste à côté, pour que vous compariez!
Tiens, en parlant des perce-neige de nos bois, des béotiens sans aucun scrupule sont en train de déverser dans une jolie combe que je connais, des camions entiers de terre de remblai! Les Vandales! Avec l'amie Ghislaine, nous avons déjà sauvé la touffe la plus menacée. Six petits godets sont tout prêts à trouver un nouvel hébergement: je leur ai repéré une autre jolie combe de mon village, où, là, aucun camion ne pourra aller vomir son tas de détritus! E
Et suffisamment pentue pour que les promeneurs ne soient pas tentés d'aller les cueillir! Il faudra bien qu'on s'y mette à deux pour les planter sans se casser la margoulette!

L'installation se fera dans quelques semaines.
Pour le moment, je les laisse fleurir en sécurité dans un coin du jardin. Et la veille continue: une énorme touffe, de plus de 50cm de diamètre, risque elle aussi de se retrouver ensevelie si les déversements continuent. Pas question de la laisser disparaître...Si la menace se précise, nous irons aussi la chercher, non pas pour nos jardins, pas question! Mais pour les implanter dans d'autres petits bois de la région, où ils pourront se multiplier à loisir.
En attendant, je profite encore pour quelques jours de la beauté de ma petite poire bien blanche...
Alors, qu'en pensez-vous? N'est-elle pas à la fois craquante et fondante, ma petite poire, avec la larme dans laquelle elle se mire?
Noooon, ce n'est pas une larme d'eau de vie, mes petits gourmands! Enfin..si! ...L'eau, c'est la vie, d'accord (surtout l'eau ferrugineuse, c'est bien connu!)...mais l'alcool...non! Bref, vous voyez ce que je veux dire? ;o)