lundi 9 octobre 2017

Carpe florem !

Un peu de philosophie de jardin, aujourd'hui, ça vous dit?
(c'est déjà mieux que la philosophie de cuisine, et ça ne fait pas grossir! ;o))...)
Non pas que je sois très encline à faire la philosophe comme les poules, je vous assure!
Mais c'est venu tout seul, en découvrant un matin qu'un joli bébé avait vu le jour, en cachette, dans un coin un peu négligé du  jardin, près du portail.
L'effet "bébé" chez les dames, vous connaissez?
L'inévitable " Oh qu'il est mignon!", "Areu-areu", etc, etc.
Pareil avec les bébés-fleurs.
Pas pu aller plus loin.
Trop mignon. Areu-areu.
Vu les photos de cet article, vous vous en doutez, c'est d'un bébé-aster qu'il s'agit!
Un bébé-aster de 35 cm de haut, pas plus, et couronné en son sommet d'une incroyable et très grande fleur aux nombreux et longs ligules, comme un bébé aux yeux dorés bordés de cils immenses...
Et une pâleur magnifique, presque blanche, juste un peu argentée. Je craaaaque!
Direction la maison, vite, il ne faudrait pas oublier de lui faire son album de naissance, à ce pitchou! Et clic et clic, la mitraillette entre en action.
le Pitchou et Aster laevis
Reste à lui donner un nom, à ce nouveau-né... (eh, faut bien donner un nom à ses photos pour s'y retrouver!).
Là, j'hésite.... 'Silver Star'? Ca fait très nom-de-poulain-américain, ça, non?
'Etoile des Neiges', peut-être... mais en version rock'n roll, alors. Ça fait plus d'jeun'ss, et ça me rappellera des souvenirs acrbatiques! ;o)).
Qu'en pensez-vous?
Le voilà donc né, mitraillé, baptisé.
La pression retombe, la curiosité, elle, refait surface. Mais d'où sort-il???
Il est juste à côté d'un des asters les plus élégants du jardin, Aster laevis. Vous le connaissez sûrement, soit directement soit par des sélections comme 'Calliope' ou 'Arcturus'.
C'est vrai qu'il y a comme un air de famille du côté des feuilles... mais pas du côté des fleurs. Du tout. Aster laevis se caractérise par sa légèreté et ses immenses tiges pourpres et sombres, ornées de lâches panicules de fleurs de taille moyenne, d'un bleu lavande azuré, et gracieusement arquées.
Etoile des Neiges-pa-pomm, pa-pomm ?
Rien à voir avec la raideur (par ailleurs appréciée!) de ce beau bébé bien droit et court sur pattes!
Pourtant, j'ai trouvé au fil des ans, quelques semis naturel d'Aster laevis. Juste quelques uns, pas d'envahissement, rassurez-vous. Et ils étaient tous bleu lavande, avec des tiges plus ou moins sombres.
Alors... de qui est cet enfant naturel lâchement abandonné sans papiers d'identité????
Un doute me vient.
Je ne sais pas si je vous en avais parlé, de l'aster Gris-Gris-du-Garage-de-la-Gare-de-Bourgoin? Aaarfff... Encore une histoire où mon bon cœur n'a pas vraiment été récompensé!
Je vous la fais (relativement) courte: il y a 10 ans environ, imaginez un terrain abandonné après passage des bulldozers, là où deux ans auparavant, trônait un vieux garage automobile.
Juste sur le trajet entre la gare (de Bourgoin), et le parking des travailleurs banlieusards.
Je passais donc devant deux fois par jour.
le fameux Gis-Gris-du-Garage-de-la-Gare de Bourgoin
Et cet automne-là, un brave petit aster (ou plutôt, un brave GRAND aster!), solitaire et malheureux, tentait fièrement de fleurir malgré tout, au beau milieu des ronces et des gravats. Tout droit, tout seul, d'une jolie couleur... entre le blanc, le bleu clair et le gris pâle, il hissait de son mieux ses (petites) fleurs tout en haut de son mètre 20. Avouez que c'était trop triste!
Au bout de quelques jours, je n'y tenais plus. Un soir, j'ai franchi la clôture-interdite du chantier-qui-n'existait-pas, et hop! Un de sauvé.
ou Silver Star ?
Replanté au jardin, et partagé avec une amie tout aussi compatissante, attendrie elle aussi par sa couleur inhabituelle. Ah ouiche.
Si chez moi il est resté assez sage (faut dire que je l'avais soigneusement encadré dans un pot-sans-fond), chez la copine, par contre, euh... il a pris ses aises, voyez? ;o)) Elle m'en reparle encore, du "gris-gris-du-garage-de-la-gare-de-Bourgoin", avec un drôle de petit regard en coin, quand on évoque quelque envahisseur à éviter soigneusement! ;o))
Il faut reconnaître que côté couleur, il y a comme un air de famille, non? Mais ni pour les feuilles, ni pour la taille des fleurs.
Tout ça pour vous dire que j'hésite à e réjouir de cette naissance inattendue.
Vous vous y connaissez, en bébé-asters, vous? S'ils font 35 cm de haut la première année, n'est-ce pas juste pour nous attendrir (on craque toutes, devant les bébés!), quitte à se transformer ensuite en ados terribles,façon grandes perches dégingandées d'un bon mètre cinquante????
Peut-on se fier à sa petite taille actuelle? Elle me plait bien, moi, cette taille-là!
Vous allez me dire qu'il suffit d'attendre un an pour le savoir... Vous attendez toujours sagement sans essayer de savoir, vous?
Essaie d’être zen, Zeph. Profite aujourd'hui de ce joli petit bébé attendrissant, et arrête de tirer des plans sur la comète, tu veux?
Après tout, à Chaumont, tu as bien vu des jardins éphémères, d'une esthétique très réussie, mais impossibles à conserver plus d'un an!!!!
Regardez celui-ci, le jardin des belles aux eaux dormantes ! Superbe! Des gros pots de rosiers dispersés ça et là au milieu d'un bassin, entourés d'autres pots de graminées. Les dits pots camouflés par une ceinture de brande de bruyère... Ah, au bout d'un an, elle doit avoir une drôle d'allure franchement pourave, la brande à moitié immergée! Et je ne vous raconte pas l’acrobatie, pour aller tailler ou désherber les rosiers!!! ;o))
Mais c'est bien joli, je le reconnais.
Va falloir que j'apprenne:
Carpe florem.
Profiter de mon joli petit aster cette année, et tant pis s'il se transforme en ado terrible l'an prochain.
Vous y arrivez, vous? ;o)

mercredi 5 juillet 2017

Un petit poisson, un petit oiseau....

Vous connaissez la chanson....

Un petit poisson, un petit oiseau, s'aimaient d'amour tendre...

Eh bien, figurez-vous qu'une histoire similaire a dû se dérouler jadis au jardin d'Eden!
"Maman"? Gaura lindheimerii
"Papa" ? Narcissus Thalia
Imaginez un jeune et fringant narcisse nommé Thalia, resplendissant dans sa belle chemise amidonnée, ses fines gambettes habillées de vert sombre (très chic!), en Avril ...
...et une demoiselle Gaura, un rien frivole, parée d'une légère robe de bal constellée de milliers d'étoiles blanches... au mois de Juillet!
Une rencontre?
Tout aussi improbable, avouez-le, que celle d'un petit oiseau et d'un petit poisson!
Et pourtant...
Il a dû y avoir, il y a quelques milliers, voire quelques millions d'années, un printemps extrêêêêêmement tardif, et/ou un été invraiiiiiisemblablement précoce, pour que ces deux-là se rencontrent.
A moins que ce n'ait été (déjà???) une rencontre organisée ...genre ..."mythique"? ;o)))
C'est l'un ou l'autre. Forcément. Et il a dû s'en passer, des choses, ce jour-là!
Je ne vois pas d'autre explication!
Sinon comment justifier l'existence de ce magnifique jeune homme, et sa ressemblance avec ses deux "parents" putatifs? Délicieuses étoiles blanc pur comme la "maman", gambettes tout aussi vertes mais encore plus fines que celles du "papa".
Si ce n'est pas la beauté d'un enfant de l'amour, ça, qu'est-ce que c'est???? ;o))
Et on a de la chance: ce beau jeune homme s'est installé, devinez où? ... chez nous!
Oui, oui, c'est un enfant du pays! On l'appelle ici "la" phalangère rameuse alias Anthericum ramosum.
Mais c'est sûrement une erreur. D'ailleurs, ce n'est pas une "antherica ramosa", n'est-ce-pas?
Non, non, moi je vous le dis, c'est un mâle. Un phalanger rameux, ce serait plus juste.
Beau gosse, certes, mais un rien feignant, tout de même. Toutes proportions gardées! Disons qu'il n'a pas tout à fait hérité du caractère bosseur de sa maman-gaura, quoi.
Il tient plus de son père de ce côté-là.
Et même, la preuve que c'est un mâle, il n'a jamais pondu de bébés chez moi (pas comme sa maman!).
Il fleurit pile entre ses deux parents, de mai à Juillet. Ce n'est déjà pas mal!
Le seul "hic", avec ce jeune homme, c'est le risque de l'arracher au printemps... il vous fait une touffe de menues feuilles bien fines, qu'on prendrait facilement pour une graminée en train de s’installer en loucedé.
Vaut mieux laisser l'étiquette, moi je vous le conseille, en tous cas!
On connait souvent mieux sa cousine, la phalangère à fleurs de lys (Anthericum liliago). Ils se ressemblent beaucoup, mais comme son nom l’indique, le phalanger rameux (j'insiste! ;o...) a des tiges ramifiées, et non solitaires.
C'est ce qui lui donne ce côté léger, aérien, vaporeux même.
Et franchement, au jardin, c'est une bénédiction, les petits brouillards légers, vaporeux, et...blancs.
Rien de tel pour vous alléger le côté un peu mastoc de certaines hémérocalles, ou la raideur d'une touffe d'echinacea. Il ourlerait volontiers un joli rosier rose, aussi, je trouve.
Il se marie avec tout! Un vrai Don Juan. A l'automne, ce seront les fins asters ericoides qui joueront ce rôle, mais en ce moment, il est plus que bienvenu. Et bien moins chochotte que le gypsophile!
Entretien? Zéro.
Il aime les terres calcaires, en plus. Brave petit! Plutôt sèches que détrempées, mais apparemment il n'est pas trop regardant (sinon, il ne pousserait pas chez moi).
Sûr, je vais en installer quelques touffes dans le nouveau-massif-que j'aurais-dû-planter-ce-printemps-mais-j'ai-pas-pu-zut.
Ça me promet quelques joyeusetés, les premières années au moins, car c'est "liseron-land", ce massif-là! Si les deux se mélangent, comme c'est probable, ça va être délicat de les séparer, mais tant pis! Je m’entraînerai cet hiver, en remettant dans le droit chemin quelques pelotes de laine qui auraient joué avec les pattes de mes chats! (il y en a qui sont vicieuses, tout de même, des pelotes de laine!;o)...)
En fait, je vous en avais déjà un peu parlé il y a deux ans,  mais à l'époque ce n'était qu'un bébé (http://zephirine38.blogspot.fr/2015/07/a-voulaitent-bien-mais-pouvaitent-pas.html). Là, il a pris ses aises, et je ne me lasse pas d'admirer sa prestance.
Car il se tient très bien! Il se hausse du faux-col jusqu'à un bon 70cm... et il y reste!
Aucun risque de masse esclafouérée et informe au moindre souffle de vent ou après une ondée.
Remarquez, ça ressemble à quoi, une "ondée"? Me souviens plus vraiment.... ;o(
Bref, je l'aime vraiment beaucoup, mon beau phalanger rameux. Et vous?
Sur ce, faut que j'aille donner à manger à mes poissons, et que je dise bonjour à mes petits oiseaux. Surtout la merlette, qui semble me garder rancune d'avoir chapeauté mon griottier d'une moustiquaire le mois dernier...
Faut que je les surveille, en plus, maintenant! Ils seraient capables, eux aussi, de me faire des "poizeaux" ou des "zoissons"!!! ;o))

samedi 24 juin 2017

Un caméléon dans mon jardin ! (Hydrangea Rotschwanz)

D'accord, cette première photo ne ressemble pas vraiment à un caméléon, je vous l'accorde. Mais attendez la suite!
Vous l'aurez peut-être reconnu tout de suite, avec ses pétales twistés comme les pales d'un gros hélicoptère rouge.. eh oui, c'est bien l'Hydrangea 'Rotschwanz'!
Rien de particulier jusque là.
C'est à dire, jusqu'à l'été 2015. Un brave petit Rotschwanz, un peu empoté certes, mais pour la bonne cause, puisque ma terre calcaire risquerait fort de lui être fatale.
Je l'aime particulièrement quand il ouvre ses minuscules fleurs fertiles blanches, comme un petit napperon de dentelle un peu rétro, au centre de ce beau rouge profond qui le caractérise.
Mais ça a commencé à devenir bizarre l'été dernier.
J'ai bien vu apparaître les traditionnels hélicoptères rouges, mais ....tiens donc... deux branches bien costaudes et bien en vue sur le devant ont ouvert... des têtes plates, certes, mais pas hélicoptérées du tout, et ... roses!
Etrange.... une mutation?
Vous vous souvenez du petit nain Grincheux de Blanche Neige?  "Qui diable a mis de l'ordre dans mon beau désordre?" ...ou l'inverse, je ne sais plus... ;o))
Ben oui, il y a un Grincheux qui sommeille dans tout jardinier, j'en suis convaincue. Un petit nain qui se réveille sans prévenir quand Mère Nature se mêle de modifier, derrière son dos, le savant ordonnancement de Son-Beau-Jardin!
Ne me dites pas que vous n'en avez pas un, vous, de Grincheux, qui sommeille à l'intérieur de vous et à l'insu de votre plein gré? Avouez!
J'avais le choix entre les ratiboiser tout drett, ces pique-assiettes-plates, histoire de conserver le bon ordre sacro-saint sur la terrasse ... ou voir venir.
En l'occurrence, ma flemmingite chronique (aggravée par un problème de temps tout aussi chronique!) a réussi à refréner ma grincheusite première, et vous vous en doutez, c'est la deuxième solution, dite "de facilité", qui l'a emporté! o).
Bah, on verra ça l'année prochaine!
Ah ouiche!
Sauf que... Cette année, le problème du temps (celui des horloges et celui du ciel) ne s'est pas arrangé.
J'attendais la floraison pour être sûre de ne prélever que les branches-coucou habillées par Barbie. Les couper? Déterrer si possible les pousses roses, pour  faire le bonheur d'un autre jardinier? Point de décision encore prise...
Arrive la mi-juin. Je guettais l'ouverture des coucous pour enfin sévir....
Ah...les voilà. on attend encore un peu, certaines fleurs tardent à s'ouvrir... et un beau matin. que vois-je?
Vous croyez que Mère Nature a le sens de l'humour?
La fleur qui s'est ouverte m'a laissée bouche bée.
Une tête plate en hélicoptère rouge? Que nenni.
Une tête plate plus classique mais très rose? Pas davantage!
Eh oui, vous avez bien vu: une tête ronde, cette fois, et...blanche!!!!
Mais c'est... c'est... du Grand Nimporte Quoi!!!!
Grincheux s'est réveillé illico. Il est même allé chercher du renfort, son frère jumeau Coléreux (vous savez, celui qui a toujours de la fumée blanche qui lui sort par les oreilles o))...).
Et pis quoi encore????
On se fiche de moi?
Et c'est quoi, le programme pour 2018, hein?
Une tête au carré, noire cette fois?
On un champignon jaune, pourquoi pas? Grrrrr.....
Ou alors,j'ai un hydrangea "macronien". Il a cru que c'était la mode, de mélanger les genres!
Là, je vous le dis tout net, j'en perds mon latin, mon grec, mon or et mon tensia!
Vous avez déjà vu ça, vous?
Impossible de s'y retrouver dans la forêt de tiges enchevêtrées. Des semis? Des branches mutantes? Une copine farceuse? Elle aurait bien du mérite, à aller gratouiller dans ce pot, coincé entre une auge en pierre et une rambarde en fer forgé recouverte d'un épais lierre.
Vous y comprenez quelque chose?????Et puis, ça ne ressemble à rien, c't'affaire!

Je veux qu'on me rende mon Rotschwanz, moi!





Quelques jours plus tard... Le "vrai" Rotschwanz a ouvert plusieurs corolles, et l'intrus n°2, celui qui a la grosse tête, est devenu rose tendre!

dimanche 18 juin 2017

Elles ont vraiment du charme, les nanas, au jardin! (Salvia nana Curling Waves)

On a toujours besoin d'une petite nana, au jardin...n'est-ce pas, les garçons? ;o))
(Ce ne sont certes pas les filles qui me contrediront!)
Et si je vous disais que, ce printemps, j'ai découvert dans une foire aux plantes...une "super-nana"? J'en vois déjà qui ont les yeux qui frétillent!
Et qu'elle ondule comme une vague..
Encore plus alléchant, non?
Une super-nana, donc...une petite sauge, en fait!
Bien rustique, si j'en crois son fan-club... (je n'ai pas encore pu vérifier, ceci dit!).
 Mais surtout, d'un bleu... mais d'un bleu... à faire pâlir de jalousie mes aconits napel!
Un vrai bleu roi profond, qui pour une fois, est assez bien rendu par l'appareil photo!
On dirait qu'elle brille, avec ces reflets qui descendent le long de ses pétales.
En fait, c'est qu'elle est bicolore, bleu et banc. Mais on prend facilement la double petite langue blanche de chaque fleur pour un glaçage qui ferait étinceler ses pétales au soleil..
Vue de loin, ça lui fait des petits yeux coquins!
Chaque tige porte des épis, disposés un peu comme sur une tige de lavande, terminés par une grappe de fleurs émergeant d'un bouton globuleux, qui n'est pas sans rappeler celui d'un origan, je trouve.
Quant à son feuillage, il est sombre et presque purpurescent, surtout au printemps.Et  tout gaufré, presque velouté.
Oh, elle n'est pas bien haute! C'est juste une petite nana, quoi!
Dans les 30 ou 40 cm.
Même si je me suis laissé dire qu'elle pouvait aller plus haut, si on ne la pince pas dans la partie charnue et intime de son individu... (ses tiges, je veux dire, vous aurez tous compris!).
Mais qui oserait pincer une petite nana, non mais! ;o))
Son petit nom complet c'est Salvia nana 'Curling Waves'..les "vagues qui ondulent". Je n'ai pas très bien compris pourquoi, d'ailleurs.
Certes, elles étale ses tiges tout autour d'elle avant de redresser fièrement ses chandelles bleues, mais au point de les traiter de "vagues ondulantes", tout de même... c'est un peu exagéré!
L'autre truc sympa, avec cette petite nana, c'est qu'elle vous en met plein la vue tout l'été, d'après ce que j'ai lu!
Et qu'elle ne craint pas le sec, aussi!
A ranger au rayon des geranium type Rozanne, erigeron karvinskianus et autres gauras, donc. Pas si mal, pour une petite nana!
Et si vous êtes fana des potées, elle aussi, figurez-vous!
Tout pour plaire, je vous dis!
Et même, si vous êtes un (ou une) incorigible"florophage", les fleurs peuvent décorer la salade, puisqu'elles sont comestibles!
Elle est à croquer, je vous assure, cette petite nana! ;o))
C'est peut-être ma découverte préférée cette année! La connaissez-vous?
Il y a juste un truc qui m'inquiète...
Avec les nanas, on n'est jamais sûr...
Tiendra-t-elle ses promesses, cette super-nana, une fois la lune de miel de la première année passée? ;o)


vendredi 12 mai 2017

Une pulpeuse bulbeuse qui aime faire la grasse matinée! (Scilla litardieri)

Ce n'est  pas toujours le cas, mais cette petite bulbeuse a vraiment un nom bien choisi: Scilla litardieri, puisque dans litadieri, il y a ... "lit"... et aussi ... "tard" !
Quoi de plus normal donc que cette belle bleue aime se réveiller après tous les membres de sa famille ou presque (Scilla peruviana étant aussi une lève-tard!),  et paresser longtemps au soleil du printemps?
Elle  ne daigne montrer  le bout de ses frisettes qu'en mai, et encore...
Quand le printemps est trop frais, elle attend même la fin mai, voire le début Juin si elle n'a pas fini sa nuit... de 11 mois!
Son bleu est vraiment ravissant.
Selon les années, elle peut être plus bleu ciel, voire améthyste (on l'a d'ailleurs appelée parfois Scilla amethystina) ou parfois bleu plus soutenu, comme cette année.
Selon les années aussi, elle commence par pousser ses jolies tiges bleutées à toute vitesse, jusqu'à un bon 15 cm de haut, et ses feuilles ont bien du mal à les rattraper!
D'autres fois, elle prend tout son temps pour les sortir ensemble, et les fleurs se retrouvent disséminées dans un beau bouquet de feuilles fines un peu plus hautes qu'elles, à  la façon d'un muguet bleu, en somme!
Au début de sa floraison, les grappes sont franchement coniques.
Puis, au fur et à mesure de l'épanouissement des fleurettes individuelles, elle prend une forme de cierge...
... avant de se retrouver un peu déplumée, mais toujours bien bleue, avec des dizaines de petites capsules étagées en haut de ses tiges.
Elle reste  toujours gracieuse!
Elle a d'ailleurs reçu le prestigieux "AGM" anglais (Award of Garden Merit) dès 2004!
C'est une beauté originaire des Balkans, qui aime les jardins tempérés, ni trop chauds, ni trop froids, entre les zones 6 et 8.
Donc chers côte-d-azuriens, passez votre chemin (pour une fois)!
Et.... elle aime le calcaire!!!
Oui, oui! Chers amis désespérés du rhodo, de l'azalée ou du trillium, la belle  bleue est pour vous! ;o))
Elle ne craint pas non plus la sécheresse estivale, puisqu'elle a le bon goût de se rendormir en douceur au bout d'un mois de délicieuse"bleuitude".
Elle se multiplie très gentiment, formant de belles touffes drues et appétissantes..
Car elle est haute et bien présente, pour une scille!
Je crois que je vais en ajouter plein de petits îlots dans les 2 massifs où elles sont déjà implantées. Elles prendront ainsi  le relais des hauts Camassia bleus qui s'éteignent doucement quand elles apparaissent à leur tour. En plus, on les trouve facilement, et elles ne ruineront pas vos porte-monnaie si vous les adoptez!
Imprime bien ça dans ta petite tête, Zeph: il n'y a pas toujours besoin de chercher des raretés pour avoir de très jolies petites choses dans son jardin!.... dit la fouineuse compulsive de pépinière ;o))

vendredi 5 mai 2017

Le Chèvrefeuille de l'Amour (Lonicera maackii)


Non, ce n'est pas le titre d'un roman à l'eau de rose, rassurez-vous.
C'est un arbre. Mais c'est un discret. On n'en parle quasiment jamais!
Et pourtant, je lui trouve tant de qualités!
Je l'ai adopté voici 4 ans maintenant, à la suggestion de notre maître-es-arbres local, Maître Bessard.
Je cherchais un petit arbre ou un grand arbuste :
- qui prenne une jolie forme en parasol évasé,
- qui fasse un peu d'ombre, mais pas trop, à une série de plantes de sous-bois qui s'ennuyaient dans le coin-nursery depuis déjà bien trop longtemps . C'est hélas un de mes gros défauts, je l'avoue: je craque, mais ensuite...où les mettre???? Du coup, les pauvres plantounes végètent dans leur pot de misère pendant des périodes inavouables ;o).....
- et qui  ne fasse pas trop de racines voraces, au risque de trucider par étouffement ceux qu'il était censé protéger!
Il y avait bien les Cercis, mais j'en avais déjà deux.. Certains prunus (sauf que leurs racines ne répondent pas du tout au troisième critère!...) ou des malus, mais le jardin en compte déjà beaucoup....que faire?
Quant à ce grand dadais d'Heptacodium j'my-connais-ïdes, celui qu'on vous montre immédiatement en bombant le torse avec fierté dès qu'on pénètre dans le moindre jardin-à-visiter, pas question!!! ;o)
La suggestion du Chevrefeuille m'a d'abord rebutée. Les chèvrefeuilles arbustifs que je connais, les parfumés de fin d'hiver genre Lonicera fragrantissima et consorts, certes ils embaument, mais quels grands fouillis ils vous font! Des grandes cannes ingérables, des ramifications dans tous les sens, non, décidément, un chèvrefeuille, ça ne correspondait pas vraiment à ce que j'attendais!
Il a fallu que j'aille le voir pour commencer à me dire que, finalement... il pourrait peut-être bien faire mon affaire!
C'est qu'il forme vraiment un parasol naturel, celui-là! Tenez, regardez la photo prise à  la plantation: sa charpente est parfaite! Un vrai bouquet!
Le seul "reproche"qu'on  pourrait lui faire, et encore, c'est qu'il est très difficile d'en trouver un petit sujet! Pourquoi? Parce qu'il pousse très vite! Du coup, en pépinière, on ne trouve que des sujets déjà grandets! Mais par contre.. il ne vous ruinera pas le portefeuille! Tout bénef!
C'est peut-être pour ces deux raisons qu'on  ne le trouve pas souvent, d'ailleurs! Trop facile! o)
Il atteint rapidement sa hauteur adulte, environ 3 m, et s'étale sur au moins l'équivalent, plutôt 4 m je dirais. Par-fait pour mon petit projet!
Et son feuillage est dense, mais pas occultant, si vous voyez ce que je veux dire. Il reste léger, les rayons de soleil jouent à travers ses feuilles, créant une ombre claire propice à toutes mes petites plantes de sous-bois: fougères, Tricyrtis, sceaux-de-salomon (encore eux), Kirengeshoma et autres petits galanthus et bulbes de printemps.
Côté soif, c'est un vrai chameau. Je dirais même qu'il en laisse volontiers pour les copines de l'étage en dessous. Sympa, voire galant, l'Amoureux en question, non?
Car c'est un extrême-oriental, vous vous en doutez, puisqu'il vient de la région du fleuve Amour. Rustique en diable, du coup.
Et je ne vous ai pas encore tout dit!
Sa floraison, en mai-juin, est ravissante, même si, comme lui, elle reste assez discrète: elle commence par une avalanche de petits cierges dressés, groupés par trois ou quatre à l'aisselle des feuilles, avant d'ouvrir des fleurs... de chèvrefeuille, reconnaissables immédiatement.
D'abord blanches, puis éclaboussées d'étamines jaunes et lavées d'un soupçon de rose, elles sentent ma foi fort bon si on les approche de près.
écorce avant intervention des chats
Oh, il ne va pas vous embaumer le jardin à 10 m, non, mais on retrouve, en levant le nez vers lui, les suaves effluves de sa famille.
Les fleurs sont assez petites,  mais hyper nombreuses, tout le long des branches. Du coup, pendant un bon mois, les dites branches ploient un peu sous le poids des fleurs, ce qui rend le parasol encore plus protecteur pour leurs voisines de pied.
Et pour les amateurs, je signale aussi qu'il offre une écorce crevassée, presque en lanières. Il faut dire que mes chats l'aident un peu: ils adorent la lacérer! Je suis sûre qu'ils sont convaincus que je l'ai planté exprès pour eux!
écorce après intervention des chats
Sauf que mon Amoureux, bon prince, s'en fiche comme de sa première petite paire de folioles..(et qu'il protège ainsi, toujours aussi galant, les troncs des autres arbres du jardin qui n'apprécient généralement pas ce genre de petits câlins toutes griffes dehors! ;o) )
Il a aussi de jolis petits fruits rouges, à l'automne, que les oiseaux adorent. On dit qu'il peut se ressemer facilement, mais honnêtement, je n'ai jamais repéré le moindre semis, ici...
Pour les maniaques du sécateur, côté taille, aucun souci! Certains l'utilisent même en haie, et le taillent à tout va et en toute saison!
Il vaut quand même mieux le faire après la floraison si ça vous démange, mais franchement, ce n'est vraiment pas nécessaire: juste pour supprimer une ou deux branches au pied pour accentuer sa jolie structure au départ, peut-être.. ou supprimer une baleine du parasol qui vous chatouille les cheveux d'un peu trop près, et encore... ce n'est pas désagréable, de se faire caresser la tête par un pareil Amoureux! ;o)
C'est vrai, j'ai oublié de vous donner son petit nom: Lonicera maackii..
Alors si vous avez besoin, comme moi, d'un joli parasol pour vos belles qui craignent le soleil, offrez-leur un bel Amoureux! D'ailleurs, dans le langage des fleurs, le chèvrefeuille symbolise l'amitié et la gentillesse naturelle... comme ça lui va bien, vous ne trouvez pas?