dimanche 18 juin 2017

Elles ont vraiment du charme, les nanas, au jardin!

On a toujours besoin d'une petite nana, au jardin...n'est-ce pas, les garçons? ;o))
(Ce ne sont certes pas les filles qui me contrediront!)
Et si je vous disais que, ce printemps, j'ai découvert dans une foire aux plantes...une "super-nana"? J'en vois déjà qui ont les yeux qui frétillent!
Et qu'elle ondule comme une vague..
Encore plus alléchant, non?
Une super-nana, donc...une petite sauge, en fait!
Bien rustique, si j'en crois son fan-club... (je n'ai pas encore pu vérifier, ceci dit!).
 Mais surtout, d'un bleu... mais d'un bleu... à faire pâlir de jalousie mes aconits napel!
Un vrai bleu roi profond, qui pour une fois, est assez bien rendu par l'appareil photo!
On dirait qu'elle brille, avec ces reflets qui descendent le long de ses pétales.
En fait, c'est qu'elle est bicolore, bleu et banc. Mais on prend facilement la double petite langue blanche de chaque fleur pour un glaçage qui ferait étinceler ses pétales au soleil..
Vue de loin, ça lui fait des petits yeux coquins!
Chaque tige porte des épis, disposés un peu comme sur une tige de lavande, terminés par une grappe de fleurs émergeant d'un bouton globuleux, qui n'est pas sans rappeler celui d'un origan, je trouve.
Quant à son feuillage, il est sombre et presque purpurescent, surtout au printemps.Et  tout gaufré, presque velouté.
Oh, elle n'est pas bien haute! C'est juste une petite nana, quoi!
Dans les 30 ou 40 cm.
Même si je me suis laissé dire qu'elle pouvait aller plus haut, si on ne la pince pas dans la partie charnue et intime de son individu... (ses tiges, je veux dire, vous aurez tous compris!).
Mais qui oserait pincer une petite nana, non mais! ;o))
Son petit nom complet c'est Salvia nana 'Curling Waves'..les "vagues qui ondulent". Je n'ai pas très bien compris pourquoi, d'ailleurs.
Certes, elles étale ses tiges tout autour d'elle avant de redresser fièrement ses chandelles bleues, mais au point de les traiter de "vagues ondulantes", tout de même... c'est un peu exagéré!
L'autre truc sympa, avec cette petite nana, c'est qu'elle vous en met plein la vue tout l'été, d'après ce que j'ai lu!
Et qu'elle ne craint pas le sec, aussi!
A ranger au rayon des geranium type Rozanne, erigeron karvinskianus et autres gauras, donc. Pas si mal, pour une petite nana!
Et si vous êtes fana des potées, elle aussi, figurez-vous!
Tout pour plaire, je vous dis!
Et même, si vous êtes un (ou une) incorigible"florophage", les fleurs peuvent décorer la salade, puisqu'elles sont comestibles!
Elle est à croquer, je vous assure, cette petite nana! ;o))
C'est peut-être ma découverte préférée cette année! La connaissez-vous?
Il y a juste un truc qui m'inquiète...
Avec les nanas, on n'est jamais sûr...
Tiendra-t-elle ses promesses, cette super-nana, une fois la lune de miel de la première année passée? ;o)


vendredi 12 mai 2017

Une pulpeuse bulbeuse qui aime faire la grasse matinée!

Ce n'est  pas toujours le cas, mais cette petite bulbeuse a vraiment un nom bien choisi: Scilla litardieri, puisque dans litadieri, il y a ... "lit"... et aussi ... "tard" !
Quoi de plus normal donc que cette belle bleue aime se réveiller après tous les membres de sa famille ou presque (Scilla peruviana étant aussi une lève-tard!),  et paresser longtemps au soleil du printemps?
Elle  ne daigne montrer  le bout de ses frisettes qu'en mai, et encore...
Quand le printemps est trop frais, elle attend même la fin mai, voire le début Juin si elle n'a pas fini sa nuit... de 11 mois!
Son bleu est vraiment ravissant.
Selon les années, elle peut être plus bleu ciel, voire améthyste (on l'a d'ailleurs appelée parfois Scilla amethystina) ou parfois bleu plus soutenu, comme cette année.
Selon les années aussi, elle commence par pousser ses jolies tiges bleutées à toute vitesse, jusqu'à un bon 15 cm de haut, et ses feuilles ont bien du mal à les rattraper!
D'autres fois, elle prend tout son temps pour les sortir ensemble, et les fleurs se retrouvent disséminées dans un beau bouquet de feuilles fines un peu plus hautes qu'elles, à  la façon d'un muguet bleu, en somme!
Au début de sa floraison, les grappes sont franchement coniques.
Puis, au fur et à mesure de l'épanouissement des fleurettes individuelles, elle prend une forme de cierge...
... avant de se retrouver un peu déplumée, mais toujours bien bleue, avec des dizaines de petites capsules étagées en haut de ses tiges.
Elle reste  toujours gracieuse!
Elle a d'ailleurs reçu le prestigieux "AGM" anglais (Award of Garden Merit) dès 2004!
C'est une beauté originaire des Balkans, qui aime les jardins tempérés, ni trop chauds, ni trop froids, entre les zones 6 et 8.
Donc chers côte-d-azuriens, passez votre chemin (pour une fois)!
Et.... elle aime le calcaire!!!
Oui, oui! Chers amis désespérés du rhodo, de l'azalée ou du trillium, la belle  bleue est pour vous! ;o))
Elle ne craint pas non plus la sécheresse estivale, puisqu'elle a le bon goût de se rendormir en douceur au bout d'un mois de délicieuse"bleuitude".
Elle se multiplie très gentiment, formant de belles touffes drues et appétissantes..
Car elle est haute et bien présente, pour une scille!
Je crois que je vais en ajouter plein de petits îlots dans les 2 massifs où elles sont déjà implantées. Elles prendront ainsi  le relais des hauts Camassia bleus qui s'éteignent doucement quand elles apparaissent à leur tour. En plus, on les trouve facilement, et elles ne ruineront pas vos porte-monnaie si vous les adoptez!
Imprime bien ça dans ta petite tête, Zeph: il n'y a pas toujours besoin de chercher des raretés pour avoir de très jolies petites choses dans son jardin!.... dit la fouineuse compulsive de pépinière ;o))

vendredi 5 mai 2017

Le Chèvrefeuille de l'Amour (Lonicera maackii)


Non, ce n'est pas le titre d'un roman à l'eau de rose, rassurez-vous.
C'est un arbre. Mais c'est un discret. On n'en parle quasiment jamais!
Et pourtant, je lui trouve tant de qualités!
Je l'ai adopté voici 4 ans maintenant, à la suggestion de notre maître-es-arbres local, Maître Bessard.
Je cherchais un petit arbre ou un grand arbuste :
- qui prenne une jolie forme en parasol évasé,
- qui fasse un peu d'ombre, mais pas trop, à une série de plantes de sous-bois qui s'ennuyaient dans le coin-nursery depuis déjà bien trop longtemps . C'est hélas un de mes gros défauts, je l'avoue: je craque, mais ensuite...où les mettre???? Du coup, les pauvres plantounes végètent dans leur pot de misère pendant des périodes inavouables ;o).....
- et qui  ne fasse pas trop de racines voraces, au risque de trucider par étouffement ceux qu'il était censé protéger!
Il y avait bien les Cercis, mais j'en avais déjà deux.. Certains prunus (sauf que leurs racines ne répondent pas du tout au troisième critère!...) ou des malus, mais le jardin en compte déjà beaucoup....que faire?
Quant à ce grand dadais d'Heptacodium j'my-connais-ïdes, celui qu'on vous montre immédiatement en bombant le torse avec fierté dès qu'on pénètre dans le moindre jardin-à-visiter, pas question!!! ;o)
La suggestion du Chevrefeuille m'a d'abord rebutée. Les chèvrefeuilles arbustifs que je connais, les parfumés de fin d'hiver genre Lonicera fragrantissima et consorts, certes ils embaument, mais quels grands fouillis ils vous font! Des grandes cannes ingérables, des ramifications dans tous les sens, non, décidément, un chèvrefeuille, ça ne correspondait pas vraiment à ce que j'attendais!
Il a fallu que j'aille le voir pour commencer à me dire que, finalement... il pourrait peut-être bien faire mon affaire!
C'est qu'il forme vraiment un parasol naturel, celui-là! Tenez, regardez la photo prise à  la plantation: sa charpente est parfaite! Un vrai bouquet!
Le seul "reproche"qu'on  pourrait lui faire, et encore, c'est qu'il est très difficile d'en trouver un petit sujet! Pourquoi? Parce qu'il pousse très vite! Du coup, en pépinière, on ne trouve que des sujets déjà grandets! Mais par contre.. il ne vous ruinera pas le portefeuille! Tout bénef!
C'est peut-être pour ces deux raisons qu'on  ne le trouve pas souvent, d'ailleurs! Trop facile! o)
Il atteint rapidement sa hauteur adulte, environ 3 m, et s'étale sur au moins l'équivalent, plutôt 4 m je dirais. Par-fait pour mon petit projet!
Et son feuillage est dense, mais pas occultant, si vous voyez ce que je veux dire. Il reste léger, les rayons de soleil jouent à travers ses feuilles, créant une ombre claire propice à toutes mes petites plantes de sous-bois: fougères, Tricyrtis, sceaux-de-salomon (encore eux), Kirengeshoma et autres petits galanthus et bulbes de printemps.
Côté soif, c'est un vrai chameau. Je dirais même qu'il en laisse volontiers pour les copines de l'étage en dessous. Sympa, voire galant, l'Amoureux en question, non?
Car c'est un extrême-oriental, vous vous en doutez, puisqu'il vient de la région du fleuve Amour. Rustique en diable, du coup.
Et je ne vous ai pas encore tout dit!
Sa floraison, en mai-juin, est ravissante, même si, comme lui, elle reste assez discrète: elle commence par une avalanche de petits cierges dressés, groupés par trois ou quatre à l'aisselle des feuilles, avant d'ouvrir des fleurs... de chèvrefeuille, reconnaissables immédiatement.
D'abord blanches, puis éclaboussées d'étamines jaunes et lavées d'un soupçon de rose, elles sentent ma foi fort bon si on les approche de près.
écorce avant intervention des chats
Oh, il ne va pas vous embaumer le jardin à 10 m, non, mais on retrouve, en levant le nez vers lui, les suaves effluves de sa famille.
Les fleurs sont assez petites,  mais hyper nombreuses, tout le long des branches. Du coup, pendant un bon mois, les dites branches ploient un peu sous le poids des fleurs, ce qui rend le parasol encore plus protecteur pour leurs voisines de pied.
Et pour les amateurs, je signale aussi qu'il offre une écorce crevassée, presque en lanières. Il faut dire que mes chats l'aident un peu: ils adorent la lacérer! Je suis sûre qu'ils sont convaincus que je l'ai planté exprès pour eux!
écorce après intervention des chats
Sauf que mon Amoureux, bon prince, s'en fiche comme de sa première petite paire de folioles..(et qu'il protège ainsi, toujours aussi galant, les troncs des autres arbres du jardin qui n'apprécient généralement pas ce genre de petits câlins toutes griffes dehors! ;o) )
Il a aussi de jolis petits fruits rouges, à l'automne, que les oiseaux adorent. On dit qu'il peut se ressemer facilement, mais honnêtement, je n'ai jamais repéré le moindre semis, ici...
Pour les maniaques du sécateur, côté taille, aucun souci! Certains l'utilisent même en haie, et le taillent à tout va et en toute saison!
Il vaut quand même mieux le faire après la floraison si ça vous démange, mais franchement, ce n'est vraiment pas nécessaire: juste pour supprimer une ou deux branches au pied pour accentuer sa jolie structure au départ, peut-être.. ou supprimer une baleine du parasol qui vous chatouille les cheveux d'un peu trop près, et encore... ce n'est pas désagréable, de se faire caresser la tête par un pareil Amoureux! ;o)
C'est vrai, j'ai oublié de vous donner son petit nom: Lonicera maackii..
Alors si vous avez besoin, comme moi, d'un joli parasol pour vos belles qui craignent le soleil, offrez-leur un bel Amoureux! D'ailleurs, dans le langage des fleurs, le chèvrefeuille symbolise l'amitié et la gentillesse naturelle... comme ça lui va bien, vous ne trouvez pas?

lundi 24 avril 2017

Des sceaux...à la pelle ! (Polygonatum multiflorum 'Ramosissima')

Certes, c'est un peu tôt (et un peu frisquet) pour aller à  la plage, mais je persiste, c'est la saison des sceaux, ne vous en déplaise! 
Qui n'a pas son p'tit sceau?
Tenez, par exemple, j'en ai plusieurs, dont un très joli sceau bleu
,  et même un petit sceau miniature. Entre autres!
Bien sûr, vous les avez tous reconnus, ce sont des "Sceaux de Salomon", alias des Polygonatum. 
Savez-vous pourquoi  on les appelle comme ça?

Parce que quelqu'un, un jour, a constaté que lorsqu'une tige de Polygonatum se fane, elle disparaît en laissant sur le rhizome souterrain une marque en forme d'anneau, deux ronds concentriques qui ressembleraient parait-il au mythique sceau du roi Salomon. 

Faut être un grand mystique et/ou un grand déterreur de rhizomes devant l'éternel, pour avoir remarqué la chose, tout de même!
Mais les "sceaux-s'y-sont" habitués...;o))

Certains les craignent, les trouvant envahissants. Mais pas tous, en tous cas pas chez moi! 
Leur voisine est une petite plante fragile? Les "sceaux -l'y-laissent", quitte à passer discrètement par en dessous pour aller voir plus loin s'il n'y aurait pas une petite place pour eux.
J'aurais pu penser qu'ils allaient tiquer à cause des racines voraces de la haie voisine? Pfff.... Mes "sceaux-rient" , comme disent nos amis british!
Bon, il y a probablement des exceptions, je vous l'accorde. 
Le classique sceau de Salomon de nos forêts, Polygonatum multiflorum, peut faire partie des plantes volontaristes quand  il se plait quelque part. Dans ma terre argileuse et compacte, on ne peut pas dire qu'il galope...
Pourtant, la plante dont je voulais vous parler aujourd'hui en est une variante, et  ne semble vraiment pas, au bout de 4 ans, avoir décidé d'envahir la place. Elle est pourtant vigoureuse, mais ne s'étend que lentement (et on peut toujours la limiter facilement en coupant les rhizomes).
Elle n'a été découverte qu'en 1980, par un jardinier du Jardin botanique de Gand, en Belgique, au cours d'une promenade le long d'un canal flamand!
Polygonatum humile
On dit qu'elle peut monter à 1 m de haut, comme son frère d'origine, mais ici je n'en ai jamais vu ayant des tiges de plus de 50 cm de haut, mettons 60 cm les bonnes années.
Sa particularité? Ses tiges, au lieu d'être droites et solitaires, sont ramifiées! 
Normal, puisqu'elle s'appelle: 
Polygonatum multiflorum 'Ramosissima'
un des Variegatum
(Pourquoi ce "a" au bout, ça... mystère! ;o)...)
Du coup, elle forme des volutes, histoire de bien s'étaler dans toutes les directions, et on ne retrouve pas vraiment, de prime abord, cet alignement de paires de feuilles si caractéristique de ses frères sauvages. 
Ses fleurs sont petites, et se cachent volontiers dans l'abondance des feuilles. Pourtant, cette masse opulente de feuillages vert tendre, ce petit fouillis bien vert, a quelque chose d'attirant au regard.
C'est peut-être le plus original de la famille, avec le beau 'Betberg' bleu...
P. falcatum 'Tiger Stripes'
Il a aussi plusieurs cousins, au jardin! Tous se plaisent à l'ombre des caducs, et dans une terre qui ne sèche pas suffisamment l'été au point de risquer de ratatiner ses gros rhizomes, de la taille d'une belle asperge. Ah... j'oubliais: plus ils sont à l'ombre, moins ils galopent. Si vous leur laissez voir le soleil quelques heures, ils se sentent des ailes... donc il faut les mettre dans le fond,-sceaux-au-nord, qu'on se le dise! ;o)
P. odoratum 'Fireworks'
Parmi les jolis cousins, le sceau miniature que j'évoquais plus haut, c'est Polygonatum humile, pas plus de 10 cm de haut ici,  trop petit pour baisser la tête comme ses grands frères,  et qui forme une ravissante petite colonie bien sage, au garde-à-vous, paires de feuilles bien alignées, et où les fleurs, cette fois, sont bien visibles!
Il y a aussi des panachés vert et blanc, chez plusieurs espèces: odoratum, biflorum,  falcatum...  affublés du petit nom de 'Variegatum'. J'avoue avoir du mal à les différencier, et même, pour vous dire le fond de ma pensée, je ne suis pas certaine que les noms d'espèce affichés sur les étiquettes des pépiniéristes soient vraiment les bons... ça m'a l'air assez confus, c't'affaire...Si quelqu'un dans l'assistance pouvait éclairer ma lanterne, je lui en serais très reconnaissante, d'ailleurs!
Et puis, il y a aussi  les rayés, comme Polygonatum falcatum 'Tiger Stripes', assez poussif chez moi.. ce qui n'est pas le cas du plus lumineux de tous (je trouve), le beau Polygonatum odoratum 'Fireworks' (= Feu d'Artifice)!
Planté à  l'ombre d'une haie d'Osmanthes au feuillage bien sombre, il illumine la plate-bande à lui tout seul!
A propos des 'odoratum', il y a sûrement des nez plus fins que le mien, car j'avoue ne jamais avoir senti grand chose, même à quatre pattes et le nez dans leurs corolles!
Il y en a encore bien d'autres, mais il me semblait que ce petit ramassis de sceaux pourrait vous donner des idées?
Bon, j'arrête mes sceaux-tises pour aujourd'hui...avec tous ces sceaux à la pelle, je finirais peut-être par me prendre un râteau, si j'insistais... ;o))
Ô sceau, le mio...

P. odoratum 'Fireworks'

vendredi 14 avril 2017

Une héroïne shakespearienne au jardin (Epimedium Ophelia)

"Ô pâle Ophelia! Belle comme la neige!"
Je ne vais vous réciter ni du Rimbaud ni du Shakespeare, rassurez-vous! ;o)
D’autant que l'histoire d'Ophelia n'est pas particulièrement gaie...:o(
Quel dommage,d'ailleurs, d'avoir donné ce nom pleurnichard, triste et mourant à une si belle plante!
Les Epimedium, vous connaissez tous.
Il y a les costauds de chez Costo ('Frohnleiten',  par exemple), les petites natures (la plupart des grandiflorum, chez moi!), et tous les intermédiaires possibles.
Il y a les mini-mini (comme  le pauciflorum, qui ne dépasse pas les 10 cm ici!), et les forces de la nature, comme 'The Giant', qui peut, parait-il dépasser les 2 mètres de hauteur!
Ceux qui arborent des grappes de toutes petits fleurs microscopiques (comme Epimedium borealiguizhouense), et ceux à très grandes fleurs comme les grandiflorum bien nommés (mais chochottes chez moi, hélas).
Les bien sages (parfois trop à mon goût!), qui restent en touffe (E. fargesii par exemple, ou l'incroyable 'William Stearn', qui fleurit tout l'été ou presque), et les tapissants (E. alpinum et consorts)...
'Ophelia', c'est l'un des Epimedium de Thierry Delabroye. Une référence...
Elle est issue d'une espèce découverte il n'y a pas très longtemps, en Chine et au Japon: Epimedium latisepalum ("aux larges sépales").
Une belle et grande plante (environ 50 cm de haut).
De grandes  et longues feuilles persistantes, toutes marbrées dans leur jeune âge.
Et de grandes fleurs blanches à cœur crème à jaune pâle.
On aurait pu s'en tenir là! D'ailleurs, on trouve l'espèce-type chez un certain nombre de pépiniéristes.
Seulement voilà... on ne vous dit pas tout quand on vous vante ses mérites!
J'aime beaucoup les plantes dites "botaniques", les espèces, simplement semées à partir d'une plante trouvée dans la nature. Ce sont généralement les seules à être fidèles de semis, d'ailleurs.
Mais.... des fois, un petit coup de pouce de nos horticulteurs ne fait pas de mal!
Car Epimedium latisepalum a un petit défaut: il fait des tiges florales trop fines pour supporter le poids de ses immenses grappes de grosses fleurs..et du coup, il a un-peu-beaucoup tendance à faire la courbette, et à étaler ses jolis petits bonnets blancs sur la  moquette dès leur réveil. C'est bien joli, de faire tout le temps la révérence, mais dans le cas d'espèce (si j'ose dire!) , elle n'est pas très classieuse, la courbette, surtout quand il pleut! Et que les fleurs se retrouvent plus marronnasses qu'une rose d'Albéric Barbier en fin de floraison...Pouah...

Alors Me Delabroye a savamment joué les marieurs (et les tripoteurs de pistil!) pour résoudre le problème.
Comment s'y est-il pris?
Avec quel autre fleur des elfes a-t-il comploté pour avoir des rejetons un peu moins serviles?
Mystère, mais le résultat est là: le bébé a gardé toutes les qualités de la maman, mais il a des gambettes en acier plutôt qu'en guimauve!  Surtout au début de la floraison.
Après, ça dépend un peu de la météo... ou du jardinier...
J'ai dû y aller un peu fort, avec mes grosses pattes pleines de doigts et mon gros tuyau jaune, il y a quelques jours..
Du coup, certaines tiges n'ont pas vraiment apprécié.
Mais on voit encore que celles que j'ai épargnées sont toujours solides au poste, faisant un petit pow-wow avec les fleurs du Viburnum plicatum 'Shasta', en grande préparation pour son show de printemps...
Vous pouvez me croire sur parole: 'Ophelia' a un port de reine, elle sait se tenir, en bonne princesse qu'elle est! ;o)
Je résume: un grand epimedium, dans tous les sens du terme:
Beau volume, belles et grandes feuilles marbrées dans leur jeunesse, très nombreuses grappes de grosses fleurs blanches et crème, et un tempérament plein de bonne volonté:
J'ai été surprise de sa vitesse de croissance... elle n'est au jardin que depuis 2 ans, et elle a déjà une belle présence! Certains autres, par contre, ont mis plus de 4 ou 5 ans pour ressembler à quelque chose, dans mon argile compacte!
J'ai lu quelque part que Maman latisepalum préférait (voire "exigeait"!) une terre acide...
Ah bon... Est-ce le mystérieux papa qui a appris les bonnes manières à sa descendance? Ou une preuve de plus que les plantes ne savent pas lire? ;o)
Je vous laisse le soin d'en décider, car la belle 'Ophelia' semble heureuse ici, et pas décidée du tout à finir noyée au milieu des autres fleurs comme le voudrait la tradition shakesperienne!
Si vous la croisez, n'hésitez pas à l'adopter!
Et chez vous, quel est l'Epimedium qui tient la vedette, en ce  moment? Racontez moi tout, dit l'insatiable curieuse...;o))

mercredi 29 mars 2017

Préférez-vous les orchidées ou les papillons? (Narcissus 'Cassata')

"Houla... mais qu'est-ce qu'elle nous fait, la zeph? Une jaunisse???"
;o))
Je vous entends d'ici!
Du ...JAUNE!!! Chez Zeph?
Oui,  oui, c'est bien connu, je suis gravement atteinte de "pissenlito-phobie" à un stade avancé. C'est toujours vrai...et incurable, j'en ai peur...
(Pardon pour ce néologisme, la maladie n'étant pas reconnue par la sécurité sociale, il n'existe pas de nom officiel, et donc pas de traitement, hélas...;o))...)
Et pour être jaune, il est bel et bien jaune, ce narcisse-là, me direz-vous! Que fait-il donc là???
Eh bien... il faut croire qu'il y a des exceptions... j'ai même une belle touffe de doronics, pour tout vous dire (mais là, c'est sentimental, ils viennent de chez ma maman...)
Ceci dit, il  y a des limites, tout de même!
Jaune de chez jaune, oui...mais pas longtemps!
Il suffit d'attendre quelques jours, même pas une semaine. Et de porter des lunettes de soleil à chaque promenade au jardin, pour éviter la crise aiguë!
Regardez donc plus bas! Une semaine plus tard, exactement.
Quelle métamorphose!!! Aurait-il plu de l'eau de javel???
Mais voilà qui est bien mieux, très bien même!!!
Un doux camaïeu de blanc, de crème et de jaune beurre, quel plaisir pour les yeux, cette fois!
Vous le connaissez sûrement, ce narcisse-là, il n'a rien de rare, je pense.
Pourtant, il a fallu toute  la générosité et la douce  insistance d'une amie (un brin têtue, mais à bon escient uniquement!) pour me convaincre de planter ce narcisse à la forme originale.
On l'appelle 'Cassata', et il serait un représentant d'une famille aux noms aussi divers que variés.
Imaginez qu'on vous demande: "Préférez-vous une chèvre ou un balai? Un crayon ou une carotte? Le bleu ciel ou des chaussettes?" Pratique, pour répondre n'est-ce-pas? ;o)
Eh bien là, c'est pareil...
Sont-ce des "narcisses-papillon"? Des "narcisses à fleurs d'orchidée"? Des narcisses "split corona" (à couronne éclatée)... c'est au choix, à vot'bon coeur m'sieur-dame!
Personnellement, j'aurais une légère préférence pour "narcisses-papillon". Pourquoi? Parce qu'ils sont aussi parfumés qu'un lépidoptère, hélas! ;o)
En tous cas, une fois leur jaunisse en voie de guérison, ils sont vraiment originaux et très gracieux, je trouve, avec leurs froufrous!
Délicieux aussi en bouquet, parait-il.
Bon...certes, ils ne feront jamais concurrence, dans mon cœur, à mes petits narcisses blancs ou aux jaune pâle aux pétales récurvés, mais... ils sont les bienvenus!
Au point que je me demande si je n'en mettrais pas un ou deux autres, des papillons-orchidées!
En cultivez-vous? Lesquels me recommanderiez-vous? Des pas-trop-jaunes de préférence, évidemment!
J'en ai repéré un, qui s'appelle 'Lemon Beauty', original lui aussi avec son étoile d'or sur fond blanc...(regardez ici...Narcissus 'Lemon Beauty')
Mais est-il flashy, en groupe, ou au contraire, juste éclairé de quelques étoiles discrètes? Qui le connait?
Y en a-t-il quelque autre que vous le conseilleriez?
Et comment les appelez-vous, vous? Orchidées ou Papillons????
"Sur la terre, abandonnés,
Papillons et orchidées
Qui l'eût cru déplorent l'arrivée de l'été,
Et du coup vont s'en aller...."

mardi 14 mars 2017

Plus fort que l'hirondelle....(Prunus 'Okame')

L'arrivée du printemps... quel jardinier n'en rêve?
Imaginez...tout le petit peuple des gratte-cailloux, scrutant religieusement le ciel de son jardin tous les matins, à la recherche de la première hirondelle et de sa queue de poisson si caractéristique.
Ils sont là, tous au garde-à-vous. Menton relevé. Nez au vent. Transplantoir dans une main et binette dans l'autre... c'est l'attente fiévreuse "du" signal...
Ah  le joli spectacle de têtes-en-l'air! ;o))
Et enfin, un beau jour, elle est là! La première hirondelle! Toutes les portes s'ouvrent, et les voilà qui foncent ...
Enfin! Gratter! Planter! Désherber! Tailler! ...tout son saoûl! Ahhhh...ça fait du bien! ;o))
Eh bien, je vous le dit tout net: il y a moyen de faire mieux, sans sortir de sa maison, et sans attrapper de torticolis. Et avec une bonne semaine d'avance, en plus!
Traditionnellement, les  hirondelles sont censées arriver dans les environs du 20 au 25 Mars, pour l'équinoxe de printemps.
Mon petit déclencheur-de-printemps, lui, a généralement une bonne dizaine de jours d'avance sur les zoziaux. Disons...grosso-modo, la deuxième semaine de Mars, entre le 10 et le 15.
Mais, comme les hirondelles, il connait sa météo!
Certaines années, il commence plus tôt, dès le 1er ou le 2 mars.. d'autres années, il attendra patiemment le 15, voire le 18!
Seulement, lui, d'abord, il ne bouge pas. Inutile de se tordre le cou pour l'apercevoir!
Et puis, il est à la hauteur des yeux, pas besoin de rester le nez en l'air.
Et puis, on ne peut pas le manquer, dans sa belle robe rose!

L'hirondelle, finalement, c'est très surfait. ;o)

Qui est-ce? Un Prunus, bien sûr. Parmi sa dizaine de congénères, il est toujours le tout premier à fleurir dans mon jardin! (si l'on excepte le subhirtella autumnalis, qui n'en fait qu'à sa tête entre novembre et avril! Pas fiable, ce Prunus-là, je vous le dis tout net!)
Il s'appelle 'Okame'.
Et son nom est associé à une jolie histoire, en plus...Tiens, c'est vrai, avec un petit effort, il pourrait se mettre à fleurir pour la Journée de la Femme, ce serait l'idéal! ;o))
(Allez voir, sur cette page, ce qui lui aurait valu son nom: la légende d'Okame)
"Okame" signifierait donc : "masque de jolie fille japonaise", mais il ne date pas du 12ème siècle, et  ne vient même pas de l'empire du Soleil Levant!
Il a été obtenu par un anglais, dans les années 1940, en croisant un Prunus incisa (celui de Kojo-no-mai), bien connu et bien rustique, et un Prunus campanulata, bien plus frileux (dès qu'on descend en dessous de -5°, il se fait Seppuku, parait-il!).
Et pour notre plus grand bonheur, le bébé a gardé le meilleur de chacun de ses parents! La rusticité de l'un, la beauté campanulée et la précocité de l'autre.
Bon. Je n'ai pas dit qu'il n'avait QUE des qualités, faut pas rêver, tout de même. Mais il en a beaucoup.
Très précoce, donc. Bien rustique. Jolie couleur et jolies fleurs, légèrement parfumées. J'ai bien dit :légèrement. Inutile de vous dilater  les narines à 5 mètres. Faudra mettre le bout de votre petit nez en plein coeur de ses campanules pour le humer.
Ah. Et puis, de jolies couleurs d'automne, mordorées à souhait. Bon... C'est assez fugace, comme pour tous les Prunus, mais tout de même...il participe!
Autre avantage pour nos petits jardins, il n'est pas très haut. Le mien culmine à 1,60m au bout d'une bonne douzaine d'années, mais il a quelques excuses, dans mon argile bien compacte. On doit pouvoir le trouver greffé sur tige, si on le préfère plus haut perché.
Le seul "défaut" que je lui trouve vraiment, c'est sa charpente. Il n'a pas un très joli port, le mien, et je ne suis jamais arrivée à lui redonner une structure harmonieuse par la taille ("en vert", la taille, siouplé, comme pour tous ses congénères!).
Ca ne veut pas dire qu'il faut y renoncer pour ça! Non, ça veut simplement dire qu'il ne faut pas faire comme moi, c'est-à-dire acheter le premier Okame venu. Il faut le choisir très, très soigneusement, et ne l'adopter que s'il a déjà un port bien équilibré dès son jeune âge.. Tant qu'à faire d'adopter, vaut mieux s'offir un beau bébé qu'un avorton, quoi! ;o)
Mais un beau petit prunus rose en fleurs début ou mi-mars, sur un tapis de bruyères et d'hellébores, ça vaut quand même mieux qu'un zoziau speed qui vous donne le torticolis, non?
O...kame...O... kame, kame blue, O kame blue....
Euh... je confonds peut-être, là... ce sont les hormones sûrement! ;o)))...
Beau printemps à tous!