lundi 24 avril 2017

Des sceaux...à la pelle !

Certes, c'est un peu tôt (et un peu frisquet) pour aller à  la plage, mais je persiste, c'est la saison des sceaux, ne vous en déplaise! 
Qui n'a pas son p'tit sceau?
Tenez, par exemple, j'en ai plusieurs, dont un très joli sceau bleu
,  et même un petit sceau miniature. Entre autres!
Bien sûr, vous les avez tous reconnus, ce sont des "Sceaux de Salomon", alias des Polygonatum. 
Savez-vous pourquoi  on les appelle comme ça?

Parce que quelqu'un, un jour, a constaté que lorsqu'une tige de Polygonatum se fane, elle disparaît en laissant sur le rhizome souterrain une marque en forme d'anneau, deux ronds concentriques qui ressembleraient parait-il au mythique sceau du roi Salomon. 

Faut être un grand mystique et/ou un grand déterreur de rhizomes devant l'éternel, pour avoir remarqué la chose, tout de même!
Mais les "sceaux-s'y-sont" habitués...;o))

Certains les craignent, les trouvant envahissants. Mais pas tous, en tous cas pas chez moi! 
Leur voisine est une petite plante fragile? Les "sceaux -l'y-laissent", quitte à passer discrètement par en dessous pour aller voir plus loin s'il n'y aurait pas une petite place pour eux.
J'aurais pu penser qu'ils allaient tiquer à cause des racines voraces de la haie voisine? Pfff.... Mes "sceaux-rient" , comme disent nos amis british!
Bon, il y a probablement des exceptions, je vous l'accorde. 
Le classique sceau de Salomon de nos forêts, Polygonatum multiflorum, peut faire partie des plantes volontaristes quand  il se plait quelque part. Dans ma terre argileuse et compacte, on ne peut pas dire qu'il galope...
Pourtant, la plante dont je voulais vous parler aujourd'hui en est une variante, et  ne semble vraiment pas, au bout de 4 ans, avoir décidé d'envahir la place. Elle est pourtant vigoureuse, mais ne s'étend que lentement (et on peut toujours la limiter facilement en coupant les rhizomes).
Elle n'a été découverte qu'en 1980, par un jardinier du Jardin botanique de Gand, en Belgique, au cours d'une promenade le long d'un canal flamand!
Polygonatum humile
On dit qu'elle peut monter à 1 m de haut, comme son frère d'origine, mais ici je n'en ai jamais vu ayant des tiges de plus de 50 cm de haut, mettons 60 cm les bonnes années.
Sa particularité? Ses tiges, au lieu d'être droites et solitaires, sont ramifiées! 
Normal, puisqu'elle s'appelle: 
Polygonatum multiflorum 'Ramosissima'
un des Variegatum
(Pourquoi ce "a" au bout, ça... mystère! ;o)...)
Du coup, elle forme des volutes, histoire de bien s'étaler dans toutes les directions, et on ne retrouve pas vraiment, de prime abord, cet alignement de paires de feuilles si caractéristique de ses frères sauvages. 
Ses fleurs sont petites, et se cachent volontiers dans l'abondance des feuilles. Pourtant, cette masse opulente de feuillages vert tendre, ce petit fouillis bien vert, a quelque chose d'attirant au regard.
C'est peut-être le plus original de la famille, avec le beau 'Betberg' bleu...
P. falcatum 'Tiger Stripes'
Il a aussi plusieurs cousins, au jardin! Tous se plaisent à l'ombre des caducs, et dans une terre qui ne sèche pas suffisamment l'été au point de risquer de ratatiner ses gros rhizomes, de la taille d'une belle asperge. Ah... j'oubliais: plus ils sont à l'ombre, moins ils galopent. Si vous leur laissez voir le soleil quelques heures, ils se sentent des ailes... donc il faut les mettre dans le fond,-sceaux-au-nord, qu'on se le dise! ;o)
P. odoratum 'Fireworks'
Parmi les jolis cousins, le sceau miniature que j'évoquais plus haut, c'est Polygonatum humile, pas plus de 10 cm de haut ici,  trop petit pour baisser la tête comme ses grands frères,  et qui forme une ravissante petite colonie bien sage, au garde-à-vous, paires de feuilles bien alignées, et où les fleurs, cette fois, sont bien visibles!
Il y a aussi des panachés vert et blanc, chez plusieurs espèces: odoratum, biflorum,  falcatum...  affublés du petit nom de 'Variegatum'. J'avoue avoir du mal à les différencier, et même, pour vous dire le fond de ma pensée, je ne suis pas certaine que les noms d'espèce affichés sur les étiquettes des pépiniéristes soient vraiment les bons... ça m'a l'air assez confus, c't'affaire...Si quelqu'un dans l'assistance pouvait éclairer ma lanterne, je lui en serais très reconnaissante, d'ailleurs!
Et puis, il y a aussi  les rayés, comme Polygonatum falcatum 'Tiger Stripes', assez poussif chez moi.. ce qui n'est pas le cas du plus lumineux de tous (je trouve), le beau Polygonatum odoratum 'Fireworks' (= Feu d'Artifice)!
Planté à  l'ombre d'une haie d'Osmanthes au feuillage bien sombre, il illumine la plate-bande à lui tout seul!
A propos des 'odoratum', il y a sûrement des nez plus fins que le mien, car j'avoue ne jamais avoir senti grand chose, même à quatre pattes et le nez dans leurs corolles!
Il y en a encore bien d'autres, mais il me semblait que ce petit ramassis de sceaux pourrait vous donner des idées?
Bon, j'arrête mes sceaux-tises pour aujourd'hui...avec tous ces sceaux à la pelle, je finirais peut-être par me prendre un râteau, si j'insistais... ;o))
Ô sceau, le mio...

P. odoratum 'Fireworks'

vendredi 14 avril 2017

Une héroïne shakespearienne au jardin (Epimedium Ophelia)

"Ô pâle Ophelia! Belle comme la neige!"
Je ne vais vous réciter ni du Rimbaud ni du Shakespeare, rassurez-vous! ;o)
D’autant que l'histoire d'Ophelia n'est pas particulièrement gaie...:o(
Quel dommage,d'ailleurs, d'avoir donné ce nom pleurnichard, triste et mourant à une si belle plante!
Les Epimedium, vous connaissez tous.
Il y a les costauds de chez Costo ('Frohnleiten',  par exemple), les petites natures (la plupart des grandiflorum, chez moi!), et tous les intermédiaires possibles.
Il y a les mini-mini (comme  le pauciflorum, qui ne dépasse pas les 10 cm ici!), et les forces de la nature, comme 'The Giant', qui peut, parait-il dépasser les 2 mètres de hauteur!
Ceux qui arborent des grappes de toutes petits fleurs microscopiques (comme Epimedium borealiguizhouense), et ceux à très grandes fleurs comme les grandiflorum bien nommés (mais chochottes chez moi, hélas).
Les bien sages (parfois trop à mon goût!), qui restent en touffe (E. fargesii par exemple, ou l'incroyable 'William Stearn', qui fleurit tout l'été ou presque), et les tapissants (E. alpinum et consorts)...
'Ophelia', c'est l'un des Epimedium de Thierry Delabroye. Une référence...
Elle est issue d'une espèce découverte il n'y a pas très longtemps, en Chine et au Japon: Epimedium latisepalum ("aux larges sépales").
Une belle et grande plante (environ 50 cm de haut).
De grandes  et longues feuilles persistantes, toutes marbrées dans leur jeune âge.
Et de grandes fleurs blanches à cœur crème à jaune pâle.
On aurait pu s'en tenir là! D'ailleurs, on trouve l'espèce-type chez un certain nombre de pépiniéristes.
Seulement voilà... on ne vous dit pas tout quand on vous vante ses mérites!
J'aime beaucoup les plantes dites "botaniques", les espèces, simplement semées à partir d'une plante trouvée dans la nature. Ce sont généralement les seules à être fidèles de semis, d'ailleurs.
Mais.... des fois, un petit coup de pouce de nos horticulteurs ne fait pas de mal!
Car Epimedium latisepalum a un petit défaut: il fait des tiges florales trop fines pour supporter le poids de ses immenses grappes de grosses fleurs..et du coup, il a un-peu-beaucoup tendance à faire la courbette, et à étaler ses jolis petits bonnets blancs sur la  moquette dès leur réveil. C'est bien joli, de faire tout le temps la révérence, mais dans le cas d'espèce (si j'ose dire!) , elle n'est pas très classieuse, la courbette, surtout quand il pleut! Et que les fleurs se retrouvent plus marronnasses qu'une rose d'Albéric Barbier en fin de floraison...Pouah...

Alors Me Delabroye a savamment joué les marieurs (et les tripoteurs de pistil!) pour résoudre le problème.
Comment s'y est-il pris?
Avec quel autre fleur des elfes a-t-il comploté pour avoir des rejetons un peu moins serviles?
Mystère, mais le résultat est là: le bébé a gardé toutes les qualités de la maman, mais il a des gambettes en acier plutôt qu'en guimauve!  Surtout au début de la floraison.
Après, ça dépend un peu de la météo... ou du jardinier...
J'ai dû y aller un peu fort, avec mes grosses pattes pleines de doigts et mon gros tuyau jaune, il y a quelques jours..
Du coup, certaines tiges n'ont pas vraiment apprécié.
Mais on voit encore que celles que j'ai épargnées sont toujours solides au poste, faisant un petit pow-wow avec les fleurs du Viburnum plicatum 'Shasta', en grande préparation pour son show de printemps...
Vous pouvez me croire sur parole: 'Ophelia' a un port de reine, elle sait se tenir, en bonne princesse qu'elle est! ;o)
Je résume: un grand epimedium, dans tous les sens du terme:
Beau volume, belles et grandes feuilles marbrées dans leur jeunesse, très nombreuses grappes de grosses fleurs blanches et crème, et un tempérament plein de bonne volonté:
J'ai été surprise de sa vitesse de croissance... elle n'est au jardin que depuis 2 ans, et elle a déjà une belle présence! Certains autres, par contre, ont mis plus de 4 ou 5 ans pour ressembler à quelque chose, dans mon argile compacte!
J'ai lu quelque part que Maman latisepalum préférait (voire "exigeait"!) une terre acide...
Ah bon... Est-ce le mystérieux papa qui a appris les bonnes manières à sa descendance? Ou une preuve de plus que les plantes ne savent pas lire? ;o)
Je vous laisse le soin d'en décider, car la belle 'Ophelia' semble heureuse ici, et pas décidée du tout à finir noyée au milieu des autres fleurs comme le voudrait la tradition shakesperienne!
Si vous la croisez, n'hésitez pas à l'adopter!
Et chez vous, quel est l'Epimedium qui tient la vedette, en ce  moment? Racontez moi tout, dit l'insatiable curieuse...;o))

mercredi 29 mars 2017

Préférez-vous les orchidées ou les papillons? (Narcissus Cassata)

"Houla... mais qu'est-ce qu'elle nous fait, la zeph? Une jaunisse???"
;o))
Je vous entends d'ici!
Du ...JAUNE!!! Chez Zeph?
Oui,  oui, c'est bien connu, je suis gravement atteinte de "pissenlito-phobie" à un stade avancé. C'est toujours vrai...et incurable, j'en ai peur...
(Pardon pour ce néologisme, la maladie n'étant pas reconnue par la sécurité sociale, il n'existe pas de nom officiel, et donc pas de traitement, hélas...;o))...)
Et pour être jaune, il est bel et bien jaune, ce narcisse-là, me direz-vous! Que fait-il donc là???
Eh bien... il faut croire qu'il y a des exceptions... j'ai même une belle touffe de doronics, pour tout vous dire (mais là, c'est sentimental, ils viennent de chez ma maman...)
Ceci dit, il  y a des limites, tout de même!
Jaune de chez jaune, oui...mais pas longtemps!
Il suffit d'attendre quelques jours, même pas une semaine. Et de porter des lunettes de soleil à chaque promenade au jardin, pour éviter la crise aiguë!
Regardez donc plus bas! Une semaine plus tard, exactement.
Quelle métamorphose!!! Aurait-il plu de l'eau de javel???
Mais voilà qui est bien mieux, très bien même!!!
Un doux camaïeu de blanc, de crème et de jaune beurre, quel plaisir pour les yeux, cette fois!
Vous le connaissez sûrement, ce narcisse-là, il n'a rien de rare, je pense.
Pourtant, il a fallu toute  la générosité et la douce  insistance d'une amie (un brin têtue, mais à bon escient uniquement!) pour me convaincre de planter ce narcisse à la forme originale.
On l'appelle 'Cassata', et il serait un représentant d'une famille aux noms aussi divers que variés.
Imaginez qu'on vous demande: "Préférez-vous une chèvre ou un balai? Un crayon ou une carotte? Le bleu ciel ou des chaussettes?" Pratique, pour répondre n'est-ce-pas? ;o)
Eh bien là, c'est pareil...
Sont-ce des "narcisses-papillon"? Des "narcisses à fleurs d'orchidée"? Des narcisses "split corona" (à couronne éclatée)... c'est au choix, à vot'bon coeur m'sieur-dame!
Personnellement, j'aurais une légère préférence pour "narcisses-papillon". Pourquoi? Parce qu'ils sont aussi parfumés qu'un lépidoptère, hélas! ;o)
En tous cas, une fois leur jaunisse en voie de guérison, ils sont vraiment originaux et très gracieux, je trouve, avec leurs froufrous!
Délicieux aussi en bouquet, parait-il.
Bon...certes, ils ne feront jamais concurrence, dans mon cœur, à mes petits narcisses blancs ou aux jaune pâle aux pétales récurvés, mais... ils sont les bienvenus!
Au point que je me demande si je n'en mettrais pas un ou deux autres, des papillons-orchidées!
En cultivez-vous? Lesquels me recommanderiez-vous? Des pas-trop-jaunes de préférence, évidemment!
J'en ai repéré un, qui s'appelle 'Lemon Beauty', original lui aussi avec son étoile d'or sur fond blanc...(regardez ici...Narcissus 'Lemon Beauty')
Mais est-il flashy, en groupe, ou au contraire, juste éclairé de quelques étoiles discrètes? Qui le connait?
Y en a-t-il quelque autre que vous le conseilleriez?
Et comment les appelez-vous, vous? Orchidées ou Papillons????
"Sur la terre, abandonnés,
Papillons et orchidées
Qui l'eût cru déplorent l'arrivée de l'été,
Et du coup vont s'en aller...."

mardi 14 mars 2017

Plus fort que l'hirondelle....(Prunus 'Okame')

L'arrivée du printemps... quel jardinier n'en rêve?
Imaginez...tout le petit peuple des gratte-cailloux, scrutant religieusement le ciel de son jardin tous les matins, à la recherche de la première hirondelle et de sa queue de poisson si caractéristique.
Ils sont là, tous au garde-à-vous. Menton relevé. Nez au vent. Transplantoir dans une main et binette dans l'autre... c'est l'attente fiévreuse "du" signal...
Ah  le joli spectacle de têtes-en-l'air! ;o))
Et enfin, un beau jour, elle est là! La première hirondelle! Toutes les portes s'ouvrent, et les voilà qui foncent ...
Enfin! Gratter! Planter! Désherber! Tailler! ...tout son saoûl! Ahhhh...ça fait du bien! ;o))
Eh bien, je vous le dit tout net: il y a moyen de faire mieux, sans sortir de sa maison, et sans attrapper de torticolis. Et avec une bonne semaine d'avance, en plus!
Traditionnellement, les  hirondelles sont censées arriver dans les environs du 20 au 25 Mars, pour l'équinoxe de printemps.
Mon petit déclencheur-de-printemps, lui, a généralement une bonne dizaine de jours d'avance sur les zoziaux. Disons...grosso-modo, la deuxième semaine de Mars, entre le 10 et le 15.
Mais, comme les hirondelles, il connait sa météo!
Certaines années, il commence plus tôt, dès le 1er ou le 2 mars.. d'autres années, il attendra patiemment le 15, voire le 18!
Seulement, lui, d'abord, il ne bouge pas. Inutile de se tordre le cou pour l'apercevoir!
Et puis, il est à la hauteur des yeux, pas besoin de rester le nez en l'air.
Et puis, on ne peut pas le manquer, dans sa belle robe rose!

L'hirondelle, finalement, c'est très surfait. ;o)

Qui est-ce? Un Prunus, bien sûr. Parmi sa dizaine de congénères, il est toujours le tout premier à fleurir dans mon jardin! (si l'on excepte le subhirtella autumnalis, qui n'en fait qu'à sa tête entre novembre et avril! Pas fiable, ce Prunus-là, je vous le dis tout net!)
Il s'appelle 'Okame'.
Et son nom est associé à une jolie histoire, en plus...Tiens, c'est vrai, avec un petit effort, il pourrait se mettre à fleurir pour la Journée de la Femme, ce serait l'idéal! ;o))
(Allez voir, sur cette page, ce qui lui aurait valu son nom: la légende d'Okame)
"Okame" signifierait donc : "masque de jolie fille japonaise", mais il ne date pas du 12ème siècle, et  ne vient même pas de l'empire du Soleil Levant!
Il a été obtenu par un anglais, dans les années 1940, en croisant un Prunus incisa (celui de Kojo-no-mai), bien connu et bien rustique, et un Prunus campanulata, bien plus frileux (dès qu'on descend en dessous de -5°, il se fait Seppuku, parait-il!).
Et pour notre plus grand bonheur, le bébé a gardé le meilleur de chacun de ses parents! La rusticité de l'un, la beauté campanulée et la précocité de l'autre.
Bon. Je n'ai pas dit qu'il n'avait QUE des qualités, faut pas rêver, tout de même. Mais il en a beaucoup.
Très précoce, donc. Bien rustique. Jolie couleur et jolies fleurs, légèrement parfumées. J'ai bien dit :légèrement. Inutile de vous dilater  les narines à 5 mètres. Faudra mettre le bout de votre petit nez en plein coeur de ses campanules pour le humer.
Ah. Et puis, de jolies couleurs d'automne, mordorées à souhait. Bon... C'est assez fugace, comme pour tous les Prunus, mais tout de même...il participe!
Autre avantage pour nos petits jardins, il n'est pas très haut. Le mien culmine à 1,60m au bout d'une bonne douzaine d'années, mais il a quelques excuses, dans mon argile bien compacte. On doit pouvoir le trouver greffé sur tige, si on le préfère plus haut perché.
Le seul "défaut" que je lui trouve vraiment, c'est sa charpente. Il n'a pas un très joli port, le mien, et je ne suis jamais arrivée à lui redonner une structure harmonieuse par la taille ("en vert", la taille, siouplé, comme pour tous ses congénères!).
Ca ne veut pas dire qu'il faut y renoncer pour ça! Non, ça veut simplement dire qu'il ne faut pas faire comme moi, c'est-à-dire acheter le premier Okame venu. Il faut le choisir très, très soigneusement, et ne l'adopter que s'il a déjà un port bien équilibré dès son jeune âge.. Tant qu'à faire d'adopter, vaut mieux s'offir un beau bébé qu'un avorton, quoi! ;o)
Mais un beau petit prunus rose en fleurs début ou mi-mars, sur un tapis de bruyères et d'hellébores, ça vaut quand même mieux qu'un zoziau speed qui vous donne le torticolis, non?
O...kame...O... kame, kame blue, O kame blue....
Euh... je confonds peut-être, là... ce sont les hormones sûrement! ;o)))...
Beau printemps à tous!

mardi 28 février 2017

Tout a une fin, même la galantherie! Mais la relève est là! (Galanthus)

Eh oui, mes pauvres amies, c'est ainsi: quand on leur offre trop de douceur, les galanths disparaissent en un rien de temps! Qu'on se le dise! ;o))
Ces températures printanières et le soleil insolent de ces deux dernières semaines ont précipité la fin de la galantherie...ou presque...
Glanthus 'Blewbury Tart'
Il reste quelques irréductibles, des lève-tard pour certains comme le Galanhus woronowii, et tout fous dans leur tête pour d'autres, comme le fantaisiste 'Blewbury Tart'!
Mais la plupart commencent déjà à plier bagage...jusqu'à l'année prochaine!
En gros, cette année, leur période de pleine gloire n'aura duré que 2 semaines.
Tiens, c'est vrai, ça! On pourrait décréter que les 2 dernières semaines de février sont la "Quinzaine de la Galantherie"!
Galanthus woronowii
Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin?
En Mars, on pourrait se faire une "Quinzaine de l'Estime de Soi"! (sans aller jusqu'au narcissisme, tout de même!)
En Avril...la "Quinzaine des Beaux Yeux", avec la floraison des Iris, évidemment!
En Juin, la "Quinzaine du Parfum", tiens, pour l'amour des roses, vous l'aurez compris.
Et en Septembre, la "Quinzaine de la Danse"!
Ben oui, comme dirait Fred, c'est la saison des Asters! ;o))
Et j'en passe: une "Quinzaine des Intellos"début Juillet (avec les grosses têtes des hortensias), une "Quinzaine de l'orthographe" en Octobre (je pense aux schizostylis, bien sûr), etc, etc...
Quel programme! Si vous avez d'autres propositions, n'hésitez pas!
Peut-être même qu'on pourrait proposer ça à nos politiques en mal de créativité pour leur propre programme?  Ca meublerait, au moins...;o))
Bon. Puisque nos galanths commencent à nous lâcher, il va bien falloir trouver autre chose..
Et en ce moment, ça commence à se bousculer au portillon!
J'ai fait un petit compte rapide: outre le genre Galanthus, pas moins de 16 autres genres botaniques ont des fleurs en ce moment dans mon jardin! Pas mal, pour un 28 Février, non? Et je n'ai pas compté les pissenlits, véroniques annuelles et autres adventices, juré! Rien que du cultivé!
Et chez vous, combien y en a-t-il?
Tiens, si je vous laissais trouver tout seuls les 16 genres en question, hmmm? Vous aimez bien les petits défis, je le sais!
Allez, je vous mets quelques indices photographiques, mais pas tous! Ce serait trop facile!
Qui saura trouver les 16 noms de genre qui peuvent bien être en fleur en ce moment chez moi?
Rien que du classique, rassurez-vous! A part un, peut-être...
C'est parti! ;o)





(le 3 Mars 2017...La réponse en images....)


mardi 14 février 2017

De la galantherie, et encore de la galantherie! (Galanthus'Wasp' et 'Trumps')

J'espère que vous l'appréciez, la galantherie, au moins?
Parce que je vais vous en rebattre les yeux et les oreilles, mes pauvres amis!
Wasp
Diggory
Certes, quelques hellébores, bruyères, cyclamen, crocus et autres helléborines ont ouvert quelques timides corolles et après-midi (17° selon le tableau de bord de la zeph'car, vers 15h30!!!), mais les rois du jardin, en ce moment, ce sont incontestablement les perce-neige.
Avec ces journées vraiment printanières, ils font la course, entre eux, à qui ouvrira le plus vite ses jupettes!
Et ce soir, j'ai encore quelques petites beautés à vous présenter!
Regardez la photo du haut... et aussi celle de droite. C'est un perce-neige, certes. Taille fine, longues ailes légèrement repliées.... Si vous aviez à lui choisir un nom, vous l'appelleriez comment?
Le premier nom qui vous viendrait à l'esprit ne serait-il pas..."La Guêpe"?
Eh bien c'est son nom! "Wasp", en anglais.
Et si je vous mets à côté le joufflu Diggory que je vous montrais l'autre jour, qui osera encore soutenir que  tous les perce-neige se ressemblent? ;o)
N'est-elle pas fine et gracieuse, ma pette guêpe?
Trumps
Mais c'est pas tout, mais c'est pas tout!!!!
Le petit monde des galanthophiles est tombé en amour, il y a quelques années, quand sont apparus  les premiers perce-neige montrant de vraies taches vertes sur les pétales externes, comme sur les pétales internes (bon, en fait, ce sont tous des tépales, mais vous aurez compris). Il y a en a maintenant toute une série, de Trym à Trimming et à Trymposter, et j'en passe...
Trumps
Mais celui qui a semblé les rendre tous à moitié fous... porte un nom qui, finalement, n'était pas si bien choisi que ça, compte tenu de l'actualité récente....
Eh oui, il s'appelle... "Trumps", le pauvre... ;o))
Toute référence à une quelconque personnalité existant ou ayant existé n'est, heureusement, que purement fortuite!
Il a la réputation d'être bien vigoureux, ce qui ne gâte rien! Notre ami Laurent (qui semble avoir, lui aussi, eu le coup de foudre pour ce Trumps-là) nous le confirmait dans un commentaire du précédent article. Je dois dire que pour un seul bulbe planté l'an dernier, il a déjà montré sa bonne volonté: 4 pousses et pas moins de 3 fleurs!
Et j'adore, moi aussi, ses fières petites moustaches vertes!

Enfin, pour finir la petite série du jour, faut que je vous raconte un truc... quasiment un miracle, ou un signe qu'aurait voulu me faire le Dieu des Galanthophiles, je ne sais pas!
Premier chapitre:
Figurez-vous que, comme chaque année, il y a quelques semaines, j'ai  passé  une nouvelle commande de petits perce-neige (groupée avec les commandes des copines). Pour avoir le plaisir de la découverte, l'an prochain, bien sûr.
Oh, juste 3 ou 4, vu les prix pratiqués par les grands-bretons et autres belges!
Cette année, je me suis dit...bon, la zeph, sois raisonnable... tu en as déjà un certain nombre... et si tu te cantonnais aux espèces qui poussent le mieux chez toi?
Et quels perce-neige poussent mieux ici que nos braves petits perce-neige locaux, les Galanthus nivalis?
Donc, dans la foulée je me commande deux de ses petites fantaisies à lui:
- un nivalis poculiforme (pétales externes et pétales internes de même longueur)
- et une petite nouveauté rigolotte: un nivalis qui fait systématiquement 4 pétales extérieurs et 4 pétales intérieurs, au lieu de trois! "Quad", il s'appelle.
(ici: http://www.srgc.net/forum/index.php?action=dlattach;topic=12390.0;attach=460286;image)
Et flûte... quand je reçois la confirmation de ma commande:plus de Quad disponible!!! Raté! Bon, ben ce sera pour l'année prochaine, me disé-je pour me consoler...
Sauf que...
Deuxième chapitre.
Il y a 2 ans, à cette saison, je me suis pris un petit coup de folie. Je ne me souviens pas si je vous l'avais raconté  ou non...
Sur un coup de tête du vendredi, nous voilà parties, mon amie Ghislaine et moi, pour une virée un peu folle : le samedi matin, dès poltron-minet...hop! dans le TGV. Oui, oui. Direction: Lille! Depuis Lyon, 3h aller, et 3h retour le soir.
Un aller-retour éclair. Pourquoi? Ben pasque...à côté de Lille crèche un certain Thierry Delabroye, pépiniériste de son état, qui a (entre autres trésors) des hellébores à tomber par terre..sans parler des epimedium et autres heuchères.... Et que pas moyen de lui passer commande: fait pas de VPC, le Mossieu Delabroye en question... Et que ce week-end-là, c'était ses journées "Portes Ouvertes".
Alors ni une ni deux, nous voila parties chez les ch'tis.
Le rapport avec les perce-neige? Ben c'est que le Mossieu, il avait une invitée (juré: je ne le savais pas avant d'arriver sur place!). La dame en question s'appelle Arlette Dupont, venait de la Belgique toute proche, et que croyez-vous qu'elle vendit? .... des perce-neige bien sûr!
Pas de bol tout de même!;o))
Je n'ai pas été sage du tout ce jour-là. Trop de tentations pour une pauv'petite zeph sans défense!
Et parmi les petits trésors-pas-prévus ramenés de chez ladite Arlette, deux godets, pas très chers, étiquetés "Ballard Hybrids".
Ballard...Ballard...mais je connais ce nom-là!
Pour les hellébores (celles que je commande chez Ashwood sont issues des sélections d'Helen Ballard, avec des formes particulièrement rondes et régulières), et pour les asters (les Marie, Patricia et autres Helen Ballard bien connus)!
Eh bien, la dame Ballard (et son mari) se sont aussi bien amusés avec les perce-neige, figurez-vous. Et Dame Arlette vendait donc des perce-neige issus des sélections faites par la dame Ballard en question. Des semis, des bulbes multipliés, je ne sais pas trop...
Bref, des plantes, selon Dame Arlette, particulièrement vigoureuses, mais sans pedigree! A la fortune du pot (ou du godet, plutôt).J'en ai donc pris deux, pour voir...
L'an dernier, j'ai eu deux fleurs, une par godet...l'une bien haute, l'autre nettement plus basse. Normales.
Mais cette année....
Troisième et dernier chapitre.
J'y viens.
Il y a quelques jours, en faisant ma tournée des perce-neige du jardin (quasiment un rite!), je vais donc rendre visite à mes "Ballard Hybrids". Oh surprise, que trouvé-je? Trois fleurs ouvertes issues de la plus haute des plantes de l'an dernier...
- une "normale"...
- une "fofolle" avec deux pétales surnuméraires, rayés de vert, et accrochés tout en haut de l'ovaire!
- et surtout... un super-"Quad"!!! J'ai eu beau les compter et les re-compter:il y en a bien 4 externes, et 4 internes!!! Et en plus, la plante est bien deux fois plus haute, et la fleur deux fois plus grande, qu'un nivalis!!!
Un "Quad" de compétition!!!! Elle est pas belle,la vie, comme dirait Jackie? ;o))
Juste quand j'essaie de me trouver un "Quad", et que je ne peux pas! Si ce n'est pas un signe du Dieu des Galanthophiles, ça, qu'est-ce que c'est???
Reste à voir s'il récidivera chaque année... rien n'est garanti! Mais en tous cas, c'est le plus beau lot de consolation que j'aie jamais reçu!

Et puisqu'on a commencé cette promenade galanthe avec une "guêpe", pourquoi ne pas la terminer avec une autre butineuse? Regardez qui j'ai surpris, cet après-midi en train de soulever, elle aussi, les jupes de mes Galanthus melvillei? ;o) Avec ses sacs à pollen tout gonflés de cettte poudre orange qu'elle est allée chercher au coeur de mes petites galantheries...

Bonne Saint Valentin à toutes les petites abeilles et à tous les petits bourdons!






mercredi 8 février 2017

Le retour de la galantherie (Galanthus 'Godfrey Owen')

Non, non, ne rêvez pas, mesdames...Point de faute d'orthographe : il y a belle lurette que courbettes et baise-mains sont tombés aux oubliettes! ;o))  (hélas? )
Je parle de mes petites Galanthes, mes jolis perce-neige  bien sûr.
Ceux qui enchantent mes promenades quotidiennes au jardin en ces longs mois de fin d'hiver. Les petits soleils du jardin de février (ou plutôt,les petites lunes, vu leur couleur).
'Diggory' en 2016
Car Février a beau être, sur le papier, le mois le plus court de l'année, moi je trouve que c'est le plus long! Pas vous?
Cette année, le petit monde de la Galantherie est un peu tourneboulé! Les précoces sont en retard, et les tardifs se sont réveillés de bonne heure!
Par contre, ce qui est sûr, c'est que les 12 mois écoulés ont été plus que bénéfiques à ces petits bulbes! Je n'ai jamais vu autant de jeunes pousses proliférer autour d'eux!
Tenez, par exemple...vous vous souvenez du beau 'Diggory'? Une belle et ronde clochette, en forme de boule, avec de beaux pétales tout gaufrés? Celui-là, là, à gauche, tel qu'il était l'an dernier: une pousse fleurie, et  une petite pousse latérale en guise de promesse. Je m'attendais à 2 fleurs cette année!
Eh bien, c'est lui, le même pareil, qui illustre ce petit bout d'article en haut de la page! Quatre belles poussses (plus deux petites) et pas moins de 6 fleurs en préparation, issues des quatre pousses principales!!!!
'Godfrey Owen'
Ah, elle a bien "pondu", ma petite galanthe en forme de poire!
Mais je suis surtout venue vous présenter  une des nouveautés de cette année (il y en aura d'autres!).

Il s'appelle 'Godfrey Owen', et il est, je crois, unique en son genre!

C'est un précoce, bien sûr, mais surtout, il a une particularité, regardez...

C'est le seul à avoir SIX pétales externes, et SIX pétales internes!

Ce n'est pas un "poculiforme" (ceux dont les pétales internes sont aussi longs que les externes, ce qui donne l'illusion d'un perce-neige à 6 pétales).
Ce n'est pas un "double" non plus: ils n'ont que 3 pétales externes, et une mulitude de petits pétales internes qui leur donne cet air joufflu.

'Dionysus' vu de dessous
'Godfrey Owen' vu de dessous
Tenez, par exemple: à gauche, les petits dessous de 'Dionysus', un vrai double... et à droite, ceux du beau Godfrey!
Interessant, vous ne trouvez pas?

Autre bizarrerie galanthe: 'Anglesey Abbey'. C'est l'un de mes farfelus...
Suivant les fleurs, soit il vous sort trois pétales externes, comme tout le monde... soit il s'en rajoute un petit quatrième (voire, exceptionnellement, un cinquième)!
Soit il a des marques vertes, en bon nivalis qu'il est, soit il n'en a pas..ou très peu!
Il peut aussi jouer les poculiformes, parfois, avec des pétales internes aussi longs que les externes!
Ou un mélange de tout ça!
'Anglesey Abbey' en 2016
Du coup, chaque fleur est une découverte, et je me les guette avec gourmandise...
L'an dernier, il avait été sage. Très sage... Trop sage à mon goût, même!
'Anglesey Abbey' cette année
Mais cette année,sa première fleur ouverte m'a fait un petit clin d'oeil!
Un quatrième petit pétale externe, encore timide, mais bien présent! J'en suis restée tout sourire...

Voilà... c'est tout pour aujourd'hui!
Je voulais juste vous faire partager tout le plaisir qu'il y a, en ces temps de maigre jardinage, à voir fleurir au jardin, sans demander aucun soin, ces braves petites clochettes avec leurs formes et taches variées, ce qui fait de chaque sortie, même par temps gris et froid, un plaisir anticipé et une découverte.... il y en a tant de différents!

Je vous laisse en compagnie du petit Galanthus rizehensis, un pas-bien-haut, certes, mais très précoce, prolifique et acceptant avec bonne volonté l'absence de soleil, pourvu qu'il ait un peu de lumière... brave petit perce-neige...merci!