mercredi 5 juillet 2017

Un petit poisson, un petit oiseau....

Vous connaissez la chanson....

Un petit poisson, un petit oiseau, s'aimaient d'amour tendre...

Eh bien, figurez-vous qu'une histoire similaire a dû se dérouler jadis au jardin d'Eden!
"Maman"? Gaura lindheimerii
"Papa" ? Narcissus Thalia
Imaginez un jeune et fringant narcisse nommé Thalia, resplendissant dans sa belle chemise amidonnée, ses fines gambettes habillées de vert sombre (très chic!), en Avril ...
...et une demoiselle Gaura, un rien frivole, parée d'une légère robe de bal constellée de milliers d'étoiles blanches... au mois de Juillet!
Une rencontre?
Tout aussi improbable, avouez-le, que celle d'un petit oiseau et d'un petit poisson!
Et pourtant...
Il a dû y avoir, il y a quelques milliers, voire quelques millions d'années, un printemps extrêêêêêmement tardif, et/ou un été invraiiiiiisemblablement précoce, pour que ces deux-là se rencontrent.
A moins que ce n'ait été (déjà???) une rencontre organisée ...genre ..."mythique"? ;o)))
C'est l'un ou l'autre. Forcément. Et il a dû s'en passer, des choses, ce jour-là!
Je ne vois pas d'autre explication!
Sinon comment justifier l'existence de ce magnifique jeune homme, et sa ressemblance avec ses deux "parents" putatifs? Délicieuses étoiles blanc pur comme la "maman", gambettes tout aussi vertes mais encore plus fines que celles du "papa".
Si ce n'est pas la beauté d'un enfant de l'amour, ça, qu'est-ce que c'est???? ;o))
Et on a de la chance: ce beau jeune homme s'est installé, devinez où? ... chez nous!
Oui, oui, c'est un enfant du pays! On l'appelle ici "la" phalangère rameuse alias Anthericum ramosum.
Mais c'est sûrement une erreur. D'ailleurs, ce n'est pas une "antherica ramosa", n'est-ce-pas?
Non, non, moi je vous le dis, c'est un mâle. Un phalanger rameux, ce serait plus juste.
Beau gosse, certes, mais un rien feignant, tout de même. Toutes proportions gardées! Disons qu'il n'a pas tout à fait hérité du caractère bosseur de sa maman-gaura, quoi.
Il tient plus de son père de ce côté-là.
Et même, la preuve que c'est un mâle, il n'a jamais pondu de bébés chez moi (pas comme sa maman!).
Il fleurit pile entre ses deux parents, de mai à Juillet. Ce n'est déjà pas mal!
Le seul "hic", avec ce jeune homme, c'est le risque de l'arracher au printemps... il vous fait une touffe de menues feuilles bien fines, qu'on prendrait facilement pour une graminée en train de s’installer en loucedé.
Vaut mieux laisser l'étiquette, moi je vous le conseille, en tous cas!
On connait souvent mieux sa cousine, la phalangère à fleurs de lys (Anthericum liliago). Ils se ressemblent beaucoup, mais comme son nom l’indique, le phalanger rameux (j'insiste! ;o...) a des tiges ramifiées, et non solitaires.
C'est ce qui lui donne ce côté léger, aérien, vaporeux même.
Et franchement, au jardin, c'est une bénédiction, les petits brouillards légers, vaporeux, et...blancs.
Rien de tel pour vous alléger le côté un peu mastoc de certaines hémérocalles, ou la raideur d'une touffe d'echinacea. Il ourlerait volontiers un joli rosier rose, aussi, je trouve.
Il se marie avec tout! Un vrai Don Juan. A l'automne, ce seront les fins asters ericoides qui joueront ce rôle, mais en ce moment, il est plus que bienvenu. Et bien moins chochotte que le gypsophile!
Entretien? Zéro.
Il aime les terres calcaires, en plus. Brave petit! Plutôt sèches que détrempées, mais apparemment il n'est pas trop regardant (sinon, il ne pousserait pas chez moi).
Sûr, je vais en installer quelques touffes dans le nouveau-massif-que j'aurais-dû-planter-ce-printemps-mais-j'ai-pas-pu-zut.
Ça me promet quelques joyeusetés, les premières années au moins, car c'est "liseron-land", ce massif-là! Si les deux se mélangent, comme c'est probable, ça va être délicat de les séparer, mais tant pis! Je m’entraînerai cet hiver, en remettant dans le droit chemin quelques pelotes de laine qui auraient joué avec les pattes de mes chats! (il y en a qui sont vicieuses, tout de même, des pelotes de laine!;o)...)
En fait, je vous en avais déjà un peu parlé il y a deux ans,  mais à l'époque ce n'était qu'un bébé (http://zephirine38.blogspot.fr/2015/07/a-voulaitent-bien-mais-pouvaitent-pas.html). Là, il a pris ses aises, et je ne me lasse pas d'admirer sa prestance.
Car il se tient très bien! Il se hausse du faux-col jusqu'à un bon 70cm... et il y reste!
Aucun risque de masse esclafouérée et informe au moindre souffle de vent ou après une ondée.
Remarquez, ça ressemble à quoi, une "ondée"? Me souviens plus vraiment.... ;o(
Bref, je l'aime vraiment beaucoup, mon beau phalanger rameux. Et vous?
Sur ce, faut que j'aille donner à manger à mes poissons, et que je dise bonjour à mes petits oiseaux. Surtout la merlette, qui semble me garder rancune d'avoir chapeauté mon griottier d'une moustiquaire le mois dernier...
Faut que je les surveille, en plus, maintenant! Ils seraient capables, eux aussi, de me faire des "poizeaux" ou des "zoissons"!!! ;o))

12 commentaires:

  1. Encore un post trop succulent, un grand merci Zeph !!!Ton poizeausson est vraiment très élégant, la grande classe ! Bizzzzh

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je lui transmettrai tes compliments, Maryline, promis! o) Merci toi! Bisesitou

      Supprimer
  2. je confirme le danger de le prendre pour ce qu'il n'est pas, au printemps il s'est retrouvé les racines à l'air pour quelques minutes avec un juron en prime et il est retourné dans la terre "vert de honte" mais bon il ne m'en tient pas rigueur il va bientôt fleurir.
    Bise à toi dame Zeph; Christine des Glaces

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Toi? Un juron? Ça, je n'y crois pas, ma belle! ;o)) Mais tu l'as mis en retard, c'est tout... (ici il est en fleurs depuis longtemps!). Grosses bises bien chaudes!

      Supprimer
  3. Quel raffinement ! Il est vraiment beau ce rameux de dentelles, et son feuillage a l'air également intéressant après la floraison... ou pour créer une surprise au milieu d'autres graminées. Je le vois bien un peu volage tout de même, s'associant avec aisance à ses voisines... surtout celles portant des jupons ;-)
    Merci pour cette découverte ma Zef, bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait, mon Gigi! Un vrai Don Juan! A mon humble avis, il doit être particullièrement caressant avec les belles anglaises... Mais il est peut-être à voile et à vapeur, il faut se méfier! J'ai pensé un moment le mettre dans les pattes du beau 'Jude l'obscur', mais je me suis dit que ce n'était pas prudent! ;o)))
      Gros bisous très sages!
      Gros bisous

      Supprimer
  4. Tout en finesse le bel enfant. Il devrait avoir sa place pour alléger des echinacea ou alors près de un biens vivace pour habiller leur pied.... Ou le pied de hémerocalle... Il ne serait pas chausseur de grandes dames par hasard ?...

    RépondreSupprimer
  5. Je trouve qu'il se passe de drôles de choses chez Zèph , en ce moment ....
    Faut que j'aille jeter mon oeil et voir ça de plus près : les hydres à tête blanches-rosées et les rameux non esclafouerables , je ne vais pas rater ça !!
    Zèph , me voilàààààààààààààààà !!!

    RépondreSupprimer
  6. Magnifique ! Lorsque je vois la grosseur de ta phalangère, je me dis que j'ai vraiment mal dû m'occuper du schlouk que tu m'avais donné :-(. Pour avoir du feuillage, ça j'en ai ; en revanche seulement deux tiges florales dont une s'est fait trancher le cou une nuit :-(. Je pense que davantage de soleil lui serait profitable. A noter donc sur mon cahier pour les travaux d'automne.

    RépondreSupprimer
  7. J'adore !!! la plante et le texte délicieux comme d'habitude qu'on en mangerait !!!
    Bises
    MC

    RépondreSupprimer
  8. j'hésite... je ne sais pas .... est-ce que ce qui me plait le plus dans ce billet ce sont les rires qu'il a provoqué ou bien la belle aux guibolles délicieusement légères ?!!! et hop ... un petit nom de plus dans ma liste car je crois bien que je suis conquise !! oui ... je sais ... ça m'arrive tellement souvent en passant par chez toi que ce n'est même plus une surprise !!! et vive les unions improbables ....
    bisessssssssssssssssssssssss à ma jardinière-conteuse préférée !!!

    RépondreSupprimer
  9. Bonjour !

    J'aime beaucoup ce phalanger rameux aux allures de danseuse vaporeuse. Lorsqu'une rencontre se produit pile à l'intersection du crépuscule et de l'aube de ses deux protagonistes, le fruit de leur amour ne peut qu'être délicatement heureux de sa vie. Et d'embellir le monde comme s'il s'en faisait un devoir.

    Merci de me l'avoir présenté. Un allégeur de massif en chef. Tu l'as si bien dit, si bien photographié, raconté, qu'en fermant les yeux je parviens à le voir dans mon jardin.

    Je suis ravi d'avoir découvert ton blog.

    RépondreSupprimer