samedi 28 octobre 2017

Que pensez-vous des bruyeroides? (Aster ericoides)

Pendant une ou deux semaines, chaque année, à l'automne, je me fais un film.
'Schneegitter'
Le décor: un bout de jardin ensoleillé constitué d'une terre bien argileuse et bien calcaire. Tout sauf une terre ombragée et acide, quoi.
Sauf que ma "caméra" intérieure, elle, ne voit qu'une chose: une magnifique bruyère arborescente.
Près de 2m de diamètre, un bon mètre de hauteur, blanche, un peu alanguie mais d'une élégance rare...
Franchement, l'illusion est (presque) parfaite, non? ;o))
Je ne m'en lasse pas.
'Schneegitter'
Faut dire que les bruyères, chez moi.... C'est bien simple, j'ai le choix entre Erica x darleyensis, Erica x darleyensis et Erica x darleyensis.
Même les Erica carnea se font seppuku, ici. Et je ne vous parle même pas des callunes, ces chochottes à trois sous  qui, même pas plantées, s'évanouissent déjà d'horreur dans leur pot rien qu'à voir ou à sentir la terre calcaire de mon jardin!
'Schneegeitter'
Alors une bruyère arborescente? Même pas en rêve! Non seulement elles sont allergiques au calcaire elles aussi, mais ce sont des grandes frileuses pour couronner le tout!
N'empêche. Pendant une à deux semaines, je profite à pleines mirettes de mon illusion d'optique! ;o)
Eh oui, ce n'est "qu" un Aster.
Un aster "bruyeroïde" , alias Aster ericoides.
Prostate form 'Snow Flurry'
Quoique.
Je refuse d'entrer dans les polémiques botaniques, c'est lassant, à  la fin.
Alors je vous livre, en vrac, une pleine brassée de noms, et vous pourrez choisir celui qui vous plait le plus!
Aster ericoïdes, donc.
Aster pilosum var. ericoides.
Aster pringlei.
Prostate form 'Snow Flurry'
Aster ericoides var. pringlei.
Aster pilosum var. pringlei.
Ou Symhyotrichum de l'un ou l'autre tonneau. Et j'en passe! A vot'bon coeur! ;o))
Ce qui est sûr, c'est que ce sont des américains du nord.
Des asters? Ahhh bon!!! Me direz-vous. On pourrait croire, du coup, comme l'affirment sans vergogne la majorité des sites de vente, que ce sont des plantes de culture hyper-facile!
Eh bien, je ne suis pas d'accord, cette fois. Ce ne sont pas les asters les plus faciles à cultiver, de mon point de vue.
Il leur faut du soleil, ça, on s'en doute.
'Dan Zinger'
Une terre pas trop pauvre, et pas trop sèche pour qu'ils soient au mieux, même s'ils sont assez tolérants.
Ils ne souffrent pas d'oïdium, un bon point pour eux!
Ils ont rarement besoin d'être tuteurés, en plus. Au pire, on les pince une ou deux fois au printemps, et encore...
En tous cas, pour les implanter, ça se passe généralement bien.
'Dan Zinger'
Mais pour les conserver longtemps, ça, c'est une autre affaire.
Mis à part le beau blanc à effet de bruyère en haut de l'article (Aster 'Schneegitter'), qui s'est  largement étalé et reste bien vigoureux depuis d'une dizaine d'années, j'ai eu bien plus de mal avec les autres.
Eux, il faut vraiment les nourrir, ou les déplanter pour renouveler ou amender leur terre. Sinon, pfft...N'a plus.  Les autres variétés d'asters, ici, ne posent pas ce problème.
'Pink Star'
Le bon côté, c'est qu'ils n’envahissent pas le jardin.
Le moins bon, c'est qu'il faut les surveiller pour qu'ils ne disparaissent pas.
Le "pire", pour moi, c'est le petit nain de la famille. Aster ericoides var prostate form 'Snow Flurry'.
'Cyrille'
Le rampant de la bande. Blanc, et 20 cm de  haut. Il s'était montré magnifique dans mon précédent jardin, protégé et à la terre bien drainante (les photos en sont de mélancoliques souvenirs...snif....).
Ici, dans l'argile lourde et humide? Pfff! Trois essais dans des endroits différents, trois échecs cuisants. Disparus au premier hiver. Il lui faut vraiment une terre hyper drainante, et surtout pas d'humidité stagnante. Croyez moi!
Le plus sympa de la famille? Pour moi, c'est 'Dan Zinger'. Une couleur vibrante, un port de roi sans intervention aucune (pas plus de 60cm de hauteur chez moi), et il fleurit un peu plus tard que la majorité de mes asters, et dure plus longtemps (il est encore en pleine bourre en ce moment, alors que j'ai commencé à nettoyer la plupart des classiques Novae-machin, pour éviter les semis).
Le "plussebeau", côté couleur? Ah... Mis  à part le beau Dan Zinger, pour moi, c'est sans conteste 'Blue Wonder'. Un bleu de chez Bleu. Aussi ravissant que... disparu au bout de 2 ans, hélas.
'Blue Wonder'
Faudra que je le retrouve. Mais je l'aurai, un jour, je l'aurai! ;o))
Et puis,  il y a les pastels de la famille:
En rose doux, 'Pink Star' est une valeur assez sûre.
En plus pâle encore, j'adore aussi le beau 'Cyrille', tout en camaieu layette certes, mais attendrissant en diable!
'Blue Butterfly'
En bleu pâle tirant sur le lavande, je vous recommande 'Blue Butterfly'.
Absolument craquant en compagnie d'un aster violet plus soutenu, par exemple.
Et toujours aussi peu malade.
Il est toujours là, au jardin, mais il a tellement maigri qu'il faudrait que je l'envoie en cure quelque part ailleurs dans le jardin.

Cependant, parmi toutes ces beautés bruyéroides, je dois dire que seul le beau et grand 'Schneegitter' du début me donne vraiment l'illusion d'être une bruyère.
'Blue Butterfly' et un aster N.A. violet
Déjà, une bruyère bleue, fut-elle arborescente, ça se saurait! ;o))...
Mais même le nouveau cousin de la famille, le célèbre 'Monte Cassino', blanc lui aussi bien sûr, en version "simple" ou "double", ne fait pas cet effet. Il est nettement plus raide que Schneegitter, c'est peut-être pour ça?
Monte Cassino, ici, c'est mon "gyspsophile d'automne". Rien de tel que quelques-unes de ses tiges pour alléger, brouillardiser, "vaporeusiser" le plus raide des bouquets de jardin!
'Monte Cassino' (simple)
Il n'y a pas longtemps qu'il a rejoint la famille des bruyéroides... son petit nom classique était Aster pringlei 'Monte Cassino'...
Simple ou double, ils auraient aussi bien besoin de partir en cure, chez moi: ils sont devenus tout maigrichons, l'ombre d'eux-même!
Mais il faut dire qu'ils sont là depuis plus de dix ans.
J'ai été obligée de fouiller mes archives, pour vous montrer  toutes ces beautés du temps de leur splendeur!
Il y a même, dans la famille, un aster...doré!
Un aster jaune, mis à part l'OGM du coin (le Solidaster), ce n'est pas courant!
Il est blanc, en fait, mais comme il a le cœur gros (pauvre petit! Une peine de cœur, peut-être? ;o))...), vu de loin, il parait vraiment doré!
'Monte Cassino' double
Il a été le plus fulgurant, ici... ramené de Belgique, planté illico...il n'a pas reparu l'année suivante, hélas.... je lui avais pourtant choisi l'un des endroits les moins humides du jardin...
Il n's'appelait pas 'Stewba-all', c'était un aster blanc.... il était mon ido-ole, et ... pardon, je dérape... (c'est pour essayer de faire pleuvoir!)
Pauvre 'Golden Spray'. R.I.P....
'Golden Spray'
Bon. Je pense que  j'ai fait le tour... Quand je vous dis que j'aime beaucoup  les bruyéroides, vous pouvez me croire!
Il y en a d'autres, bien sûr, mais au niveau de la gamme de couleur, je crois que je vous ai montré à peu près tout.
Récapitulons.
Ils sont tous très beaux, et pas malades.
Peu de besoins en tuteurages et autres séances de pince-tiges, aussi.
Pour l'effet "bruyérisant", s'adresser à 'Schneegitter' de préférence.
Pour la bonne tenue et la durée, je vote 'Dan Zinger'.
Pour les couleurs vibrantes, 'Dan Zinger' toujours, et 'Blue Wonder'.
Pour les bouquets, tous sont très bien, mais Monte Casssino est le plus aérien.
Mais.
Globalement, ils ne durent pas très longtemps, chez moi, à moins de les déplacer, ou de les diviser, ou peut-être de mieux les nourrir? Je ne sais pas.
Et c'est pour ça que je vous pose sincèrement la question:
Que pensez-vous des bruyéroides???
Et en attendant le plaisir de vous lire, je vais aller faire mon petit tour de jardin, en  pensant très fort à vous tous! Beau et bon week-end à chacun! ;o)
'Monte Cassino' double

lundi 9 octobre 2017

Carpe florem ! (Aster de semis)

Un peu de philosophie de jardin, aujourd'hui, ça vous dit?
(c'est déjà mieux que la philosophie de cuisine, et ça ne fait pas grossir! ;o))...)
Non pas que je sois très encline à faire la philosophe comme les poules, je vous assure!
Mais c'est venu tout seul, en découvrant un matin qu'un joli bébé avait vu le jour, en cachette, dans un coin un peu négligé du  jardin, près du portail.
L'effet "bébé" chez les dames, vous connaissez?
L'inévitable " Oh qu'il est mignon!", "Areu-areu", etc, etc.
Pareil avec les bébés-fleurs.
Pas pu aller plus loin.
Trop mignon. Areu-areu.
Vu les photos de cet article, vous vous en doutez, c'est d'un bébé-aster qu'il s'agit!
Un bébé-aster de 35 cm de haut, pas plus, et couronné en son sommet d'une incroyable et très grande fleur aux nombreux et longs ligules, comme un bébé aux yeux dorés bordés de cils immenses...
Et une pâleur magnifique, presque blanche, juste un peu argentée. Je craaaaque!
Direction la maison, vite, il ne faudrait pas oublier de lui faire son album de naissance, à ce pitchou! Et clic et clic, la mitraillette entre en action.
le Pitchou et Aster laevis
Reste à lui donner un nom, à ce nouveau-né... (eh, faut bien donner un nom à ses photos pour s'y retrouver!).
Là, j'hésite.... 'Silver Star'? Ca fait très nom-de-poulain-américain, ça, non?
'Etoile des Neiges', peut-être... mais en version rock'n roll, alors. Ça fait plus d'jeun'ss, et ça me rappellera des souvenirs acrbatiques! ;o)).
Qu'en pensez-vous?
Le voilà donc né, mitraillé, baptisé.
La pression retombe, la curiosité, elle, refait surface. Mais d'où sort-il???
Il est juste à côté d'un des asters les plus élégants du jardin, Aster laevis. Vous le connaissez sûrement, soit directement soit par des sélections comme 'Calliope' ou 'Arcturus'.
C'est vrai qu'il y a comme un air de famille du côté des feuilles... mais pas du côté des fleurs. Du tout. Aster laevis se caractérise par sa légèreté et ses immenses tiges pourpres et sombres, ornées de lâches panicules de fleurs de taille moyenne, d'un bleu lavande azuré, et gracieusement arquées.
Etoile des Neiges-pa-pomm, pa-pomm ?
Rien à voir avec la raideur (par ailleurs appréciée!) de ce beau bébé bien droit et court sur pattes!
Pourtant, j'ai trouvé au fil des ans, quelques semis naturel d'Aster laevis. Juste quelques uns, pas d'envahissement, rassurez-vous. Et ils étaient tous bleu lavande, avec des tiges plus ou moins sombres.
Alors... de qui est cet enfant naturel lâchement abandonné sans papiers d'identité????
Un doute me vient.
Je ne sais pas si je vous en avais parlé, de l'aster Gris-Gris-du-Garage-de-la-Gare-de-Bourgoin? Aaarfff... Encore une histoire où mon bon cœur n'a pas vraiment été récompensé!
Je vous la fais (relativement) courte: il y a 10 ans environ, imaginez un terrain abandonné après passage des bulldozers, là où deux ans auparavant, trônait un vieux garage automobile.
Juste sur le trajet entre la gare (de Bourgoin), et le parking des travailleurs banlieusards.
Je passais donc devant deux fois par jour.
le fameux Gis-Gris-du-Garage-de-la-Gare de Bourgoin
Et cet automne-là, un brave petit aster (ou plutôt, un brave GRAND aster!), solitaire et malheureux, tentait fièrement de fleurir malgré tout, au beau milieu des ronces et des gravats. Tout droit, tout seul, d'une jolie couleur... entre le blanc, le bleu clair et le gris pâle, il hissait de son mieux ses (petites) fleurs tout en haut de son mètre 20. Avouez que c'était trop triste!
Au bout de quelques jours, je n'y tenais plus. Un soir, j'ai franchi la clôture-interdite du chantier-qui-n'existait-pas, et hop! Un de sauvé.
ou Silver Star ?
Replanté au jardin, et partagé avec une amie tout aussi compatissante, attendrie elle aussi par sa couleur inhabituelle. Ah ouiche.
Si chez moi il est resté assez sage (faut dire que je l'avais soigneusement encadré dans un pot-sans-fond), chez la copine, par contre, euh... il a pris ses aises, voyez? ;o)) Elle m'en reparle encore, du "gris-gris-du-garage-de-la-gare-de-Bourgoin", avec un drôle de petit regard en coin, quand on évoque quelque envahisseur à éviter soigneusement! ;o))
Il faut reconnaître que côté couleur, il y a comme un air de famille, non? Mais ni pour les feuilles, ni pour la taille des fleurs.
Tout ça pour vous dire que j'hésite à e réjouir de cette naissance inattendue.
Vous vous y connaissez, en bébé-asters, vous? S'ils font 35 cm de haut la première année, n'est-ce pas juste pour nous attendrir (on craque toutes, devant les bébés!), quitte à se transformer ensuite en ados terribles,façon grandes perches dégingandées d'un bon mètre cinquante????
Peut-on se fier à sa petite taille actuelle? Elle me plait bien, moi, cette taille-là!
Vous allez me dire qu'il suffit d'attendre un an pour le savoir... Vous attendez toujours sagement sans essayer de savoir, vous?
Essaie d’être zen, Zeph. Profite aujourd'hui de ce joli petit bébé attendrissant, et arrête de tirer des plans sur la comète, tu veux?
Après tout, à Chaumont, tu as bien vu des jardins éphémères, d'une esthétique très réussie, mais impossibles à conserver plus d'un an!!!!
Regardez celui-ci, le jardin des belles aux eaux dormantes ! Superbe! Des gros pots de rosiers dispersés ça et là au milieu d'un bassin, entourés d'autres pots de graminées. Les dits pots camouflés par une ceinture de brande de bruyère... Ah, au bout d'un an, elle doit avoir une drôle d'allure franchement pourave, la brande à moitié immergée! Et je ne vous raconte pas l’acrobatie, pour aller tailler ou désherber les rosiers!!! ;o))
Mais c'est bien joli, je le reconnais.
Va falloir que j'apprenne:
Carpe florem.
Profiter de mon joli petit aster cette année, et tant pis s'il se transforme en ado terrible l'an prochain.
Vous y arrivez, vous? ;o)